CS.I
et toutes nos âmes quittant ce monde dans la difformité du vice sont allées rouvrir ta pitié !
Car ta pitié redescendra sur la seconde race d’Adam pour sauver, comme au jour de Noé, les germes purs du genre humain. —
Dieu seul sera grand en ce jour...
Seigneur, il n’est plus besoin de prophètes ; l’humble n’a qu’à ouvrir les yeux.
Les fils de l’homme se sont creusé des demeures où la lumière n’entre plus ; ils ont trouvé le moyen de tourner la Foi ; ils ont rendu la vérité inutile à la terre.
L’impiété est descendue chez les âmes comme un brouillard ; et elles sont devenues comme des plantes affreuses, n’ayant ni racines ni fleurs.
Le vice et l’orgueil fondus ensemble comme un airain mêlé ont coulé dans le cœur vidé du riche, et son visage est devenu celui de la bête.
Le riche est descendu sur la place publique ; soudain, comme dans une glace brisée, il a vu sa face réfléchie sur tous les visages de la foule.
Malheur ! sur les visages de la foule, dont les regards venaient sur lui, il a reconnu l’image que son âme offrait à Dieu...
Et celte foule dressera ses collines autour de lui ; et lui se sentira au fond d’une vallée d’horreur.
Le rire tombera de ses lèvres, pour la première fois ; et dans son âme épouvantée il entendra une Voix :
— Parce que tu as rendu mon temple désert, je ferai le désert autour de toi; et parce que je n’avais pas une pensée dans Ion cœur, je n’y laisserai pas un espoir !
AVANT-PROPOS
Parce que tu as porté mon nom en oubli, lu le prononceras trois fois sans que mon oreille l’entende ; et parce que tu as ri sur ma parole, le peuple se rira de tes lois!
Parce que l’éclat de mes temples a passé dans tes festins, et parce que tu m’as laissé seul pour courir à tes folles joies, un jour sera où je te laisserai seul avec loi !
Cherche la Foi ! appelle-moi, tout ce peuple est debout ! Tu as effacé mon nom de son cœur, il effacera le tien de la terre. —
.Tusqu’à ce que, dans son âme châtiée, le peuple entende également une Voi\.
Et le peuple s’arrêtera aussitôt qu’il reverra briller la lumière, qu’il sentira remuer le nouveau germe de la vertu dans son cœur.
Car l’expiation sera faite.
Dieu ne peut plus perdre l’homme, il porte déjà trop en lui de la substance de son Fils ! lœs nations sont tombées, et il les a relevées dans ses bras.
Mai et août 184B
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PRESSEE sur la route des âges, ô âme ! que portes-tu là que je ne reconnais pas? Je ne trouve point dans l’infini l’objet qui projette cette ombre sur toi. Ombre pendant le jour, car, avec effroi, je t’ai vue traversant la nuit, et c’était comme une flamme sur ta poitrine. Pour t’éclairer ou pour te consumer, tu ne te l’es pas demandé ! Et moi , je portais sans doute cette flamme dans le sein ; un jour j’ai voulu regarder, et je te dirai peut-être ce que c’est...
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