OT A
(217 ) se fit avec une solennité imposante ; et, comme une bonne œuvre est le germe d’une autre, à l'instant la Société des dames nobles fonda, pour dix domestiques, des prix annuels de soixante florins (1).
Ne seroit-ce pas le cas de rappeler deux faits quisse rattachent à mon sujet?
1.” C’est à Vienne que le nègre Angelo Soliman, long-temps domestiqué, luttant sans relâéhe contre les obstacles qui s’opposoient au développement de ses facultés intellectuelles, s’éleva par $a bonne conduite et ses talens au-dessus de son état et mérita d’avoir pour biographe madame Pichler, que ses onvrages placent au rang des bons écrivains de l'Allemagne (2).
2. Lors du siége de Buenos-Ayres, en 1807, par les Anglais, sept cents Nègres qui n’étoient pas domestiques , mais esclaves en cette ville, prirent les armes et secondèrent si puissamment la valeur des habitans, qu'après la levée du siége, on crut devoir, dans une pompe triomphale, décerner à tous des éloges mérités et en affranchir soixante-
(1) V. Sonntags Blatt, du 14 décembre 1817, p. 100 et suiv,
(2) La traduction de la vie de Soliman, dans la litiérature des Nëgres , par l’ancien évêque de Blois.
Saba es as er gs Eve 0500 ele A a À Mb ant GABA D à EE A
rene nee 2 ps EE PNB RARE 9 9 NN ADO PRE EE RE PEER € PR tn Der te
RSS
dix ou quatre-vingts. Picabea, lun des Nègres, après avoir fait reconnoître ses titres incontestables à la liberté, déclare qu’elle a été toute sa vie l’objet de ses soupirs; mais sa bonne maitresse, autrefois très-riche, est devenue pauvre, âgée et infirme. Il travaille pour la nourrir, et dans les intervalles de repos, il lui donne le bras pour la promener; dans une telle situation il ne veut pas Vabandonner, et il renonce à lespérance d’être libre. D’après le vœu général de Passemblée ; ‘Je gouverneur fit connoître à tout le pays cet acte généreux par un imprimé dont un exemplaire est tombé entre mes mains (1).
Si parmi nous il n’existe pas encore d'institution. pour assurer des encouragemens et des récompenses à la domesticité dans les villes, celle des campagnes attire l’attention de bons esprits qui s'intéressent à la prospérité nationale La société d'agriculture de Toulouse a statué qu elle délivrera tous les ans quatre médailles de 24 fr. chacune à autant de valets de charrue qui pendant dix ans n'auront donné lien à aucune plainte de la part des maîtres cultivateurs, auront mieux
(1) Relacion circurstanciada de los premios de libertad que ha concedido, etc., in=4® de :12 pages, imprimé à Buenos— Ayres ; en 1807.
soigné les bestiaux, et se seront fait remarquer par:
leur diligence à donner les différentes RE aux terres (r).
La Société d’agriculture de Paris, depuis son ori- UEP
gine, est dans l’usage de distribuer des prix aux domestiques qui ont demeuré long-temps chez le même maitre, ou qui ont donné des preuves signalées de bonne conduite. Dans la séance de
1809, elle adjugea trois médailles, une pour être
pludeé sous la statue du duc de Bedfort , une à
Jefferson, président des Etats-Unis, uné à un valet de charrue:
En Angleterre, les sociétés agronomiques de
Sussex, de Hereford et beaucoup d’autres, distri-
buërent pareillement des prix aux domestiques. Üne société près de Dublin accorde une prime
de :o livres sterlings à chaque servante qui, pen-
dant cinq ans, est demeurée dans la même maison
sans étre enceinte. Ce genre de récompense, qui peut être louable , suppose néanmoins nn état de mœurs déplorables et comimun à toutes les cités populeuses telles que Dublin ; leur contagion s’étend toujours à un circuit qui a plusieurs milles de rayon. Mais en général, dans les villages éloignés,
(1) V. Magazin ÆEncycloped,, par M. Millin, in-85 Paris, 1811, juin, p. 549. je
ed A SAV PELLE A AL
tata une ia ges be MANS 000 red D
6320 ) les mœurs sont beaucoup moins infectées. Cette observation s'applique particulièrement à cette Irlande martyrisée depuis six ou sept siècles, et qui est si digne d'un meilleur sort.
Le voyageur John Carr parle avec éloge d’une école dans le même pays, à Killarney, pour les enfans catholiques, qui à leur sortie de cet établissement, où ils ont reçu une excellente éducation, sont recherchés avec empressement comme do-
mestiques par les protestans et les catholiques (1).
Les filles de la campagne: affluent à Londres. Une société particulière fournit des seeours pour retourner dans leurs villages à celles, qui n'ayant pu se placer , augmenteroient probablement le nombre des personnes de mauvaise vie, si elles restoient dans cette ville.
Lie sort des domestiques a singulièrement occupé les âmes bienfaisantes en Angleterre, où depuis plusieurs siècles de vastes hôpitaux sont entreteuus sur le meilleur pied par des secours volontaires qui n’ont jamais tari. On stimule la, générosité par la publicité des noms des bienfaiteurs. A l’hôpital Saint-Barthelemy de Londres , les murs sont couverts de ces listes honorables.