‹ De la douleur considérée sous le point de vue de son utilité en médecine et dans ses rapports avec la physiologie, l'hygiène, la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 10 sur 18 · SECTION III · texte numérisé non relu

SECTION III

Nous allons voir maintenant ces mêmes nuances de douleurs physiologiques et d’autres encore, mais plus spécialement pathologiques , réveiller l’action , le Jeu de plusieurs de nos organes, leur imprimer une énergie inaccoutumée , leur communiquer quelquefois une puissance extraordinaire , régulariser leurs

(i) Les Grecs, au rapport de Cicéron, n’étahlissaieiit aucune distinction entre la douleur et la fatigue. Ils exprimaient par un même mot ces deux sentimens physiques.

( Tusciil, Quœst. , llv. 2.)

moiivemens lorsc^u’ils sont ou engourdis, ou frappés d’vuie faiblesse étrangère aux habitudes de la santé. Nous co-mniencerons par la faim.

Jjes médecins physiologistes ont quelquefois eu recours à ce sentiment exagéré , et aux anxiétés qui raccompagnent, pour modifier la marche de certaines maladies , pour en suspendre quelques symptômes , et en arrêter même le cours. C'est ainsi qu’ils l’ont quelquefois excité avec un véritable succès dans les diverses affections qui sont sous la dépendance du vice strumeiix 5 allections où nos tissus sont abreuvés, relâchés par une sorte d’humidité surabondante, et atteints d’une faiblesse radicale qui est très -probablement l’une des sources d’où dérivent les nombreux •phénomènes qui appartiennent aux affections scrophuleuses (1), Hippocrate

( 1 ) L’autem- fies Phlegmatits chroniques, à qui ïioiis devons l’iin des ineilleiirs livres sortis de Fécole de Paris , regarde l'iiillanimation des lyijinlialiqut's comme la cause prochaine des scrophules Je le crois comme lui; mais il n’en ri-ste pas moins vrai que la faiblésse ( qu’elle soit secondaire ou non ) que l’on remarque chez les scrophiilenx est la source de plusieurs deÿ symptômes qu’ils présentent.

est surtout, parmi nos maîtres, relui qui a le mieuK apprécié toute l’influence que la faim exerce sur le cours de (pielqnes-ims de nos maux. Curpon bus humidas carnes ha benûbus , Jarncm inducere oportei : Jame senini siccat corpora , disait ce divin vieillard (i). Ce sentiment physiquen’a pas eu des succès moins lieureux lorsqu’il a été excite à ])ropos ]jar des médecins habiles pour cond)attre les accideiis (jui troublent la malheureuse existence des hypocondriaques et des féinmes vaporeuses. INous citerons pour exemple le célébré Lo'wer, qui , ayant suscité ])ar une abstinence prolongée la cyiiorexie ou faim canine chez ])lusieurs personnes atteintes de ces fâcheuses névrosés, obtint souvent tlessoulagemens inespérés à leurs maux 3 et pres([ue constamment ce praticien remarqua (pie leurs angoisses ne lardaiejit point à se manifester de nouveau lors(ju’à cette boulimie succédait un appétit ordinaire (2).

La douleur , (jiielle que soit la forme sous hujnelle elle se présente, a cpielquefbis produit chez ces êtres vraiment in-

( I ) Sect. "VU , f ph . 5<).

(i) Vuy. le liaité des Maladies ner\>euses fÛQ Whylt , vol. pi

fortunés des effets physiologiques aussi étonnans que précieux à étudier. Elle agit alors très - probablement en stimulant le système nerveux de ces malades , eystème qui paraît chez eux enrayé dans son action. En lui donnant plus d’actitivité, elle imprime aux fonctions cérébrales des hypocondriaques et des hystériques une impulsion , une force , une étendue quelquefois si extraordinaire , que l’on a vu quelquefois les pensées les plus élevées, les plus brillantes, les conceptions les plus hardies jaillir d’un cerveau qui , peu auparavant , était presque nul pour ses productions intellectuelles. Ainsi s’explique, suivant nous, tout ce qu’on a pu dire des femmes que l’on faisait asseoir sur le trépied de la Pythie à Delphes ou à Délos. On sait que les prêtres de ces temples fameux plaçaient sur ce trépied des femmes hystériques , qu’ils choisissaient de préférence dans la classe du peuple, et que, par une foule de pratiques toutes fort douloureuses qu’ils exerçaient sur elles , ces prêtres parvenaient à les jeter dans un délire que l’on regardait comme prophétique (i).

(i^ Voy. les Voyages du jeune Anacharsis ^ par l’abbé Barthélemy.

Dans la catégorie des personnes souffrantes chez lesquelles la douleur produit quelquefois une grande excitation morale et intellectuelle , nous placerons encore les goutteux. Chez plusieurs d’entre eux l’ame paraît se nourrir d’affections d’autant plus touchantes , ou mieux dirigées , qu’ils sont plus vexés par les douleurs arthritiques. L’on sait, pour en fournir une preuve, que naguère le poète iScûtr/’o/z n’était jamais plus gai , plus spirituel , plus affectueux auprès deses nombreux amis, que lorsqu’il éprouvait les accès d’une maladie goutteuse qui le tourmenta toute sa vie.

Numquam poeta , nisi podager , disait un auteur ancien. Nous citerons encore les mélancoliques , dont les idées s’élèvent chez plusieurs en proportion des souffrances physiques ou morales qui troublent leur existence. Ils acquièrent a lors etplus d’esprit, et plus de verve, et pins de gaîté 5 et leur conversation devient quelquefoissi enjouée, qu’on croit ne plus voir en eux les infortunés qu’on plaignait encore un instant auparavant.

Tels furent le malheureux et sublime chantre de \n Jérusalem Délivrée , et le poète Gilbert dont le talent prodigieux est connu de tous ceux qui cul-

tivent les muses. Aristote et son digne

maître Platon , qui avaient observe egalement beaucoup de mélancoliques et d’h) pocondria(.|ues, les regardaient aussi comme beaucoup plus susceptibles d’acquérir de la science et de la sagesse , que les hommes qui jouissent d’une santé meilleure et plus stable. Le mot de Seïièque, non est mo^nunL ingeninni , sine mixLurâ denicntlœ , u’exprime-t-il pas la même chose?

Les hommes pour lesquels l’instruction est un besoin , n’ignorent point cpio Cardan composait avec d’autant plus de facilité et de méthode, qu’il éprouvait un plus grand nombre de sensations pénibles. Lorsque ces sensations lui manquaient, il les recherchait par tous les moyens qui étaient en son pouvoir , son expérience lui ayantdémontré que, sans elles, sou esprit descendait à la condition de celui des l)êtes, pour me servir de ses expressions propres. Pour se les procurer et se soustraire au sommeil de la pensée,- il se mordait les lèvres, il se tordait les doigts, se pinçait la peau et les chairs, jusqu’à ce que la douleur vînt lui arrat-her des larmes. Fuit niihi /nos, dit Cardan, ut causas doLoris } si non habereni, quœrereni : undè

plerumquè causis morbificis ohviàtn iba/n.

Je puis citer trois fliits qui attestent le pouvoir qu’a la douleur d’agrandir la sphère de rintelligence et de iortiher le sentiment pour les beaux arts.

Le premier m’a été présenté par une jeune demoiselle, fille aînée d’une dame russe, qui, à l’imitation do l’enfant cité par R osen , avait les idées les ])lus riantes, les plus gaies et les plus spirituelles lorsqu’elle était tourmentée par des coliques vives, causées par la présence d’un assez grand nombre de vers. Parvenais- je calmer cette excitation du système nerveux abdominal, et à expulser quelques vers qui a]')partenaient au genre Liinibricus intestinaLis de F allas j cette jeune personneretombaitdans un affaissement moral tel que sa mère redoutait que sa fille, qu’elle aimait passionnément, n’eût un jour c\ peine que le sens commun.

Lu autre fait m’a été offert par un ancien domestique d’un général , dont l’intelligence était plus que médiocre dans l’état de santé. Mais des hémorroïdes (|u’il avait constamment au printemps et en automne, depuis plusieurs années , venaient-elles a le faire souffrir beaucoup , il s’établissait alors une sorte de

congestion sanguine vers le cerveau, sympathique de celle qui existait à T anus j et cet homme , qui n’avait avant ses souffrances qu’une raison fort ordinaire , discourait sur les matières politiques et littéraires avec une telle justesse, qu’il étonna plusieurs fois son maître qui me pria d’observer attentivement ce fait fort curieux.

Le dernier exemple enfin est celui que j’ai observé sur madame de T.... , qui se distingue à Dijon autant par sa naissance que par les qualités de son cœur et de son esprit. Cette dame, qui est presque habituellement souffrance, cultive depuis plusieurs années, comme agrément et avec beaucoup de goût , l’art des Haphaël et des Rubens. Près d’elle j’ai an’assurer de ce qui m’avait déjà été dit par plusieurs personnes, que son pinceau acquérait une suavité , une vérité d’expression , et une chaleur d’autant plus grande , qu’elle est plus tourmentée par diverses douleurs qui altèrent depuis trop long -temps les charmes de son existence.

La douleur joue probablement un rôle très-actif dans tous ces cas singuliers ; c’est elle sans doute qui remonte l’action cérébrale , et qui met en jeu les fa'-

ciiltés de l’iiitellecte. Or n’en pouvonsnous pas conclure, pour les sujets des observations précédentes, que le cerveau de ces personnes dans l’état sain , se trouvait dans une sorte de torpeur habituelle, résultat probable d’un défaut de ton et de l’activité propre à cet organe ; ou bien encore ne pouvons -nous pas dire que , citez ces êtres soiifFrans, l’instruinent de la pensée ne recevait pas une excitation assez fortement prononcée de la part des organes qui entretiennent des relations syinpatliiques avec lui ? Et tels sont les viscères abdominaux ; car gardons-nous bien de penser que l’encéphale n’a besoin que de lui seul pour produire les merveilles qui élèvent si fort \m Aristote y un Démosthènes , un Newton , un Descartes au - dessus des autres hommes. Il est des organes quelquefois fort éloignés du cerveau, ignobles même par les fonctions dont ils sont chargés , et qui peuvent modifier, suspendre l’action de ce foyer de la sensibilité, l’arrêter dans son essor, ou réduire momentanément ses actes aux œuvres de la plus pitoyable médiocrité. Le génie qui créa le paradis perdu , Milton , nous en fournit une preuve. La constipation opiniâtre qu’il éprouvait en automne le jetait dans une

sorte de nullité passagère j lorsqu’elle disparaissait , Milton retrouvait ces grandes et sublimes idées poétiques qui l’ont placé si haut dans l’esprit des peuples modernes. Aussi disait-iJ : Magna pars Lïbertatis est benè moratus venter. L’estomac est surtout de tous nos organes celui qui paraît influencer plus directement l’action cérébrale. Cetteinfluence ne fut jamais méconnue d’aucuii de nos grands observateurs. Elle ne le fut surtout point de Vanhelnwnt , ni de bVrpfer qui appelait cet organe le praeses systematis nervosi. Parmi les savans, les hommes de lettres , les grands magistrats, nous pourrions en citer plusieurs chez lesquels les soufïfances de cet important viscère imprimaient au cerveau une activité prodigieuse. Young, Pittj Vieland que les Allemands comparent à notre Yoltaire la flexibilité du talent, Grétry, étaient dans ce cas. Aussi Aniatus disait- il qu’un mauvais estomac suit les gens de lettres et les savans , comme l’ombre suit le corps.

Frappé également par plusieurs faits de cette nature, Jourdain GuibeLet y dans son Examen de L’examen des esprits y chap. lo, a donc pu écrire, sans commettre un paradoxe , qu’un excellent

moyen d’estimer la force de l’intelligence était d’apprécier préliminairement la délicatesse de l’estomac, toujours, selon lui, eu raison directe de l’exaltation cérébrale. Gardons-nous bien cependant de donner trop d’extension à cette idée. Mille faits viendraient la démentir.

L’homme qu’une maladie mortelle va rendre au néant , et qui n’attend plus que quelques instans pour mettre l’éternité entre lui et les siens, déploie quelquefois dans ce moment terrible une supériorité d’intelligence et de connaissances qu’on ne lui soupçonnait nullement dans l’état de santé. Arnaius lusitarius J Schenkuis , FerneL , Bâillon, Haller et Stoll , nous en ont laissé des exemples aussi singuliers qu’iiitéressans pour le physiologiste. J’en puis citer un où la mémoire du malade acquit tout-àcoup , et cinq heures avant (|ue de mourir , une si prodigieuse étendue, que cet individu recita beaucoup de beaux vers du quatrième livre de V Eîtcïde , et plusieurs des principales scènes de Y drornaque de Racine. Cet homme, âgé de cinquante ans , était un ancien épicier de la rue Saint-Denis ; il n’avait appris qu’à lire et à écrire. Mais il avait un lils qui avait fuit d’excellentes études, et

dont la passion principale était la lecture à haute voix des grands poètes, Son père, nni J avant sa maladie, n avait jainais montré qu’il eut retenu quelque chose de ces chefs-d’œuvre, se trouva instantanément la faculté de se rappeler ce qu’il avait entendu si souvent , au crand étonnement de tous ceux qui r environnaient. H promettait encore beaucoup d’autres tirades de la Henriade y lorsqu’un affaissement subit de ses forces ne lui permit plus de coiy tinuer. Sa maladie était une dyssenterie maligire , dont le cours fut fort rapide.

Dans ce cas , c[ui n offre rien de^ plus extraordinaire que ceux qui ont ete rapportés par mes devanciers , nous devons croire que le principe de la sensibilité s’était en quelque sorte concentre tout entier dans le système cérébral , et qu’en excitant ce système d’une maniéré inaccoutumée, il donna aussi a la memoiie une activité telle , qu’elle put reproduire toutes les images qu’elle avait reçues pendant plusieurs années, et qu’elle n’avait point développées, plus tôt, parce que, dans -l’état de santé ,le cerveau se trouvait dans une inertie qui ne lui permettait pas un si grand effort.

Le sentiment d’une légère fatigue , qiu

est encore une autre variété de douleur^ ne produit pas moins souvent des effets qui influent d’une manière avantageuse sur la constitution et la force des organes.

Qu’il est grand le nombre de gens chez lesquels le système des nerfs manque de l’activité nécessaire , et qui ne sauraient mieux faire que de rechercher des causes de fatigue ! Cjo^bien d’autres dont l’estomac ma^qnh»du ton qui lui est propre , et qui , pour remédier à ces défectuosités , principes de beaucoup de maux, ne sauraient trop se hâter de suivre le sage conseil que leur donne Horace /

Tu pulmentaria quæi'e sudanclo.

Sans doute ici la fatigue , développée dans le système musculaire , n’est pas la seule cause du bien obtenu 5 sans doute aussi l’inspiration d’un air nouveau ou plus pur, l’é branlement des organes causé par la marche ou le travail , l’action musculaire plus prononcée, influent beaucoup sur ce bien. Mais nous ne pouvons nous dispenser également de tenir compte de l’influence de la fatigue développée dans les muscles , fatigue qui , en ébranlant le système nerveux , réveille son activité, agrandit son action, et en régularise les rnouvemens. Cette influence

si bien été sentie , que les médecins hygiénistes qui recommandent le mouvement comme moyen préservatif ou curatif y ont eu le soin de le conseiller y usquè ad defatigationem.

Dans l’union des sexes , dans les actes qui précèdent cette union , dans l’intérêt même des sentimcns moraux qui y conduisent , la douleur physique aussi bien que la douLèti£nio3fale y jouent toutes deux un rôle souvent fort nécessaire. Si je devais discourir en faveur de la douleurmorale , jediraisqu’iln’estpersonne

montré que r amom ^ /

doux delanature , perd toute sa vivacité , et s’éteint même promptement , s’il n’est mélangé d’inquiétudes et de ces peines léo^ères que savent si bien faire naître les manèges de la coquetterie. Les poètes de tous les âges nous l’auraient appris si notre expérience restait muette :

/îalla, noga , satiatur amor , nisi gaiidia torquent ,

disait Martial (i). Refuse-moi quelquefois, Gallaj l’amour se rassasie bientôt si le plaisir n’est mêlé de tourmens (2).

à qui sa propre

(1) LIv. 4, épigr. 37.

(2) Tout ainsi c^ue les stoïciens disent que le«

La volupté, si ingénieuse lorsqu’elle Craint pour ses jouissances , s’est empressée de recourir à la douleur jdiysique lorsqu’elle a pu penser qu’elle trouverait en elle des moyens assurés de développer l’énergie des organes reproducteurs, et d’ajouter ainsi à ses plaisirs. Ici mille faits attestent la puissance de la douleur j mais , lorsque la volupté y a recours, elle n’a plus cette simplicité qu’approuve la nature. Elle s’est associée alors à la plus honteuse débauche , et par ses excès elle repousse tout c-tre ([ui est doué d’une âme honnête.

Un jeune homme de Paris, dit Lifrnac , s’enfermait dans sa chambre où il se serrait la poitrine , le ventre et les membres avec des cordes à nœuds coulans , dont les bouts étaient fixés à des clous plantés dans le'S quatre murailles. Ce jeune homme , qui manqua de perdre la vie au milieu de ses expériences , avoua que la compression des ligatures occasionnait -chez lui des sensations dé-

\’ices sont utilement introtliilts pour donner prix et faire éj)aule à la vertu , nous pouvons dire avec meilleure raison , et conjeetm-e moins hardie , quo la nature nous a prêté la douleur pour l’honneur et service de la volupté. {^Montaigne. )

licieuses , qu’exprimaient fort vivement les organes générateurs (i).

A l’appui de ce fait, nous pourrions en citer deux autres non moins remarquables. Le premier fut communiqué à i’académie de chirurgie par Bonnet , de Clermont en Auvergne j l’autre a été rapporté par Chopart dans son excellent Traité des maladies des voies uri^ naires. Tous deux, conjointement avec beaucoup d’autres que connaissent les lecteurs instruits, ne laissent aucun doute que le plaisir et la douleur s’allient souvent ensemble , et cette concordance est pour bien des personnes d’une utilité non contestable. Meïbomius n’avait-il pas d’ailleurs indiqué dans son ouvrage, intitulé De fiagroruin usu in re venereâ , la possibilité de cette alliance J et c’est surtout dans ce livre que l’on peut voir à quelles honteuses ressources certains hommes ont recours par amour pour des jouissances que la nature outragée ne leur permet plus de goûter sans l’intervention de la douleur (2).

(1) Lignac , de V Homme et de la Femme ^ Çonsid, physiq. ) tom. 1, p. 188.

(2) Ou peut consulter sur le même sujet Pros-

Dans certains cas d’anaphrodisie , genre de maladie signalé pour la première fois i^iiT Sauvages , S^igaret Cul-len , on a vu cpielcpiefois des coliques sourdes et continues rendre aux corps caverneux leur érectibilité et leur aptitude à retenir le sang dans les innombrables capillaires dont ils sont uniquement formés. Le célèbre Frank et Lametterie en ont fait la remarque. Lor'ry dans son Tractatus de morbïs outaneis , nous a laissé le fait d’un jeune homme qui, étant liabituellement tourmenté par les plus vives démangeaisons, éprouvait le plus violent désir de l’union des sexes lorsqu’il se déchirait les chairs pour apporter quelque soulagement à son prurit.

Ce phénomène est d’ailleurs tellement commun , qu’il n’est pas de praticiens qui n’aient pu en rencontrer de semblables.

Là se termine ce que nous avions k dire sur la douleur considérée physiolaghjuenient.

Dans la première section nous avons vu ce sentiment physique venir à notre secours, et nous presser de satisfaire à

per Alpin , et surtout l’ouvrage de l’abbé Boileau^, iûtitiilé Hist, des Flas-ellans,

nos premiers besoins lorsque les sollicitations du plaisir s’étaient fait inutilement entendre.

Dans la seconde section nous retrouvons la douleur sous des formes aussi variées que dans la première, s’efforçant de nous arrêter dans le cours de nos excès, et militant même en notre faveur pour repousser les atteintes que ces excès pourraient porter à notre existence.

Enfin , dans la troisième partie , la douleur se présente à nous avec un caractère pathologique, il est vrai, mais ajoutant , multipliant ou régularisant les forces de quelques-unes de nos fonctions, en agrandissant Faction en quelque sorte , et les rendant plus parfaites que dans l’état de santé.

Nous allons voir maintenant l’art se saisir de la douleur, nous l’appliquer et nous la faire ressentir pour donner un plus grand développement à nos forces physiques , et nous assurer plus de pouvoir pour résister aux atteintes des ma. ladies.

Page 1