‹ De la douleur ... Précédé: Des temps presentsChapitre 18 sur 48 · I.XX V · texte numérisé non relu

I.XX V

serait perdue. Si la loi se fait la morale, la morale n’est plus loi. Si le pouvoir montait là, il se mettrait à la place de vous-même. La question des révolutions est une question de conscience , et non d’agrandissement du droit écrit.

Aujourd’hui encore vous comptez beaucoup sur votre Constitution , eh bien comptez sur votre vertu !

Vous disent-ils le but des choses?

Le but de la loi morale n’est-il pas d’affranchir l’homme de la sujétion des sens pour le maintenir sous le régne de Dieu? Le but de la loi civile n’est-il pas d’affranchir l’individu de la sujétion de ses semblables pour qu’il puisse mettre ses actes en harmonie avec la loi morale ? Enfin, le but de la loi politique n’est-il pas d’affranchir l’homme de toute coaction arbitraire du pouvoir dans l’accomplissement de ses libres déterminations intérieures?

Que dites-vous de ces esprits qui veulent toute faire passer la loi morale, religieuse et économique dans leur loi politique ! Ils vous croient bons, et ils veulent tout mettre en loi. Il y a une chose qu’ils ne vous disent pas :

Quand les croyances existent, quand la morale gouverne chaque individu, il devient inutile à la loi politique de borner la liberté de chacun. Réciproquement, quand les croyances s’éteignent, il est impossible que la loi positive ne vienne pas remplacer la loi morale. Or, c’est là en quoi consiste l’oppression. Quand l’âme a perdu son régulateur, la société en impose un à l’action. L’obéissance complète à la loi morale rendrait l’usage de la force inutile : Les crimes des hommes multiplient les princes, a dit l’Ecriture (1).

(i) Propter peccata terræ, multi principes ejus ; proprer sapientiam, vlta ducis longior erit.

Prov. XXVIII, a.

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