‹ De la douleur ... Précédé: Des temps presentsChapitre 4 sur 48 · XX [X · texte numérisé non relu

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travailler à son élévation morale, à sa liberté, à ses progrès politiques et économiques. T,e capital est sur la terre l’agent du développement humain (1). C’est par lui qu'on a vu s’opérer l’avènement de toutes les classes au sein d’un peuple; ainsi que l’avènement des divers peuples au sein de la civilisation. Ceux qui ont regardé l’histoire à la clarté de cette idée le saveïit bien.

Ne dites pas que le Capital n’est que la source de la richesse matérielle. C’est lout-à-fait le contraire, puisque d’abord, il est la preuve de la 'double vertu du travail et de la modération dans les jouissances ; puisqu’ensuile il offre seul le loisir qui p»ermet à l’homme de s’occuper directement de son âme. Rien n’est plus immatériel dans son origine que le capital; rien n’est plus immatériel dans ses fins. Une nation ne peut augmenter son capital sans que sa science ne se développe et que sa «.noralité ne s’étende, puisque lui-même ne provient que de ces deux sources. !;a richesse n’osl point, chez un peuple, le triomphe do la matière, mais l’unique moyen du triomphe de l’esprit. Elle ne nuit jamais à celui qui fa produit ; elle ne corrompt que celui qui la détruit...

Le Capital est la démonstration do la civilisation ; il bat comme son cœur ou suspend son mouvement avec lui. L’accroissement du capital est la condition de la vie ; sa diminution , de la décadence. Quand on ne produit pas on consomme. Il en est de la richesse exactement comme de h vertu, elle diminue dès qu’elle ne tend plus à s’accroître. Perdre du temps, perdre des bras, c’est fondre

(i) Le capital, a dit excellement M, Michel Chevalier, est la substance même de l’amélioration populaire. Pour apprécie/ toute proposition faite dans l’intérêt des ouvriers, il faut examiner si elle est de nature à favoriser ou à contrarier l’accroissement du capital.

AV ANT-TROPOS.

notre civilisation. Par le chômage on court à la banqueroute, par la banqueroute à la misère, 'par la misère à la barbarie.

Le fait donné, les conclusions se déduisent.

Pour entretenir sans Capital une nation, il faut que la masse des hommes soit en proie à un travail exténuant ; c’est ici Tesclavage. Lorsque cette nation s’élève sur un capital plus étendu, déjà une partie de la population peut entrer dans les fonctions libérales; c’est ici le moyen-âge. Enfin lorsque cette nation s’asseoit sur un capital de plus en plus suffisant, les hommes n’étant point obligés de donner toutes les heures du jour à l’entretien du corps, en peuvent consacrer quelques-unes à l’entretien de l’âme ; c’est à ce but que tend l’histoire.

Etudiez tout, vous entrerez dans celte idée, la plus simple et la plus profonde de l’économique : la vertu est la source du Capital, le vice en est la destruction, On n’épargne qu’après avoir pu vivre ; quand pour vivre on absorbe tout, on établit la perpétuelle impossibilité du capital.

L’unique moyen d’arrêter une nation dans sa marche serait de faire rentrer le Capital par où il est sorti, en disant au travail de tout consommer, et à l’épargne qu’elle est un vice ; c’est-à-dire, en éteignant la morale. Par ce chemin il faut trois pas' pour rentrer dans la barbarie, c’est-à-dire dans la misère, dans l’anéantissement du peuple.

L’unique moyen d’améliorer la condition d’un peuple est d’en accroître le Capital. Si l’on faisait l’histoire du capital ce serait celle de la civilisation elle-même. Or, toujours le capital augmente en proportion de la vertu ; il s’accroît par la même puissance que la nature humaine dans l’homme. Si les nations chrétiennes, exclusivement, ont environ cinq fois plus'de capital que les plus riches nations antiques, si leur population est plus du triple sur le même

enaplacemeiit, c’est par cola qu’elles soûl les ualious clirétiennes.

Telle est la prospérité d’un peuple, dites que telle est sa quantité de Capital ; telle sa quantité de Capital, dites que telle est sa vertu, ou la quantité divine en lui. L’économique n’est que le champ de la morale. L’amélioration d’un peuple. ou son élévation vers Dieu n’est que le même édifice.

Ainsi la loi de l’existence des nations. Il faut en faire l’application à la France.

La statistique livre en ce moment une triste page sur la France. Le jour vient où il faut compter.

La valeur territoriale de la France, terres, prés, bois, mines, routes, villes et habitations, tout son sol, en un mot, estimé comme le serait une propriété particulière, s’élève à 40 ou 41 milliards. Son capital industriel, numéraire, papiers, actions , valeurs commerciales , et tout le crédit était évalué avant Février à 25 milliards. Enfin son capital d’approvisionnement, grains, bestiaux , vins, fers, outils, étoffes, tous les objets produits , s’élevait à une valeur de 12 milliards. Total de l’estimation de la France : 78 milliards.

Des évaluations faites d’autre part à l’étranger portaient en effet que la France ne pouvait dépasser une valeur de 75 à 80 milliards. Ici je n’ajoute pas la valeur du travail et du talent renfermés dans sa population. Comme elle porte en elle la consommation, le point est précisément d’en savoir le rapport avec son capital. Deux sommes toujours datis

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