‹ De la durée de l'immunité: consécutive aux vaccinations anticharbonneusesChapitre 10 sur 14 · IIX. — Hxpériences de M. le docteur Zenkowsky · texte numérisé non relu

IIX. — Hxpériences de M. le docteur Zenkowsky

< M. Zenkowsky, ayant rapporté de France, du laboratoire de M Pasteur, du liquide contenant des spores charbonneuses, fit dans son laboratoire de botanique la culture de ce virus dont il se servit ensuite en 1883 pour ses expériences. Celles-ci lui donnèrent les résultats les plus satisfaisants : sur 11 brebis (race mérinos) 2 fois vaccinées et infectées ensuite par un fort virus aucune ne périt; tandis que les brebis de contrôle qui n'avaient pas été vaccinées par le virus atténué, mais avaient subi l'infection charbonneuse par l’inoculation du même virus, périrent toutes trente heures après l'introduction du poison dans l’organisme. Les brebis de la Russie méridionale ne présentent donc pas de particularités qui puissent empêcher de leur appliquer la vaccination charbonneuse. Etant théorique-

(1) Union médicale, 31 août 1884.

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ment persuadé que le virus français ne diffère en rien du virus russe, le professeur Zenkowsky voulut faire partager aux autres ses convictions et entreprit, dans ce but, une série d'expériences avec le virus provenant du sang charbonneux d’un animal mort dans le midi de la Russie.

» Cest à l’obligeance du docteur-vétérinaire Woznesensky (de Nikolaïeff) qu’il a dû ce sang infecté par le virus. Ces expériences ont démontré l’idendité des virus russes et français : le virus russe se cultive aussi facilement dans les liquides nouris- ” sants, tue les animaux également vite ou lentement, selon la quantité de virus et son mode de culture, la saison et l’état de santé de l’animal ; il s’atténue et donne le vaccin, et ne présente aucune différence physiologique avec le virus français.

» Ayant obtenu ces résultats, M. Zenkowsky se mit à étudier la question de l’immunité acquise par l’animal à la suite de la vaccination charbonneuse. Quelle serait la durée de cette immunité ? Onze brebis ayant subi en 1883 toutes les épreuves, et dix autres ayant acquis l’immunité par des expériences préventives, ont passé dans ce but une année dans une ferme. Deux de ces animaux moururent à la suite de maladies étrangères à l'affection charbonneuse; de dix-neuf qui restèrent, douze ont été réservées pour servir à déterminer le terme de l’immunité et sept ont été destinées à un autre but.

» Les brebis vaccinées en 1883, à l’exception d’une seule, ont triomphé de cette épreuve, tandis que deux brebis de contrôle périrent, l’une trente, l’autre trente-six heures après l'infection par le virus intense, toutes étant inoculées par le même virus et au moyen du même injecteur.

» L’autopsie faite par le docteur Sadowsky, démontra que la mort avait été le résultat du charbon. La mort de la seule brebis vaccinée qui succomba fut expliquée par la présence du vibrion septique à côté du bacille charbonneux. Le professeur Zenkowsky suppose que l’animal n’a pas été en état de lutter contre deux virus à la fois, et qu’il aurait guéri sans l'infection purulente surajoutée au charbon. En admettant qu’il eut péri du charbon, la mortalité serait encore de 8 1/3 0/0, tandis que la mortalité

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des brebis non vaccinées est de 10 0/0. Le compte-rendu de M. Rossignol donne en France une mortalité beaucoup plus grande : dans ce pays, à la fin de l’année, on risque de perdre vingt brebis vaccinées pour cent. Il en résulte qu'on aura en France une mortalité probable double de celle qu'on peut craindre en Russie.

» Comme conclusion, M. Zenkowski admet qu’à la suite de deux vaccinations anticharbonaeuses, les brebis acquièrent'une immunité de la durée d’un an (Wratsch, n° 27 ; 1884). »

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