LX XII
AVANT-PROPOS
qu’avec la Foi. Les seconds porlent un cœur inaccessible à la candeur du vrai.
Ou des esprits qui ferment les yeux aux idées, ou des esprits qui ne les ouvrent qu’aux dehors ! Il ne reste à la pratique que fort peu d’hommes de bon sens en France. Si le point de vue moral leur échappe, ils voient au moins les faits sortis. Ils ne peuvent sauver la France ; ils peuvent empêcher de lui faire administrativement plus de mai.
Sauver la France ! ce n’est au pouvoir d’aucun homme en ce moment.
Un grand homme est même impossible aujourd’hui. Trouvez une absence d’anarchie dans les esprits sur un point! L’éloquence est dans ceux qui écoulent; où est la pensée qui les réunirait? Est-elle dans !a Démocratie; est-elle dans la Bourgeoisie ? Dieu nous garde de l’ivresse préparée de l’une et de la corruption mortelle de l'autre.
Sauver la France? Il faut trente ans de vertus pour rétablir d’abord le capital dévoré par soixante années de vices!
On a cru n’avoir qu’à frapper du pied le sol, et que des hommes en sortiraient! Il s’agît bien de splendeur ; il s'agit de ne pas mourir. Si des hommes le sont donnés, ô France, ce ne sera point pour la gloire, mais pour te secourir...
La République est le seul remède à la civilisation qui tombait. Elle ne laisse plus possible qu’une société dans le vrai. Il faudra conséquemment des choses et des hommes qui y soient. Que ceux qui ont demandé celte forme se doutent peu de leur demande !
Il est fâcheux pour la Démocratie, je le déclare, que son avènement politique coïncide avec la dernière saison du 18® siècle. La foule se trouve réellement plus incapable, qu’elle ne l’eut été en 1830, de s’ordonner dans une constitution républicaine. Nos vices arrivés sur elle, la refoulent dans
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une incapacité semblable à la nôtre, — * A moins que la suppression subite de nos exemples ne lui permette de respirer la vérité....
Le peuple s’est présenté à cette révolution avec les instincts de la bourgeoisie ; c’est pourquoi il n’en jouira pas!
Vous qui pensiez tenir nos destinées entre vos mains, que de choses l’avenir va vous apprendre ! A tout instant vous croyez saisir le bout dans un triomphe du scrutin ou de l’épée. Bientôt vous reconnaîtrez si ce sont les folles idées des hommes, ou seulement les lois de Dieu qui conduisent les nations.
Toutes les questions ont été travesties dans votre pensée. Vous devez ne plus savoir vous-même par quel côté les retirer. Vous portiez un livre, et le texte en a passé dans une langue inconnue. Vos idées vous apportent l’effroi ; avouez que vous ne reconnaissez même plus votre propre conscience !
Dans la crise qui va s’ouvrir, des hommes qui nous administrent aujourd’hui aideront encore à administrer; d’autres que l’on ignore apporteront leur dévouement : et Dieu veuille qu'ils se sentent à la fois toute la commisération et toute la force pour diriger en ce moment les hommes! Mais quels qu’ils soient, qu’ils se rappellent bien ceci :
Dans la vie des Sociétés, comme dans celle de l’individu,