SECTION IL
Entraînés par nos plaisirs , nos occupations ou nos rêveries, oublions-nous Jes soins que nous devons à notre conservation ; nous trompons - nous sur la juste mesure de nos besoins j surchargeons - nous notre estomac cValimens trop abondans ou trop indigestes, de liqueurs trop excitantes; violons -nous enfin toutes les lois du régime : la douleur se représente encore à nous dans les pesanteurs , les tiraillemens d’estomac, les gastrodynies, les coliques, les
maux de tête, les agitations, etc ,
<[ui ne se développent alors que pour 310US signaler les désordres de notre raison, et pour nous soustraire au danger qui nous menace. Que fiiit la douleur dans ce cas? Elle appelle sur le point menacé tous les efforts des puissances vitales; elle résiste, elle combat avec et par elles l’action des causes offen-
santés, et concourt ainsi à éloigner riinmineiice du péril.
Notre estomac deploie-t-il une force trop active pour élaborer et convertir en chyme les alimeiisqne nous versons dans sa cavité j en soutire-t-ii une matière nutritive surabondante ; ces elémens de nutrition sont ils présentes en excès à tous nos organes pour satisfaire aux mouvemens de compo.iitioii et de décomposition qui constituent l’acte nutritif^ en un mot le système vasculaii’e charge de les verser dans chacune de nos parties en est-il comme surchargé: des agitations dont la clause échappe souvent à l’œil inattentif , des insomnies opirdutres , des fluxions diverses viennent multiplier pour nous les avertissemens, et semblent nous crier: Soyez pins sages et plus modérés , il en est temps encore.
Guidés par l’irréflexion, ou par un excès d’audace, nous exj)Osons -nous sans mesure à l’action d’une température trop élevée ou trop basse dans des lieux brûlans ou glacés , la douleur, sons des formes diverses on même semblables dans ces deux cas (i), nous in-
(j ) Palias ayant fait congeler du mercure, plaça
time l’ordre de nous éloigner de ces lieux sous peine de perdre une portion lie nos organes, ou la vie tout entière.
Mais combien plus ne sont pas- multipliées encore toutes les sensations désagréables ou pénibles que nous éprouvons lorsqu’une lumière trop vive vient frapper notre rétine j lorsque nos nerfs acoustiques sont fatigués par des sons inharmonieux, trop aigus ou trop graves; lorsque la membrane olfactive est assaillie par des corps délétères qui tendent à s’introduire dans les voies respiratoires ; lorsque le goût est Idessé par cette foule de saveurs désagréables ou insoutenables, qui toutes nous avertissent que des substances étrangères à l’alimentation sont venues se foiu-voyer parmi nos alimens ! Eveillés par ces sensations insolites et douloureuses, tous ces organes se refusent à se mettre en rapport avec des corps qui les blessent, €t iis les repoussent s’ils tentent à s’introduire de force.
Il en est encore de même de la lassi-
cette portion congelée dans le creux de sa main pour l’examiner ensuite. Au moment même du contact, ce célèbre naturaliste ressentit une douleur des plus violentes, cju’il compara à celle c|u’aurait produit un fer rouge. L’effet fut le même.
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tude , autre variété de douleur qui naît d’un exercice ou d’un travail trop soutenus (i). Par elle nous apprenons que nos muscles ont besoin d’un prompt repos, et que ce ne serait pas sans risque que nous essaierions de le leur refuser.
D’après toutes ces données , il nous est donc impossible désormais de contester l’utilité que nous retirons, dans l’état de santé , de certaines nuances de la douleur. Ces nuances excitent , régularisent et complètent plusieurs de nos Jonctions 3 ou préviennent les désordres qui pourraient en menacer d’autres,