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XC V I

AVANT-PROPOS

doit ne peut dépasser le travail, le capital ne peut dépasser la vertu.

Soyez fouriéristes , communistes ; faibles hommes, allez en Algérie , en Icarie : vous trouverez la Croix, partout.... Mais allez vite, en revenant vous rentrerez dans l’Eglise.

Voilà toute votre faute ; Vous avez cru que l’homme était sur la terre pour jouir et non pour s’y préparer au Ciel. Persistez dans cette pensée, et vous pourrez mourir de faim.

Le temps de la plénitude des peuples est venu. L’homme ne pourra faire un pas qu’en réduisant ses besoins. Tout capital ne se tient que par la force de l’âme. Vous l’apprendrez , la Religion seule peut donner du pain sur la terre.

Ah ! si vous désirez vivre encore comme peuples modernes, dépouillez-vous décidément de l’antiquité. Arrachez promptement de votre pensée, de votre économique et de vos mœurs le lange de la Renaissance. Vos populations se sont chrétiennement ramassées, elles ne pourront payennement se maintenir. Perdez-vous de vue le miracle de votre existence ; oubliez-vous le grand secret de vos multitudes nombreuses? Déjà vous ne pouvez plus les porter sur vos branches.... l’avenir vous a épouvanté.

Je ne connais qu’un bassin pour contenir les masses , l’abnégation i je ne connais qu’un moyen de les y faire entrer, l’exemple.

Or, la vertu ne s’imite pas. Sa racine est pivotante dans la profondeur de la Foi. La société moderne n’a monté jusqu’à nous que par le renoncement, .\insi se sont empilées les masses. Cessez d’être chrétiens, les temps modernes s’écrouleront.

Tout le relevé de la situation présente tombe en deux mois: diminution de la vertu, diminution du capital. La

AVANT-TROPOS.

XC VI î

France n’est frappée que pour avoir manqué à la Douleur.

On vous appelle souverains: une couronne d’épines a fait plus pour l’humanité que toutes les couronnes des rois...

Puisque déjà vous craignez que celte Révolution ne soit qu’un pur accident, empressez-vous de retirer les idées avec lesquelles vous l’avez faite. Vous avez parlé de réhahifiler la chair; vous avez dit que le travail ne serait plus une peine; et, faisant un appel immodéré aux passions, vous êtes venus déclarer à la France que le but de la Société était de fournir à l’homme une consommation illimitée. Tout peuple qui fera un pas dans la jouissance en reculera de trois dans ses droits. Un progrès dans la civilisation est un pas fait par la Douleur.

Si vous ne savez pas que la civilisation est la sainteté du grand nombre, je n’ai plus rien à vous dire.

Le christianisme seul éclaire toute la situation présente. Tl est la question préparatoire de toutes vos questions ;

1° Nos principes ont leurs motifs dans l’infini. Ce qu’on prend pour l’utilité sur la terre n’est qu’une voie obligée pour l’intérêt éternel. La propriété, par exemple, n’est le principe créateur et conservateur de la Société que parce qu’elle est le principe créateur et conservateur des âmes. Elle est au milieu de nous la formule de l’individualité. Mais en tout on n’a voulu voir que les raisons Iiumaines ; alors on a opposé des raisons humaines. Maintenant sortez de ce cercle !

le ne viens pas seulement vous dire que la Société est

xcyni

AVANT-PROPOS

d'origine divine, mais qu'elle est l’institution divine ellemême. Voulez-vous trouver un principe, cherchez son but au delà du temps ; vous ne travaillez pas pour mourir. On n e prouve que par l’infini. Toute notre justification est en Dieu .

2® Uniquement dans la formation de la propriété, et dans

son usage quand elle est acquise, il entre les deux plus

grandes, les deux plus merveilleuses lois de l’infini sur la création, l’une par l’effort, l'autre par le renoncement. D’un seul moyen Dieu fait naître la liberté sur toute la terre, et puis élève cette liberté à l’amour. Sur la propriété se fondent les deux étages de l'homme , la personnalité et la charité. Vous détruiriez la Société avant la propriété.

5° D’autre part, vous ne pouvez soustraire un point qui occupe toute riiistoire. Par la chùte, le mal est entré dans la nature humaine à côté du bien. Moralement, physiologiquement, économiquement, partout le premier se tient en obstacle au second. Les deux bons tiers de la Société reposent sur ce fait. Quoique vous en niiez la cause, vous ne le détruisez pas. Comment, dans l’institution de la Société, abolir ce qui est fondé là dessus ?

4° Le fils de Dieu a certainement dit : Mon royaume n’est pas maintenant de ce monde, signifiant qu’un jour il le serait; et, pour établir la souveraineté chrétienne, il ajouta : Que le plus grand parmi vous soit le serviteur de tous. Toutefois, pendant quatre mille ans. Dieu le père l'avait établie en César. Depuis, vous n’avez cessé d’obéir à la race, parce qu’en elle était le mérite. Vous voulez l’abolir, et vous oubliez que Jésus-Christ a apporté dans la grâce le moyen d’égaliser les âmes. Vous voudriez les conclusions du christianisme sans en traverser les moyens. La Société ne passera pas sous l'Evangile qu’elle ne se soit relevée de Viniqiiité.

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