PROPOSITION LXX
VhomvM libre^ qui vit parmi deê ignorante, ê^efforcê^ autant quil 1$ p«tt(, de décliner leure bienfaiti
SCHOLIE.
Je dis autant qu*il le peut. Car, encore que ce soient des hommes ignorants, ce sont pourtant des hommes, lesquels, dans les nécessités de la vie, peuvent apporter un secours humain, auquel nul n*est préférable. Par conséquent, il arrive souvent qu*il est nécessaire d accepter les bienfaits de ces hommes, et conséquemment, d*un autre côté, de les en complimenter d*après leur caractère. Ajoutez à cela que, même en déclinant les bienfaits, il faut agir de prudence, de peur que nous ne paraissions les mépriser, ou craindre par Avarice la re-
connaissance; et, ainsi, tandis que nous évitons leur Haine, par cela même nous encourons leur déplaisir. C'est pourquoi, dans la déclination des bienfaits, il faut faire le calcul de l'utile et de l'iionnête.