OBSERVATIONS
OBSERVATION I (Boissard et Coudert).
Femme N... Jeanne, 27 ans, mécanicienne.
Antécédents héréditaires : nuls Antécédents personneis : enfance maladive. Troubles digestifs continuels qui s’accentuèrent vers l’âge de 15 ans. À ce moment, apparition de douleurs plus vives dans la région du foie et du creux-épigastrique. Pas de coliques hépatiques ni d’ictère. Peu à peu la région hépatique se déforme, augmente de volume, les douleurs deviennent plus aiguës et la malade entre à l'hôpital Tenon en août 1890. M. Richelot l’opère par Japaratomie médiane susombilicale d’un kyste hydatique du foie. Fistule ayant suppuré pendant 3 mois. Guérison.
Première apparition des règles après être sortie de l’hôpital à l’âge de 19 ans et demi.
À aucun moment la malade n’accusa de troubles du côté de l'appareil génital.
Première grossesse à l’âge de 20 ans. Accouchement à 8 mois.
Travail pénible ayant duré 48 heures. Application de forceps. Extraction d’un enfant vivant, mort de méningite à 18 mois.
IAE
Deuxième grossesse. La femme se présente le 13 mars 1809 à la Maternité de Tenon; depuis son premier accouchement et pendant le cours de cette grossesse aucun trouble fonctionnel n’a attiré l'attention de la malade. À aucun moment, il n'y a eu de troubles de la miction ou de la défécation.
La grossesse est près de terme, les dernières règles remontent au 23 juin Ce matin 13 mars à 8 heures, elle a perdu Je eaux après avoir souffert une partie de ja nuit.
L'utérus est le siège de contractions douloureuses et remonte presque jusqu'aux fausses côtes; il paraît élevé et comme refoulé en avant: le fœtus est vivant, l'extrémité céphalique au niveau du détroit supérieur.
Le toucher vaginal conduit immédiatement sur une masse qui rétrécit considérablement la cavité du petit bassin: cette masse a une surface lisse; elie est oblongue, à grand axe antéro-postérieur. La consistance est uniformément dure, sans fluctation évidente : elle parait immobilisée et collée sur la face antérieure du sacrüm; un sillon le sépare de la face postérieure de l’utérus. | |
Le col assez facilement accessible s'est effacé, l'orifice dilaté comme une pièce de $ francs.
La femme est mise sous le chloroforme et portée sur le lit d'opération. .
En faisant le toucher manuel on reconnaît que la tumeur pelvienne qui paraissait, au premier abord, dépendante de l’utérus, ne présente avec lui aucune connexion; on ne peut ni la mobiliser, ni la remonter, car elle semble implantée sur la face antérieure du sacrum.
* On ténte inutilement une application de forceps, mais pen-
dant les tractions, la tumeur se tend encore davantage, descend légèrement en entrainant la paroi postérieure du vagin; on fait alors au point le plus saillant une ponction qui ne ramène que très peu de liquide jaunâtre; en se servant du gros trocart de l’appareil Potain, on sent au moment de chaque aspiration une sorte de choc se produire à l'extrémité de la canule qui semble libre, mais bouchée ; on pense qu'il s’agit d’une tumeur kystique et vraisemblablement d'une tumeur hydatique ; on effondre alors le cul-de-sac postérieur et on agrandit l'orifice avec une pince dont les branches sont écartées.
Du liquide clair s'écoule en petite quantité entraînant un grand nombre de vésicules de volume variable.
Extraction facile d’un fœtus du poids de 2.800 grammes, né en état de mort apparente, ranimé seulement au bout de 3 heures et mort le surlendemain.
Délivrance naturelle et spontanée. On fait alors une injection de sublimé à 0.2$/1.000 dans la cavité utérine et dans la poche kystique.
Suites de couches physiologiques ; le 26 mars, c’est-à-dire 13 jours après l’accouchement, la femme veut partir sans qu'on puisse la retenir.
A l’examen, on trouve alors dans la fosse iliaque gauche une masse non douloureuse régulière, remontant jusqu’à la hauteur.de l'épine iliaque antérieure et supérieure.
Le toucher révèle derrière le colet directement accolée à lui, une tumeur bosselée dure et tendue en arrière de laquelle la paroi postérieure du vagin se laisse déprimer profondément.
Troisième grossesse. Bien qu’il ait été recommandé à la malade de revenir se faire examiner dans le service ou de se faire
RS
opérer par un chirurgien, elle n'en fit rien et revint seulement pour accoucher le 17 août 1900, à 10 heures du soir.
Epoque présumée de la grossesse 6 mois et demi; date de la dernière apparition des règles, inconnue. Rupture spontanée des membranes le 14 ‘août, à 10 heures du matin, apparition des premières douleurs le 16 août, à minuit.
Au palper, l'utérus parait développé comme à 6 mois et demi. La tête petite, est très mobile au dessus du détroit supérieur. Présentation du sommet en OI GT. Bruits du cœur normaux.
Au toucher, la paroi vaginale postérieure bombe très forte-
ment. Le vagin est presque complètement obstrué par une
masse volumineuse, tendue et résistante. La cloison rectovaginale est dédoublée. Le cul-de-sac de Douglas paraît plein. En glissant le doigt derrière la symphise, on arrive péniblement à sentir le col utérin, dilaté dans des proportions difficiles à apprécier. A travers l'orifice utérin, on arrive directement sur le cuir chevelu du fœtus.
Le palper combiné au toucher ne donne pas de renseignements spéciaux quant au volume et aux connexions de la poche fluctuante. On constate seulement que l'utérus est très fortement incliné vers la droite.
Le diagnostic posé, étant donnés les antécédents de la malade est : kyste hydatique du bassin et comme le fœtus malgré son petit volume, ne peut s'engager, on intervient.
Une première valve est appliquée sur ce qui reste de la cloison recto-vaginale; une seconde soulève la paroi antérieure du vagin.
Une ponction est faite sur la partie centrale de la tumeur à l’aide du plus gros trocart de l'appareil Potain et du pus très