‹ De la DystocieChapitre 10 sur 26 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Les signes des kystes hydatiques du bassin sont physiques et fonctionnels. Les signes fonctionnels sont peu marqués puisque ces tumeurs passent habituellement inaperçues jusqu'au moment de l'accouchement.

Au début les malades éprouvent de légères douleurs, des sensations de tiraillement dans le bas-ventre qui sont dues à des irritations circonscrites du péritoine. Ces douleurs surviennent par crises et à intervalles plus ou moins éloignés. À chaque poussée et sous l'influence de cette irritation péritonéale, il se forme des adhérences de plus en plus solides de la tumeur avec les organes voisins. Souvent les crises douloureuses coïncident avec la période menstruelle.

Lorsque la tumeur devient assez volumineuse pour comprimer la vessie, la miction peut-être notablement gênée ; la vessie se dilate. Cette dilatation peut gagner les uretères et il peut survenir des troubles rénaux et même de l'hydronéphrose ; il y a fréquemment de la constipation par compression du rectum.

Les douleurs vont en s'accentuant tant que la tumeur reste confinée dans la cavité pelvienne. Elles diminuent au contraire dès que celle-ci en raison de son volume croissant se trouve repoussée vers la cavité abdomi-

nale. Elles sont très variables de siège et d'intensité Suivant les parties comprimées par le kyste et suivant le siège d'implantation de celui-ci. Ces signes n'ont, comme on le voit, rien de caractéristique ; ils sont communs à un grand nombre de tumeurs du petit bassin.

Les signes physiques beaucoup plus importants sont les véritables éléments qui servent à faire le diagnostic.

Le palper ne révèle ordinairement rien, ilest d’ailleurs très difficile, souvent même impossible en raison de la tension produite par la tumeur et l'utérus.

Le toucher vaginal est parfois douloureux et difficile. Il révèle un col déplacé, remonté et repoussé soit en avant, soit le plus souvent en arrière suivant le siège du kyste par rapport à l'utérus, l'utérus peut encore être en rétroflexion comme dans le cas de Birnbaum où il y avait plusieurs tumeurs : l'une semblant partir de l'union du pubbis avec l'os iliaque se développait du coté de l'abdomen et repoussait le corps de l'utérus en arrière, l’autre siègeant dans l’excavation repoussait le col en avant.

Le fond de l'utérus est fixé, comme enclavé entre la tumeur et le bassin ; il est impossible de le mobiliser.

La sensation donnée par le toucher de la tumeur est celle d'une masse lisse, arrondie, dure et élastique à la fois, mais mamelonnée et irrégulière si les kystes sont multiples.

Tous les auteurs ont indiqué la dureté spéciale des kystes qui les fait trop souvent confondre avec des tumeurs solides. Si l’on veut se rappeler que les kystes

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sont constitués par deux membranes d’enveloppe : la membrane advertice d'enkystement et la membrane propre de l'hydatide, qu'ils contiennent en outre fréquemment dans leur intérieur des kystes plus petits, des hydatides filles de première ou de seconde génération, l'on conçoit dès lors aisément que la fluctuation soit très obscure où même tout à fait nulle. Nous ne trouvons ce signe relaté qu'une seule fois dans nos

observations, c'est dans celle de Späth ; encore devait-

il être obscur puisque « la tumeur était en même temps très tendue ».

En outre la fluctuation déjà difficile à percevoir à cause de la Structure du kyste devient plus difficile à sentir pendant l'accouchement au moment de la période d'expulsion alors que sa consistance augmente encore. Cela résulte de la pression que ces tumeurs supportent de la partie fœtale qui est arrêtée dans son engagement et dans sa descente. Elles se trouvent dans les conditions d'une tumeur liquide très étendue qui perd ses caractères de mollesse et de fluctuation. Le doigt qui les touche a plutôt la sensation de rénitence ; la tumeur qui a cédé à la pression revient lentement sur elle-même sans produire de fluctuation.

La consistance est ferme, élastique, analogue à celle d'une vessie distendue.

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Le frémissement hydatique est très rare. Quelques auteurs l'ont pourtant trouvé (Davaine, Tillaux, Guéniot). Il est vrai de dire qu'il n'a pas été souvent recherché puisque la nature du kyste n'a presque Jamais été diagnostiquée avant l'accouchement.

Ces tumeurs ne sont pas immobiles, fixées indissolublement au point où on les constate, mais leur mobilité est très peu marquée. En aucun cas il n'a été possible de les réduire, c’est-à-dire de les repousser vers le détroit supérieur au dessus de la partie fœtale ou de les attirer jusqu'à la vulve de façon à permettre le dégagement de la partie fœtale.

Elles possèdent pourtant un signe pathognomonique, c'est le caractère du liquide qu'elles contiennent lorsque l'hydatide est vivante. Le liquide hydatique est transparent, limpide comme de eau de roche ; il contient du chlorure de sodium, mais pas d'albumine ni de mucine; l'examen microscopique permet quelquefois d’y reconnaître les crochets caractéristiques des échinocoques.

Entin la multiplicité joue également un rôle important car il ne faudra jamais oublier de rechercher s'il n'ya pasen un point quelconque del'organismeun autre kyste de même nature ou s'il ny a pas eu auparavant opération d'un kyste le plus souvent du foie comme dans l'observation de Coudert.

A côté de ces différents signes, nous en citerons un dernier qui est absolument pathognomonique, mais très rare ; il n'a été noté que cinq ou six fois ; c'est l'issue spontanée de vésicules hydatiques soit par le

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vagin, soit par le rectum, quand, dans ce dernier cas, il y a perforation de l'intestin et qu'il s'établit une communication entre celui-ci et la poche kystique.

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