‹ De la douche et des affusion d'eau froide sur la têteChapitre 12 sur 18 · OBSERVATION SIXIÈME · texte numérisé non relu

OBSERVATION SIXIÈME

Manie intermittente guérie par le froid douloureux de la douche.

Le nommé A. B., entré dans l'Asile Public des Aliénés en 1832 , éprouvait des accès de manie furieuse. Il ressentait d'abord de la pesanteur dans la tète pendant plusieurs jours , puis se plaignait d'une céphalalgie intense, et enfin le délire général avec fureur éclatait. Je traitai d'abord cette aliénation mentale , qui se rattachait dans mon esprit à un état morbide organique ou vital , par

(23) les saignées générales et locales, les bains généraux tièdes, les pédiluves sinapisés et les purgatifs ; je n'obtins aucun succès et eus recours à la douche. Elle produisit des effets analogues à ceux qui ont été mentionnés dans l'observation précédente. Le malade se plaignit toujours, pendant chaque douche , de l'impression douloureuse de froid qu'il éprouvait dans la tête d'abord et puis dans tout le corps. Toutefois, les effets du froid étaient moins prolongés , la réaction s'établissait assez promptement et sans qu'il fût nécessaire de placer le malade dans un lit chaud. Les accès de manie diminuèrent peu à peu d'intensité pendant ce traitement qui dura cinq mois ; enfin , la guérison était parfaite, et A. B. put rentrer dans sa famille.

J'ai cité ces deux faits parce qu'il me paraît certain que, dans l'un et dans l'autre, la douche agit principalement par l'impression de froid qu'elle détermina et dont la conséquence fut la guérison. Je pourrais en rapporter une foule d'autres dans lesquels les aliénés , soumis au même remède , ne se plaignirent jamais que de la sensation pénible que leur procurait le froid de l'eau ; mais comme il n'y eut aucun changement notable dans l'état dynamique des aliénés, et que s'ils recouvrèrent la raison, ils le durent à l'impression morale qu'ils avaient reçue , cela me semble inutile en ce moment. Je me contenterai d'ajouter que j'ai encore dans l'Asile Public des Aliénés

ud garçon de 17 ans , atteint de manie intermittente , qui offre la même particularité de ne redouter la douche que par suite du froid douloureux qu'il ressent dans la tête d'abord et bientôt dans tout le corps ; ce qui confirme ce que je liens à prouver dans ce moment , que l'effet principal de la douche doit être attribué quelquefois au froid de l'eau qui la forme.

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