LX XX
avant-propos.
moral. Mais ici le moral n’a dû avoir aucune base qu’on pûl justifier métaphysiquement. De là le commencement d’un ébranlement général dans les croyances , dans les idées, et dans la vie.
Ceux qui correspondent à la dernière époque ne sont plus des hommes d’Etat formés, comme d’abord, à la Sorbonne, comme ensuite, à Port-Royal, mais à l’École Polytechnique, et enfin dans les bureaux du Journalisme. Par suite de cette dégradation successive des études, quelles peuvent être les idées et l’aptitude des hommes d’Etat actuels ?
L’expérimentalisme n’est qu’un retour à l’ignorance.
Au dialogue de Glocon, dans le troisième livre de Xénophon, Socrate prouve que pour gouverner il faut plus que la science des choses physiques, plus que la science de l’homme, mais l'a science de Dieu. Chez nous, c’est la seule qu’on méprise. Après dix-huit siècles de christianisme, on est obligé de répéter les leçons que Socrate donnait au jeune Alcibiade !
Suivre l’homme dans ses actes, ce n’est point encore le connaître. En tous cas, c’est n’avoir vu de son être que ce qui en a passé au dehors. Il faut le considérer plus avant, le prendre à l’essence même dont il émane. La théologie est la source d’une psychologie réelle. Toute économique découlera en proportion de la morale.
Plus l’âme est dégagée des éléments extérieurs qui concourent à son développement, plus elle est prise dans l’élément sacré qui la forme, mieux on voit toute la portée de ses lois , mieux on sait le sens de leur application, mieux on prévoit les obstacles dont on doit la délivrer. La morale n’est que la connaissance de la direction divine ; la politique, que l’appréciation pratique de la direction morale.
AVANT-PROPOS