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I.XXXIX

est toujours corrigé par le mal. Mais les canons de l'Europe et ses plus beaux gouvernements ne résoudront pas la question. — Pour le moment que faire? — Revenir à la vertu. — La vertu donne-t-elle du pain ce soir? — Votre système vous en refusera demain, après, et encore après. Toutes vos idées sont bonnes, si au fond on y cherche Dieu; toutes mauvaises, je le déclare, dans l’orgueil qui vous suscite aujourd’hui. — Nous essaierons ! — Je le sais bien, vous diminuerez encore le pain en France. Il n'y a d’autre parti pour vous que de conduire votre idée jusqu’au terme. Quand le mal a régné dans une âme, la vertu ne rentre plus que par la porte du malheur.

Il était bien visible qu’à défaut du cœur, la raison n’était point assez développée en France pour reconnaître la vérité absolue du christianisme. Quand il sortira des faits, on en saisira la vérité relative. D’ici là vous parcourrez sur le faux tous les périls de la pratique : la Religion vous sera démontrée par l’absurde.

A l’heure où je parle, il y, a une foule de gens en France qui se tordent l’esprit pour savoir comment on se sauvera sans rentrer dans la religion. Hommes d’État, économistes, académistes, tous croient leur Renaissance politique à la veille de complètement triompher. L’éditeur de Jacques Dellile paya sept francs pièce ses vers au moment où Chàteaubriand paraissait !

XXVIf.

J’ai dit la source du mal, puis-je me taire sur sou siège! J’ai dit que la réaction de l’antiquité chassa peu-à-peu les

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âmes du Christianisme. A mesure que l’esprit quitta le point de vue divin, il entra dans le point de vue humain.

Malheureusement toute une classe en France est venue sous cet horizon. La Bourgeoisie forme aujourd’hui toute la couvée de Voltaire. L’oubli de Dieu fit toujours place dans l’homme à la cupidité.

Cette classe qui a l’argent à sa racine, et non le sacrifice et l’épée, partout a porté avec elle l’empreinte de son origine. Cette marque lui a valu, après les Juifs, la haine des deux autres classes françaises, la noblesse et le peuple. 1790 fut son avènement comme aristocratie; 1830 l’éleva au trône ; en Février, elle pensait s’y asseoir exclusivement (1).

Je ne ferai qu’une remarque ; la Noblesse a brillé mille ans, elle a vécu quatorze siècles; la Bourgeoisie en cinquante ans a mis la France en décadence. Sur elle porte le déficit du capital industriel... Enfin, la classe ouvrière qui venait derrière la noblesse put immédiatement acheter et cultiver le sol ; celle qu’amène derrière elle la bourgeoisie est prête à le dévorer.

On n’empêche pas de gagner de l’argent; mais alors, il ne faut pas se porter à la tête des affaires ! Le principe des peuples est la vertu, celui des classes gouvernantes est au moins l’honneur ; on ne peut y substituer à ce point les deux principes contraires !

L’intérêt cruel la poussa jusqu’à se détruire elle-même; ses membres se devaient mutuellement leurs faillites. Par la concurrence, ils abattaient les petits capitaux ; sans voir

(i) Ne confondez pas la classe moyenne , recueillant le capital , avec la bourgeoisie, qui a voulu faire les lois, faire les moeurs, faire les arts, et jusqu’à la Religion et la philosophie. Au reste, il ne s’agit pas des individus, mais de l’esprit de la caste.

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