‹ De la DystocieChapitre 11 sur 26 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic des kystes hydatiques du bassin comporte l'étude des troubles qu'ils occasionnent et les difficultés qu'ils apportent à l'accouchement.

Pendant la grossesse, ils exercent une action purement mécanique par la pression qu'ils exercent sur les organes voisins : les troubles qu'ils produisent sont peu marqués, la constipation, les troubles de la miction sont les symptômes le plus souvent et presque les seuls signalés dans les observations. Ce n'est que lorsqu'ils se déveioppent dans des organes uniques et importants comme le cœur, le cerveau, le foie, qu'ils peuvent altérer profondément la santé en les gênant dans l'accomplissement de leurs fonctions. Dans ce cas, les troubles qu'ils provoquent ne sont jamais : assez marqués pour nécessiter une intervention quelconque : avortement ou accouchement prématuré ; ils ne gênent nullement l’évolution de la grossesse et ne l'empêchent pas souvent d'arriver jusqu'à terme. Même dans les cas où le kyste est suppure, le développement peut être très lent et ne se révéler au dehors par aucun symptôme (observ. de Coudert).

Les kystes sont une cause importante de dystocie.

Les

Le pronostic de l'accouchement ne dépend que de deux choses : du volume du kyste et de la qualité du liquide qu'il renferme.

L'influence du siège est moins importante. En quelque endroit qu'ils se trouvent, s'ils jouissent d’une certaine mobilité, celle-ci n'est jamais assez marquée pour permettre leur déplacement ; lorsqu'ils mettent obstacle à l'accouchement, il faut faire disparaitre l'obstruction qu'ils occasionnent par l'opération jugée convenable.

Le contenu du kyste n'est pas indifférent, mais sans ponction le diagnostic est presque impossible. Si l'hydatide est unique, une simple ponction peut en affaisser la paroi ; si elle contient des vésicules filles, l'incision peut remplacer la ponction; si l'hydatide est morte et suppurée, l'ouverture de la poche crée un danger pour les suites de couches. La présence d'un foyer purulent au voisinage de plaies nouvellement créées par le traumatisme obstétrical rend les chances d’absorption de germes septiques beaucoup plus grandes.

Le volume du kyste ést très important; dans la plupart des cas il est considérable ; quand le kyste est petit, le pronostic est bon, mais il s’assorabrit quand il est grand ou qu'il en existe plusieurs.

Voici d’après nos observations la manière dont s'est passé l'accouchement dans les cas où le kyste était assez volumineux pour entraver la marche du travail :

L'accouchement fut prématuré trois fois (Park, Birnbaum, Coudert).

SL. Ne

L'accouchement fut difficile, mais spontané dix fois (Park, Roux, Frantas, Coudert).

. L'accouchement fut spontané après ponction du kyste huit fois (Park, Roux, Blot, Pauls, Späth, - Dinard, Pinard, Coudert).

L'accouchement fut spontané après ponction et incision du kyste une fois (Coudert).

L'accouchement nécessita une application de forceps après ponction deux fois (Guéniot, Birnbaum).

L'application de forceps détermina la rupture du kyste par éclatement deux fois (Doléris, Porak).

L'application de forceps termina l'accouchement sans rupture du kyste une fois (Doléris).

L'accouchement nécessita la version par manœuvres internes après application de forceps une fois (Tissier).

L'accouchement nécessita l'emploi du cranioclaste trois fois (Wiener, Brill, Frantas).

L'accouchement fut impossible deux fois (Cazeaux, Pintos Pasella).

On dut pratiquer l'opération césarienne deux fois (Puchelt, Sadler). |

Comme on le voit, la présence du kyste hydatique dans le bassin nécessite presque toujours une intervention qui facilite l'évacuation de la poche ; le plus souvent la ponction lève tout obstacle au passage du fœtus et l'accouchement se termine spontanément. Parfois pourtant, la ponction ne suffit pas et si l'utérus en travail déjà depuis de longues heures ne présente plus de contraction, l'application de forceps est dans ce cas très utile. Si le kyste se rompt sans faire issue

Mg, ee

à l'extérieur comme dans l'observation de Porak, le pronostic est moins grave puisqu'il n'y a pas de porte ouverte aux germes septiques ; sile liquide jaillit au dehors, le pronostic ne diffère pas des cas où la ponction est:employée.. 2:

L'embryotomie et l'opération césarienne comportent un pronostic beaucoup plus grave.

D'après les résultats de nos 50 observations, la femme succomba huit fois (Puchelt, Sadler, Cazeaux. Wiener, Kuchenmeister, Pintos Pasella, Dinard, Tissier, Pinard) ce qui nous donne une moyenne de 25 oo sur 33 cas rapportés. |

Le pronostic pour la mère parait donc sérieux, mais il ne faut pas non plus l'exagérer. Dans les deux observations de Puchelt et Sadler il y eut erreur de diagnostic : on crut à une tumeur solide et on pratiqua l'opération césarienne. Or, on sait que cette opération dans la première moitié de ce siècle était presque toujours mortelle. N’aurait-on pas pu éviter de recourir à cette opération par un traitément mieux approprié ? Les renseignements cliniques sont nuls ou insignifiants dans les observations de Cazeaux et Kuchenmeister. Les cas de Wiener et de Pintos Pasella re-. latent des difficultés exceptionnelles. Les cas de Tissier, Dinard et Pinard nous donnent des renseignements suffisants pour nous faire croire que la rupture de l'utérus et l'infection produisant les lésions de la péritonite aiguë sont les causes qui déterminent habituellement la mort de l’accouchée.

Quant aux suites de couches, il n’y a dans la plu-

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