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AVAKT-rROPOS,
la richesse des nations: le capital pose l’une, mais la population sert de diviseur ou de multiplicateur à l’autre.
Or premièrement , des 41 milliards du capital foncier, il faut d’abord soustraire les 8 milliards d’hypothèques qui le couvrent; sans parler des 6 milliards environ d’hypothèques légales ou périmées (1) qui porteraient la dette totale à 14. Après ces 8 milliards de la dette hypothécaire, il faut porter à la soustraction, au moins pour la moitié de celte somme, la dette chirographaire ou les créances ordinaires, c’est-àdire 4 milliards. Des premiers 41 milliards, olez ces 12 milliards du passif, reste liquide 29 milliards.
Secondement , au lieu des 25 milliards du capital indus îriel, il reste 2 à 5 milliards de numéraire, dont le reste a fui à l’étranger devant l’émission du papier; plus les billets de quelques banques, et ce qu’il peut y avoir de valeur réelle dans les diverses actions. C’est évidemment aller trop loin que de porter ceî actif à 10 milliards. Les autres valeurs com merciales sont réduites à zéro. Plus de 15 milliards de crédit, c’est-à-dire de capital fictif, sont à cette heure anéantis !
Troisièmement, des 12 milliards du capital d’approvisionnement, il faut ôter au moins le tiers, 4 milliards ; quoique ce ne soit pas évaluer assez, pour celle année, la portion entamée dans la chute terrible du travail et du crédit. L’impôt aurait déjà absorbé à lui seul pour la moitié de celle somme.
(t) On ne fait pas inscrire l’hypothèque légale pour les biens immeubles , mais seulement pour les valeurs mobilières et en capitaux. Or, ces capitaux précisément n’existent pas, puisqu’il n’y aurait que le numéraire actuel pour les payer. Ils sont donc positivement dus par la terre et n’existent nulle part ailleurs. Quand, sur lô à 1 4 milliards d’hypothèques de toutes sortes, je n’ai porté la dette réelle qu’à 8, c’est pour rester en dessous de son chiffre.
AVAKT-PROPOS.
Porlant donc à la souslraclion ces trois chiffres falais, des 12 milliards dévorés sur le capital foncier, des 15 milliards sur le capital industriel, et* des 4 milliards sur le capital (rapprovisionnement, il reste aujourd’hui à la France, au lieu de 78 milliards, seulement 47 milliards de capital liquide et propre à la production.
Et sa population est toujours de 56 millions d’âmes !
Je ne sais si vous traduisez fidèlement, mais voici ce que cela veut dire ; la population française au lieu de vivre des produits d’un capital exploité de 78 milliards, est réduite aux résultats d’un capital exploité de 47 milliards...
Trente et un milliards de déficit sur la vie !
En quarante ans, douze milliards de dettes intestines levées sur le capital ; et puis, en un jour, prés de vingt autres milliards disparus !
Avant de voir sur qui porte le sinistre, et comment il a eu lieu, allons à l’appréciation du détail. On a évalué à 9 milliards ou 9 milliards et demi au [)lus, le revenu annuel de la France. Ce revenu était le produit des 78 milliards de son capital, exploité par le travail et le talent de sa population.
Si on divisait ces 9 milliards et demi en parties égales pour une population de 36 millions d’àmes, on peut voir que la portion revenant à chacun serait d’abord de 263 fr. par an; soit 72 centimes par jour. Mais sur ces 72 centimes il faut, pour l’impôt d’un milliard et demi, prélever par jour sur chaque tête 12 centimes; reste 60. Car chaque tête en France se fait par jour à peu prés 8 centimes de plus pour un milliard de plus en revenu, ou conséquemment par an 28 fr. de moins pour un milliard de moins. Enfin sur ces 60 centimes qui restent après l’impôt, il faut prélever 4 centimes pour continuer le capital, c’est à-dire la population
el la prospérité naUonale (ce qui n’ajouterait à la valeur de la France que 525 millions par an ) ; en sorte qu’il reste net et en définitive pour chaque tétCy 56 centimes par jour.
Telle esi, après un Capital ramassé par quatorze siècles, la somme qui revenait à chaque Français, en prenant depuis l’enfant à la mamelle jusqu’au vieillard. L’exiguilé de ce revenu paraîtra fabuleuse à ceux qui ignorent combien nos 28 millions d’habitants des campagnes vivent de peu. C’est cependant sur ces 56 centimes que l’artisan des grandes villes demandait de prélever, pour lui composer un salaire de 8 à 10 fois cette somme, à lui dont la famille ne renferme souvent que trois ou quatre membres !
Or premièrement, ces 9 milliards et demi étaient le produit de la France lorsque les 25 milliards du capital industriel encore debout et les 12 milliards du capital d’approvisionnement intacts se joignaient au capital immobilier !
Secondement, le capital ne produit pas de lui-méme, il n’est que le champ du travail. Evaluez vous-rnéme la réduction que le travail a subi soit par les causes morales et politiques, soit par ce que l’impôt a enlevé à la rente qui l’alimentait !
Troisièmement, le capital immobilier, appelé capital fixe, ne peut être exploité qu’en proportion du capital d’approvisionnement, appelé capital circulant. Evaluez combien le capital fixe se trouve frappé par cette diminution du tiers du capital circulant!
Pour moi je pose en fait ce malheur effrayant, que dés ce jour le revenu de la France ne s’élève pas à plus de 7 milliards et demi. Au lieu de 265 fr., 208 fr. par an ; sur lesquels il faut prélever l’impôt! C’est-à-dire, au lieu de 56 cent. 40 cent. Différence, 16 centimes par jour ; soit 56 fr, pour l’année !
Sait-on comment cette différence se nomme : le Paupérisme! car le capital étant inégalement recueilli par le travail et la vertu, sa chute est inégalement portée.
Quoi! le paupérisme lorsque les 15 milliards du capital fictif, sur lequel se tenait la population industrielle, étaient encore vivants ! Le paupérisme, lorsque le capital d’approvisionement et le cliiffre du travail n’étaient pas encore entamés ! Le paupérisme, lorsque le capital immobilier n’était point frappé de la dépréciation de Février et de l’impôt qui a suivi ! Le paupérisme alors : que sera-t-il aujourd’hui I
C’est ce que je ne puis prévoir. Jamais pareille position ne s’est offerte dans l’histoire. Sans découvrir les faits moraux, à ne prendre que la situation économique, je ne vois pas depuis la fondation du christianisme un cataclysme semblable à celui qui nous menace.
Il ne s’agit plus, comme au moyen-âge, d’une idée qui peut passer comme un météore. Devant nous est la Révolution de la misère, l’hérésie malheureuse de la faim....
Xllï.
Tout le capital que le luxe a prélevé sur les richesses de nécessité et le capital du crédit qui faisait le service de l’agiotage, bref tout le capital fictif est détruit. Or voici la loi:
Toute diminution de capital amène une diminution ])roportionnée de production ; et toute diminution de production amène une diminution proportionnée de population. Où est la production des 15 à 20 milliards du capital fictif: