‹ De la domesticité chez les peuples anciens et modernesChapitre 31 sur 34 · A LIN RS, A GO FETE UE · texte numérisé non relu

A LIN RS, A GO FETE UE

( 222 } Leur existence date de loin, car déjà elles existoient chez les Athéniens (1) sous le nom de Æé-

tairies; elles avoient une caisse ou bourse commune, chaque sociétaire y versoit., tous les mois, quelque monnoie pour, aider ceux qui éloient dans ladversité. Cette contribution se nommoit

erane (2), On peut consulter à ce sujet les notes de Saumaise sur le droit romain , et surtout la dissertation de ce savant et aimable Thorlacius qui a fait des recherches curieuses sur les eranes de l'antique Grèce (5). Rome emprunta des Grecs ces institutions; elles avoient un syndic, une bourse commune. Elles furent prohibées sous les ‘empereurs, parce que toute réunion. d'hommes inquiète le despotisme. Trajan y admit une seule exception en déterminant la forme et l’emploi de celles qu'il autorisoit (4).

(1) V. Hikesius, Thesaurus quest. 22. V. aussi Collectio Tesum Atheniensium et Rom., par Ant. Thysius, dans les Antiquités grecques de Gronovius, t. 5, p. 1383.

(2) On appeloit aussi eranes, les repas donnés aux pauvres par ces sociétés,

(5) V. Populäre aufsätse das Griechische, Romische und Nordische alterthum betreffend, von M. Birger Thorlacius, in-12. Copenhague, 1812, p. 71 et Suiv. |

(4) Pline, ses Lettres, 1. ro, lett. 94. Voyez a ce sujet le bon ouvrage de Sufred Morton Eden, Baronet, intitulé :

( 225 ) Le -christianisme faisant son entrée dans l’Univers, est précédé des étendards de la vérité et de

la charité : sous l’une il place ses dogmes, sous

l’autre sa morale. Essentiellement ami des hommes,

il agrandit, perfectionne , et purifie les institutions qui peuvent contribuer à leur bonheur.

Dans la hiérarchie des ministres qui l’entourent dès son berceau, déjà l’on voit une classe d’individus consacrés. sous le nom de diacres, pour recueillir et repartir les aumônes. Combien est touchant le tableau tracé par Tertullien de ces dépôts de la piété, que la générosité des fidèles ne Jaissoit jamais tarir! L’orphelin, la veuve, le vieillard, le malade, le pauvre, .le captif, en un mot tous les êtres souffrans étoient sûrs d'y trouver des secours (1). Depuis sa naissance jusqu’à l’époque actuelle, le christianisme n’a-t-il pas peuplé d’établissemens de bienfaisance les contrées qu'il a couvertes? Le zèle est attiédi chez bien des

gens qui n’ont de chrétiens que le nom; mais la

doctrine qu'ils professent accuse leur licheté.

Observations sur Les Sociètés amicales. Elles ont élé traduites en notre langue et insérées dans le n° 33 du Recueïl sur les étallissemens d'humanité, publié par Duquesnoy.

(1) Tertullien, Apologetigue , ©. 30.

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