DIAGNOSTIC
Le diagnostic des kystes hydatiques du bassin se fait ordinairement par exclusion. Bien souvent la parturiente ne se doute même pas qu'elle a une tumeur pelvienne ; aucune douleur n'attire auparavant son attention ; il faut que l'accouchement soit rendu im possible et que des accidents consécutifs surviennent pour qu'elle en ait Connaissance.
On reconnait un kyste hydatique à l'absence de signes réactionnels, aux caractères de la tumeur qui est lisse, arrondie, rénitente, jouissant d’une mobilité très limitée, à sa multiplicité et dans quelques circonstances favorables au frémissement hydatique et à la constitution physique, chimique et microscopique du liquide qu'il contient, mais ces deux derniers signes importants manquent trop souvent pour qu'on puisse d'emblée diagnostiquer cette affection.
Le diagnostic différentiel doit être fait avec les autres tumeurs du petit bassin qui constituent aussi une cause assez rare de dystocie.
Les tumeurs solides malignes se distingueront euffisamment des kystes du bassin par ies symptômes graves qui les accompagnent, par leur marche rapide, par la cachexie qu'elles produisent, par les douleurs
qu'elles provoquent, indépendamment de celles qui résultent de la compression ou de la destruction des organes voisins.
Parmi elles le sarcome kystique est la seule tumeur offrant avec le kyste hydatique quelques analogies. Mais il siège surtout sur les os de la ceinture pel-. vienne ; sa consistance est très dure par places, très molle en d'autres ; il est inégal, fluctuant, bosselé, adhérent.
Les tumeurs solides bénignes intra-pelviennes présentent avec les kystes du petit bassin quelques phénomènes communs : leur marche est lente ; ia santé des malades peut rester bonne ; elles sont indolentes ou ne provoquent des douleurs que sl compression à la façon des kystes.
Les chondromes sont des tumeurs cCirconscrites, très mamelonnées, de consistance très dure et élastique mais qui n’est pas égale partout ; on rencontre par places une résistance qu'on ne retrouve jamais dans un kyste hydatique.
Les fibromes du vagin qu'on devrait plutôt appeler polypes font toujours une saillie plus ou moins prononcée dans la cavité vaginale : les kystes hydatiques ne présentent jamais cette apparence.
Les fibromes utérins se distinguent par leur mobilité et par les troubles menstruels qu'ils produisent,
Le toucher vaginal et la palpation abdominale permettent souvent de les déplacer; on sent qu'ils font corps avec l'utérus ou qu'ils lui sont unis par un pédicule ; les hémorrhagies fréquentes dans les fibromes
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Sont très rares dans les kystes qui ne s'accompagnent en général que de troubles menstruels légers. En même temps à la palpation abdominale, on perçoit souvent pour les fibromes des bosselures, des inégalités, souvent même la tumeur semble bilobée, elle est quelquefois formée par plusieurs tumeurs plus petites accolées à l’autre.
Pendant la grossesse, les fibromes se ramollissent et ont alors une consistance analogue à celle des kystes ; ils sont souvent multiples, aussi lorsque dans certains cas comme celui de Pinard, on constate au palper la présence de tumeurs paraissant adhérentes à l'utérus et semblant durcir pendant la contraction et si l’on veut bien se rappeler que les tumeurs fibreuses sont beaucoup plus fréquentes que les kystes hydatiques, la ponction seule peut dans ces cas établir le diagnostic.
Mais c'est surtout avec les tumeurs liquides que l’on peut confondre les kystes du petit bassin.
Je ne fais que mentionner le thrombus du vagin que le siège, le développement rapide et les phénomènes généraux qui l’accompagnent feront aisément recon- -naître.
Les kystes muqueux du vagin présentent absolument les mêmes signes que les kystes hydatiques; la ponction seule peut établir le diagnostic.
Les abcès se reconnaitront facilement à la douleur et aux phénomènes inflammatoires qu'ils présentent.
C'est surtout avec les kystes de l'ovaire que le diagnostic offre de grandes difficultés. Sans doute lorsque la tumeur siège dans la cloison recto-vaginale où en
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un autre point du bassin, la détermination précise de la:
situation qu'elle occupe, peut permettre d'exclure l'idée d'un kyste de l'ovaire, mais ces tumeurs peuvent présenter la même forme, la même indolence, la même absence de phénomènes généraux, les mêmes caractères physiques, la même marche. Dansce cas la ponction exploratrice seule peut faire le diagnostic ; encore ne faut-il {a tenter que si elle est nécessaire pour lever l'obstacle opposé par la tumeur à la descente de la partie fœtale.
Mais habituellement la consistance du kyste de l'ovaire n'est pas la même ; elleest moins dure, moins élastique ; la fluctuation est facile à percevoir ; l'évolution est plus rapide ; les kystes de l'ovaire remontent beaucoup plus vite vers la cavité abdominale, enfin leur surface est souvent inégale et bosselée.
Le diagnostic de kyste hydatique du bassin n’est donc pas facile à faire; si l'on peut arriver à reconnaître une tumeur liquide, il est souvent impossible d'en préciser la nature, ce qui n'a d’ailleurs qu'une importance relative au point de vue obstétrical, puisque la ponction nécessaire pour faciliter l'accouchement nous permet de reconnaitre la nature du liquide du kyste.
Dans certains cas lorsque le kyste est mort, il est le siège d'inflammation et de suppuration. Il est alors facile de le confondre non seulement avec un abcès, mais même une autre tumeur liquide puisque l'évolution peut être aussi latente que dans les cas où l'hydatide est vivante, cé que nous montre bien l'observation
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