‹ De la domesticité chez les peuples anciens et modernesChapitre 5 sur 34 · RER - HER ON LE LE EE ONE · texte numérisé non relu

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à) Del risorgimento d'Italia negli studi, 2 vol. in-8.8 Bassano, 1775.

(2) Justinianum manumissionum fautorem defendit Schac= tes, 21-40 17294 |

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Tandis que le christianisme s’efforçoit de rom-

pre les chaînes , la cupidité en rassembloit les anneaux pour en former de nouvelles. Dans le moyen âge, des marchands Vénitiens, Amalfiotes et Génois , achetoient des esclaves sur les côtes nordouest de la Mer-Noire, soit pour les transporter en Egypte (1),soit pour leslivrer aux Sarrazins d’Espagne et de Sicile (2). [ls vendoient même leurs compatriotes aux Juifs , qui les revendoient. aux Sarrasius d'Afrique ; et nos pères, dit Papon, alloient gémir dans les fers, chez un peuple qui fournit aujourd’hui des esclaves à l’univers (3). L’Europe s’indigne des pirateries des Barbaresques, tandis que , dans cette même Afrique, elle a exercé jusqu'a nos jours un brigandage bien plus horrible.

Bodin , dans sa République , observe que les affranchissemens commencèrent , en Europe, pardela les Pyrénées. Pourquoi le pays qui avoit donné un si bel exemple a-til démenti le premier cette conduite, par l’introduction de la traite des Nègres?

La religion travailloit sans relâche en faveur de la liberté, par les exhortations des pontifes et les

(1) V. Chacondyle, édition de Paris, p. 72. Hullman, Hisloire du commerce bizantin ; And, Dandoli, Chronica circa annum 880 , apud Muratori,t. 12, p. 185.

(2) Marini, Istorta politica dell comm. Venesz., 1789. Venezla , p. 206 et suiv.

(3) Histoire de Provence, t. 2, p. 215.

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(54) décisions des conciles. Celui d'Orange , en 442, {canon 7 ), avoit frappé d’excommunication quiconque tentéroit de ramener sous le joug Îles affranchis. Un concile de Westminster, présidé par saint Anselme de Cantorbery , défend de vendre Jes. hommes, Saint. Jean laumônier (1 ), saint

Bonnet, évêque de Clermont (2), saint Germain, de Paris, (5) sunñt Vulstan , évêque de Worces-

ter, (4) saint Anschaire, archevêque de Ham-

bourg (5), sainte Olympiade, sainte Bathilde, emploient leurs talens , leurs richesses, à hâter les affranchissemens et achètent même des esclaves pour leur donner la liberté.

Honneur au pape Alexandre IE, qui écrit à

Lupus, roi de Valence : La nature n’a pas créé

d'esclaves, tous les hommes ont le méme droit à

la liberté (6). Un historien, qu’assurément on n’ac-

(1) F. Bollandus, t. 2, p. 213.

(2) Ibid. 20 mai, p. 779. V. Papon, Hist. de Provence, t.2, p.121.

(5) Dans l’Anglia sacra de Wharton, t. 2, p. 244.

(4) Dans les Bollandistes , la Vie de S. Wulstan, par Guil-

laume de Malmesbury.

(5) V. Bolland. 3 février, p. 433, et Vermichte beytrage zur Kirchengesehichte, par M. Munter, p. 290.

(6) Cüm autem ones liberos natura creasset, nullus con— ditione naturæ fuit subditus servituti. V. la Lettre d'Alexandre II1, dans Raoul de Diceton, dans le recueil Historiæ an-

glicanæ scriptores, 2 vol. in-fol. Londres, 1652, t.r, p. 580.

(135) cusera pas d’être partial en faveur des papes, se répand en éloges sur le pontife qui, au nom d’un concile, déclare que tous les chrétiens doivent être exempls de la servitude. Cette loi seule, dit Vol-

taire, suffit pour faire bénir son nom chez tous les peuples (1). Les fêtes, multipliées par l'église, allégeoiïent le joug du servage , en attendant qu’elle püt le briser. Cette intention est formellement exprimée dans l’ancien rituel de Rome, connu sous le nom d’ordo romanus, en parlant des trois jours des rogations. On plaçoit au premier rang des bonnes œuvres, celle qui donnoit la liberté. De là tant d’affranchissemens, avec cette clause : « Pour la « rémission de mes péchés, pour le soulagement « de mon âme et de celles de mes ancêtres. »

L'église de Rome et celle d’Aquilée avoient pour émanciper des formules différentes : celle-ci faisoit faire trois fois à l’esclave le tour de l'autel, puis elle le déclaroit libre ; mais l'esprit et l'effet de ces rites étoient les mêmes , et les membres les plus distingués duclergé montroient l’exemple ; ainsi, en 1982 , le cardinal de Prata, qui avoit beaucoup de serfs, les mit tous en liberté.

Cette influence salutaire du christianisme sur les affranchissemens est une vérité en faveur de laquelle déposent les principes , les faits et une nn IL lee Re EN TRE al

(1) W. Essai sur l'Histoire universelle.

(56) multitude de témoignages, recueillis dans les conciles et dans Agobard , Yves de Chartres , Marculfe , Reginon , Em. Gonzalez, Lemaitre , Bignon, Baluze , Jac. Sirmond , Thomassin, ME Gort, Ward, Liruti, Fontanmi, Roberison etc. (1) Cependant, de nos jours , Perreciot a tenté d’en affoiblir les preuves (2), et dans la classe des sciences morales et politiques de linstitut on avoit contesté cette assertion, qui sera l’objet d’un ouvrage particulier.

Depuis l’époque des affranchissemens, l’agriculture se perfectionna , et notre continent acquit la prépondérance sur les autres parties du monde.

(1) V, 1.7 Concile d'Orange, c. 7.

— ame d'Arles, c: 34.

— Agobard , De Dispensatione, ne 114.

— Yvonis Decrétum, p.6, c. 13.

— Marculfe Appendix, 13,

— Reginon de Eccle. discipl.,\. 2, can. 440.

— Em. Gonzales, |. r , Décret. Cru 9. Note ad tit. 18, bisn°

— Bignon, V. Ses Formules, n.9% r et 5.

— Baluze, Addition à Reginon’, p: 628.

— Jac. Sirmond , Formul. n.° 12.

— Thomassin, passim. TU

— Gori, passim.

— Muratori, passim,

— Ward on the foundation, etc.in-S.°t.1,p.1225 et suiv., t.2, Le 26 et suiv.

>) V. De l'Etat civil des personnes et de la condition des

S a vol. in-4., 1786.

Les détails un peu diffus dans lesquels je suis entré, m'ont paru, si non nécessaires, au moins utiles, soit pour exposer les motifs qui, en divers pays, à diverses époques , ont modifié la servitude personnelle , soit pour développer les causes qui, ayant afloibli et à la fin détruit l'ancien esclavage pour lui substituer la domesticité, ont opéré une révolution favorable à une portion nombreuse de l'espèce humaine.

Dans le sens le plus étendu , Pacception du mot domesticité s'applique à tous les subordonnés ou attachés au service ; dans la Grèce du moyen âge; Aomerixes EMpOrte l'idée d’un ami, d’un homme de confiance (1), d’ua homme revêtu d’une place éminente (2); plusieurs dignitaires ecclésiastiques et civils étoient domestiques. Codin et d’autres auteurs en offrent des preuves multipliées (5). Luitprand nous montre dans l'empire grec un 77egadomesticos , ou grand domestique, général de Parmée de terre (4). Guillaume de Fyr compare cette charge à celle de grand-sénéchal (5). Elle fut pen-

(1) V. Renaudot, Perpetuite de la foi, t.6, p. 255.

(2) V. La Byzantine, De Legationibus,t :, p. 80.

(3) V. Codini Curopalate, De officiis et offictalibus, etc. in-fol. Parisiis, 1625, passim.

(4) V. Luitprand, De Rebus imperat. 1. 3, c. 7.

(5) V. Guill. de Tyr De Bello sacro ; 1. 2, c. 5.

dant quelque temps la première de l'empire, et

devint héréditaire dans la famille des princes de.

Russie (1).

Depuis Charlemagne , souvent on nomma do- . mestiques Ceux qui aidoient le prince dans les affaires du gouvernement , el même les grands-officiers de la couronne : à ce titre , les électeurs d'Allemagne étoient encore réputés domestiques de l’empereur germanique. ù

Guillaume de Pourcelets , sous Louis VIF, est appelé domestique , dans la vié d’Éléonore d’Aquitaine. Les anciens nobles plaçoient chez d’autres nobles , plus riches qu’eux , leurs enfans, dès V’age.de dix à douze ans; ils y portoient la livrée , faisoient les fonctions d’écuyers. pansoient les chevaux , servoient à table. Dans les mémoires de Bayard on lit, qu’étant fort jeune ; il fat conduit par son. père , chez son oncle , évêque de Grenoble : après la messe, «on se mit à table où de « rechef chacun fit très-bonne chère, et y servoit « le bon chevalier tant sagement et honnêtement « que tout le monde en disoit du bien. » Théodore Godefroy raconte qu’un jour, chez cet évêque, le duc de Savoye étant à diner , Bayard Le servoit et

(1). V. Jean Meursii Glossarium græco-barbarum. 2,° édit. in-4.° Lugduni-Batav. 1614, au mot Aomerrinos.

très-mignonnement se contenoit (1). Le duc de

Bouillon , en sa qualité de vicomte de Turenne, payoit au duc de Noailles une pension qu’on a regardée , dans le siècle dernier, comme humiliante, parce qu’elle étoit la récompense de services domestiques , rendus par un Noailles à la maison de

Turenne : on commençoit à oublier qu’autrefois

tous les nobles étoient dans le même cas ; que le mot. gentihomme a été long-temps, ainsi que celui de varlet dont on a fait valet (2), le synonyme de domestique ; à une époque plus récente, le cardinal de Richelieu. évèque de Luçon, prenoit le titre de domestique de la reine-mère de £ouis XII, à laquelle ensuite 1l causa des chagrins; et Louis XIV , dans une lettre à Christine de Suède, dit qu'ayant résolu d’envoyer au pape un ambassadeur, il jette les yeux sur lun des plus grands sei-

gneurs , qui est Son dornestique.

Saint Charles Borromée avoit pour l'aider dans son ministère un grand nombre de prêtres domesliques qui étoient ses commensaux. Le célébre évêque d’Osma, Palafox, dans ses Directions Pas-

(1) V. Hist. du chevalier Bayard, par Théod. Godefroy, 2.e édit, in—4.o Paris , 1619, c, 3.

2) Dans la basse latinité valetus valalus varlelus , , f) 9 ee Duacange.

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torales pour les évêques (1), veut que de tous ses domestiques les prêtres soient les plus considérés (2). Dans les fonctions tant civiles que cléricales, cette dénomination n’emportoit aucune idée accessoire capable de ravaler ni le caractère sacerdotal ni la qualité d’ambassadeur, elle n’avoit d'autre acception que celle qui résultoit de l'étymologie. |

La qualité de serviteur, comme celle de domestique, ne fut souvent qu’une vaine formule qui n’excluoit ni les dignités ni l’orgueil. |

Dans ce qu'on va lire, domesticité signifie un engagement libre, à terme et moyennant salaire, pour vaquer aux travaux de la maison, au service domestique ou aux occupations rurales. Mais le lecteur est prévenu que les réflexions et les vues qu’on présente s'appliquent très-peu aux domestiques des champs, et qu’elles ont presque entièrement pour objet la domesticité dans les villes.

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(1) In-12. Paris, 1677."

(2) Ibid. p. 56, c. 3. Parmi les motifs qui peuvent faire congédier les serviteurs, on lit : « Celui qui prend du tabac « avec scandale ou en fumée, de manière qu’on le voit, ou qui « en aura l'odeur dans: la maison, ou que l’on reconnoîtra « pour tel en voyant son habit ou sa personne. »

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