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X C IV

AVANT-PROPOS

les quatre autres parties du inonde , et vous direz si la nature a été faite en vue de donner des bourgeois à la terre ou des saints à l’Infini !

Remontant de ià vers la France, supposez les deux siècles de vertus qu’il faudrait pour augmenter d’un cinquième un capital qu’on a mis quatorze siècles à produire ; supposez que la production marchât par progression arithmétique, ce qui n’est possible que sur une terre nouvelle à la richesse agricole, périmètre obligé de la richesse manufacturière et commerciale ; supposez en meme temps que tous les peuples du Globe restés en arrière de la civilisation moderne, trouvassent chez eux, ce soir, un capital -semblable à celui des premiers peuples européens; supposez, alors, que le monde entier pût augmenter chez lui d’un cinquième le chiffre de la production actuelle de la France, sans que la population s’accrut suivant la même proportion, et, tous frais de civilisation prélevés, il y aurait après ces deux siècles de vertus 69 ou 70 centimes net, par jour, pour chaque tête du genre humain (1); c’est-à-dire, moins de la moitié de la somme que voudrait aujourd’hui, pour chaque tête de sa famille, l’artisan des objets de luxe.

Les égoïstes et les humains ne savaient pas qu’un jour ils viendraient buter là !

(i) Environ 70 mlUards liquides, exploités par le travail de la France, ont donné au revenu environ 9 milliards et demi ; soit, après les frais d’impôt et de réparation du capital , 56 c. par tête. En conservant la proportion, r 4 milliards ajoutés au précédent capital, soit 84 milliards, donneraient, après lesdits frais, i5 c. à ajouter aux 56, soit 69 c. Eemarquez que chaque famille est censée percevoir cette somme autant de fois qu’elle a de membres. Pour le père, la mère et quatre enfants, il y aurait par jour 4 fr» i4 c. Revenu égalisé, il y avait , avant Février , pour la même famille 5 fr, 36 c. par jour. Il n’y aurait guère en ce moment que 2 fr. 40 c.

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X cv

Ils ignoraient que dix-huit siècles de la civilisation et de la production les plus étonnantes qu’ait vues le monde ne sont parvenus a donner à l’homme que quelques centimes de plus que l'antiquité ; de quoi à peine acheter ses bras.

Ces faits donnent à réfléchir!

La Société n’échappera pas aux lois confiées à la terre. Pensez-vous que Dieu soit novice; qu’il ait donné la loi chrétienne au monde , et qu’il ne l’y ait pas enfermée ? Le Globe est chargé du maintien de l’Evangile. Par la diversité de production des climats , il en appelle les enfants à se connaître et à s’aimer. Par la difficulté avec laquelle il cède ses fruits au travail, il sème la liberté et la sainteté dans les âmes.

C’est pourquoi , aucun de vos expédients n’inventera de la richesse.

Nos véritables destinées économiques sont dans ce mot : la vertu. Elle seule peut laisser un jour à tout homme ce loisir dont il a besoin pour étendre sou âme.

Il n’est au pouvoir de personne d’augmenter le revenu d’une nation. Ce fait est lié à la plus profonde loi morale, la loi du mérite, la loi de l’homme. Ne vous laissez plus surprendre à tant de projets sur le crédit. Le bon sens vous le dit : où il n’y a rien le roi perd ses droits, et perd le droit.

On ne crée du papier que quand on n’a plus d’argent ; donc il ne représente rien ! On ne demande du crédit que quand on n’a plus de ressource : donc il achève ce qui reste du capital! S'il était possible d'en créer par des lois, vous sentez que pas un peuple n’aurait péri sur la terre.

Visitez toute la terre, vous n’y trouverez pas de place faite pour le vice ; mettez le luxe sur un point , vous ferez le paupérisme sur les autres. Retournez tant et plus le sol, vous n’y rencontrerez que ces deux lois pour l’infini : le pro-

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