‹ De la douleur considérée sous le point de vue de son utilité en médecine et dans ses rapports avec la physiologie, l'hygiène, la pathologie et la thérapeutiqueChapitre 6 sur 18 · XXVI · texte numérisé non relu

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sensibilité; elle enraye Faction des principaux foyers de la vie ; elle la suspend même à jamais , comme Fattestent mille faits consignés dans les fastes de la science.

Seconde condition.

La douleur , pour être favorable j doit frapper plus particulièrement les parties extérieures et les membres : lorsqu’elle se manifeste sur les organes intérieurs ^ elle est d’un plus fâcheux augure , parce qu'elle développe ordinairement en eux des congestions redoutables , ou des lésions de texture qui tôt ou tard deviennent funestes.

Troisièm e con dition .

La douleur doit être circonscrite à un petit nombre de parties. Si elle était trop généralement répandue, si elle sévissait sur un trop

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grand nombre d’organes , elle me* nacerait la vie j et ne la défendrait pas.

Quatrième condition.

Elle doit être de courte durée.

Trop continue , quoique peu violente , elle abattrait les forces , et ne permettrait aucune* réaction favorable.

Nous avons dit en outre que nous indiquerions quel genre d’influence la douleur exerce sur les systèmes organiques. Notre premier soin pour la bien apprécier, est d’étudier les phénomènes locaux qu’elle produit.

Voici ce que l’observation démontre : Dès que la douleur est fixée sur l’une de nos parties , elle y établit un centre d’action vers lequel convergent toutes les forces et tous les mouvemens. Uhi stimulus, ibi afjluxus, disait Hippocrate. Alors là sphère d’activité de cette partie s’agrandit en proportion de son im-

portance physiologique , de sa texture plus ou moins nerveuse ou vasculaire , de l’intensité de sa fluxion ou de la douleur qu’elle recèle. Elle se gonfle, elle s’épanouit, elle acquiert aussi plus de densité par l’afflux du sang dans les capillaires et dans les aréoles de son tissu cellu- , laire. Ses forces vitales propres acquièrent une plus grande expression 5 elles sont comme exagérées.

De cet état nouv,eau pour cette partie , dérivent pour elles des sympathies nouvelles , ou plus compliquées , qui changent , modifient les actions des organes j qui les diminuent ou les agrandissent suivant les circonstances de la maladie 5 qui rompent , brisent les sympathies morbides , et substituent au désordre le plus complet, comme le plus dangereux , le calme précurseur d’un retour prochain à l’ordre et à la santé.

Il est cependant des cas où la

douleur produit des phénomènes d’un ordre entièrement opposé à ceux-ci. On remarque cette particularité lorsque ce sentiment est trop fort , ou dans les circonstances où le système vasculaire est incapable de réaction. Les parties dolentes alors , loin de prendre plus d’amplitude , perdent au contraire de leur volume j elles se resserrent, comme s’il entrait dans leurs moyens conservateurs d’échapper à la sensation qui se développe dans leur sein , ou pour la supporter dans le plus petit nombre de points possible.

La douleur est alors plus constamment nuisible j quelquefois cependant , dans ce cas même , elle se montre avec un caractère officieux : c’est lorsqu’elle suscite de semblables phénomènes au milieu de viscères frappés d’engorgemens indolens , d’empâtemens produits par l’inertie de leurs fibres et de leur tissu aréolaire.

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La douleur, avons-nous dit, produit encore des phénomènes généraux. Le système nerveux est surtout celui qui en manifeste le plus grand nombre. C^est à son aide que la douleur produit , amène , suscite les changemens les plus heureux j c’est par lui , c’est à l’aide de la sensibilité dont il est le foyer, que , bien que l’homme soit un compose de parties multiples , elle ne peut en remuer une seule sans ébranler toutes les autres. Par ce système , foyer inépuisable de sensibilité , la douleur modifie , brise les impulsions vicieuses de ce même système , causes si communes de la nombreuse sérié des affections ataxiques j elle en crée d’autres plus régulières, mieux soutenues , et plus conformes au rétablissement et au maintien de la santé.

La douleur n’a pas une influence moins grande sur le cœur et sur toutes les parties du système vascu-

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laire. Souvent elle diminue Pactivité morbide, elle modère les contractions de ce grand mobile de la circulation sanguine j elle suspend, elle arrête des lièvres qui , par leur continuité , menaçaient l’existence d’une lin prochaine. D’autres fois, au contraire , la douleur excite des mouvemens fébriles salutaires, que de grands observateurs ont considérés comme la cause la plus active de la guérison de plusieurs maladies chroniques entretenues par l’atonie de la libre vivante. N’est-ce pas en décidant cette réaction salutaire , en titillant, en stimulant, en tourmentant tous les organes , que les eaux sulfureuses employées par Bordeii décidaient des guérisons regardées comme impossibles par d’autres médecins ? Tous les rnédicamens stimulans n’agiraient-ils pas en produisant diverses sensations internes aussi multipliées dans leurs formes que les rnédicamens qui les produi-

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sent sont nombreux , sensations que Fon pourrait rapporter toutes à la douleur?

La douleur iFoccasionne pas tous ces phénomènes organiques par sa seule action sur les facultés du cœur. Sa puissance se fait également sentir sur les vaisseaux capillaires les plus ténus, sur cet inextricable réseau vasculaire qui forme comme la trame du plus grand nombre de nos organes. Elle précipite ou change la direction de leurs oscillations ; elle favorise la circulation des fluides contenus dans leur intérieur j elle la ralentit dans d^autres •, quelquefois même , en produisant de légers mouvemens convulsifs qui ébranlent tous les systèmes d’organes , elle diminue , comme l’a dit Hoffmann , et la pléthore, et divers engorgemens.

Nous pourrions encore indiquer quelle influence la douleur exerce sur les appareils respiratoires, di-

gestifs , et autres. La troisième partie de ce mémoire la fera suffisamment connaître par les faits que nous présenterons à nos lecteurs.

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