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Lariboisière pour un kyste hydatique du foie qui se ‘serait brusquement rompu. Le rétablissement fut rapide. Devenue enceinte dans les premiers jours de mai 1896, cette femme vit sa grossesse évoluer sans complication. Elle fut prise de douleurs le 24 décembre à 10 heures du soir et les douleurs ne cessèrent pas jusqu’au lendemain, s'accompagnant de vomissements incessants Dans la soirée du 25, tout d'un coup le travail s'arrêta et la parturiente fut saisie d’une grande faiblesse en mème temps s'écoulait un peu de sang par la vulve. On l’amena le lendemain matin 26, à l'hôpital Saint-Louis vers midi, toujours perdant du sang. Depuis la veille, les douleurs n'avaient pas reparu ; la malade apyrétique était pâle, sans pouls, prête à se trouver mal. Le ventre énormément distendu était tout marronné de saillies nombreuses irrégulières, de consistance semi-dure. Le palper très difficile, ne permettait
pas de reconnaître la disposition fœtale. Auscultation négative. | Par le toucher, on rencontrait une tête élevée. À ce moment, en présence de l'état très grave de la mère, il importait de terminer l’accouchement le plus rapidement possible.
Une première et une deuxième application üe forceps ayant échoué, on fit la version qui présenta quelques difficultés au moment de l'extraction de la tête dernière; l'enfant était mort.
Après la version, la main introduite dans les voies génitales traverse le vagin et pénètre dans une vaste cavité sans limites définies, hérissée d'une multitudes de bosselures arrondies, au nombre d'une quârantaine, variant des dimensions d’une noix à celles d'une grosse pomme. Ces masses sont reconnues après section de l’une d'elles à la vulve et examen de son con-
tenu pour des kystes hydatiques multiples.
Le docteur Tissier constate la rupture utérine produite la veille au soir, d’après les renseignements fournis par un médecin de la ville : large rupture utérine siégeant sur le côté droit de la matrice, permettant de pénétrer directement dans la cavité abdominale.
Le placenta est perdu dans la profondeur de l'abdomen ; l'état général est des plus graves, la rupture date de 18 à 20 heures. Ïl convient de faire la laparotomie, l'extraction du délivre et l'opération de Porro ou telle autre intervention que la constatation directe indiquera. Mais les forces qui avaient toujours été déclinant diminuent en dépit des injections de sérum artificiel, de l'oxygène, de la caféine et de l'éther et quand le docteur Bar, mandé pour aider à l'intervention, arriva à l'hôpital, la malade agonisait et ne tardait pas à succomber. g
On trouva à lautopsie en même temps que la rupture de l'utérus, diverses tumeurs superposées à la couche du muscle et développées dans le tissu conjonctif sous-séreux ; l’une d'elles occupait le cul-de-sac de Douglas et avait joué dans l'accouchement un rôle dystocique important ; le foie très
déformé portait à sa face inférieure un kyste gros comme une :
tête d’adulte.
OBSERVATION V (Doléris).
Au commencement de l’année 189$, un médecin fut appelé
par une femme en travail, la tête ne s’engageant pas, il fit
Ou =
plusieurs tentatives d'application de forceps sans succès et appela le docteur Laurens. Une dernière tentative fut faite. Dans les premières tractions un peu énérgiques, on constata que l’anus bombait énormément et qu’une tumeur à paroi gri- .Sâtre tendait à faire saillie à l'orifice anal. On continua les tractions pour accentuer la sortie de cette masse qui se fit en même temps qne celle de la tête. Elle fut ensuite extraite du rectum et le pédicule fut entouré d'une solide ligature à la soie. Le liquide était puriforme; l'accouchement se termina heureusement. Jamais la malade n'avait éprouvé de symptômes en rapport avec un abcès pelvien. La paroi du kyste était épaisse, uniforme, rappelant celle du kyste hydatique. Ce cas, bien que la preuve histologique n'a pas été faite, ressemble tellement par l’examen des pièces aux cas analogues celui de Guéniot entre autres que nous avons cru bon de l'ajouter aux | autres observations.
OBSERVATION VI (Dinard). Journal des Sages-femmes 1887.
Tumeur hydatique de la fosse iliaque compliquant une grossesse. Au moment du travail, la tumeur descend dans la cavité vaginale où elle est ponctionnée. L’accouchement se
termine normalement ; l’opérée meurt d'infection.
OBSERVATION VII (Porak Gaz. hebd. méd. chir., 1864.)
Il s'agit d’une femme de 20 ans doreuse, primipare à terme.
Malgré la dilatation complète et les contractions utérines répétées et violentes, le travail ne se terminait pas. L'enfant se présentait en O I D A. L’obstacle à la descente de la partie fœtale était dû à la présence d'une tumeur rénitente, siégeant à la face interne et latérale de l'excavation pelvienne. Elle était assez dure pour qu'on pût hésiter entre un fibrome ramolli comme cela arrive pendant la grossesse et une-tumeur liquide (kyste ou thrombus). Comme elle n'était pas très volumineuse, on fit une application de forceps. A la suite de quelques tractions très modérées, on vainquit brusquement la résistance qui s’opposait au dégagement de la tête. Au moment où la tumeur de l'excavation pelvienne disparaissait, la grande lèvre correspondante doublait au moins de volume. Il s'agissait donc d'un kyste qui venait de se rompre dans le tissu cellulaire de la grande lèvre, après avoir détruit l'obstacle qui lui était opposé par les aponévroses du périnée.
L’extraction de l'enfant ne présenta dès lors aucunedifficulté : celui-ci pesait 3,100 grammes. La délivrance fut normale, les suites de couches furent bonnes sans que la température prise tous les jours dénotât une élévation supérieure à 38 degrés. : L'œdème qui occupait la grande lèvre se dissipa progressive-
ment en trois jours. La malade quitta l'hôpital dans un état.
satisfaisant.
Le fond de l'utérus remontait à deux doigts au dessus de la symphyse ; le kyste était reconstitué ; il avait le volume d’une mandarine et occupait un siège plus élevé que celui qui avait été constaté au moment de l'accouchement.
Un mois après avoir quitté le service, elle fut atteinte d’un
abcès pelvien du côté droit qui fut ouvert, la guérison ne suivit
pas cette opération ; l'inflammation gagna même la grande lèvre droite où on dut pratiquer de nouvelles incisions.
Cinq mois après, elle rendit par le rectum à la suite d’épreintes et de douleurs dont elle compare le caractère et la violence à celles de l'accouchement, du sang, du pus et une membrane qui, après examen, fut reconnue pour une membrane
hydatique.