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soit dans le même organe, soit dans des organes diftérents, soit enfin à la surface d'un revêtement scéreux des kystes ‘hydatiques multiples contemporains ou d'âge différent, il fallait considérer ces kystes comme des manifestations multiples d'une invasion ou d’invasions répétées d'embryons hexacanthes et non comme des greffes empruntées à un premier kyste par rapport à celui-ci. |
M. Ricard apportait alors l'observation d'une malade opérée par Péan d’un kyste hydatique qui avait été dilacéré et dont le contenu s'était vidé mi-partie par le vagin, mi-partie dans l'abdomen. Lorsqu'il l'avait opérée à nouveau quelque temps. après, il avait trouvé l'abdomen farci de kystes hydatiques. « Je ne « puis, dit M. Ricard, que rattacher cette RE te € au traumatisme antérieur ; quelque opinion que l'on « puisse se faire à ce sujet, 1l est difficile de penser « qu'elle eût eu lieu sans cette dilacération du kyste « qui sema une foule de vésicules dans l'abdomen et
« l'on est bien forcé de reconnaitre qu'il y a eu là une
« sorte de greffe. »
M. Potherat répondait ainsi : « Pour que le fait que rapporte M. Ricard ait la valeur qu'il lui attribue, il faudrait qu'il fût bien certain qu’au moment de l'intervention de Péan il n’y avait pas de kystes hydatiques même au début de leur développement et qu'il n'y a pas pu y avoir d'intoxication parasitaire consécutivement à cette intervention. »
M. Quénu communiquait ensuite l'observation d'une jeune femme de 25 ans qu’il avait opérée par incision
Le
et drainage d’un énorme kyste hydatique du foie renfermant six litres de liquide. La cicatrisation complète avait exigé cinq mois. Dix-huit mois après l'opération, la malade s'était aperçue de l'existence à l'extrémité inférieure de l'incision d'une petite boule qui fut ensüite reconnue pour un kyste hydatique.
« Comment douter que ce kyste n'ait été le résultat d'une greffe effectuée au moment de la première opération ? Faudrait-il admettre d'après la théorie admise par M. Potherat que concomitamment les hexacanthes ont il ya trois ou quatre ans ou depuis infecté en même temps le foie et une portion de peau qui devait être juste le point déclive de l’incision opératoire? Cette hypothèse, d’une pure coïncidence ne tient-pas debout ici. Cette observation me paraît avoir la valeur d’une expérience et démontrer la greffe possible des vésicules hydatiques Quénu ». M. Routier citait alors l'observation d'un malade opéré de kyste hydatique du foie par Hartmann auquel il avait ensuite enlevé la première fois deux grandes vésicules de la grosseur d'une noix, existant au-dessous de la cicatrice et Ja seconde fois un nombre considérable d'hydatides formant une grappe partant du tissu cellulaire souscutané et remontant jusqu'à la vésicule biliaire qui avait aussi été réséquée.
M. Tuffier rapportait le cas d’une jeune fille opérée par Mmarsupialisation d’un énorme kyste hydatique du foie qui avait présenté, deux mois après, un kyste Sous-dermique formé par une grosse vésicule comprise
dans la cicatrice, vésicule transparente renfermant un liquide eau de roche.
Enfin, M. Broca räpportait l'observation d'un enfant porteur d’un kyste hydatique du foie que Jalaguier se proposait d'opérer lorsque le gamin, en faisant des cabrioles dans la cour, s'était contusionné l'abdomen contre un banc; quelques mois après, il avait trouvé des kystes multiples de l'abdomen produits par grefle consécutive à la rupture de la poche primitive.
M. Broca rappelait, en outre, les expériences de Riemann qui avait injecté du liquide hydatique frais et implanté des vésicules filles dans le péritoine de treize lapins et un chien. Le liquide n'avait donné aucun résultat ; et si un certain nombre de vésicules filles avaient péri, d’autres s'étaient bien développces et étaient même capables de former des vésicules filles (Beitr. zur klin. Chir. 1899, t. XXIV, fasc. [).
A l'appui de tous ces faits, nous pouvons, de notre côté, ajouter les observations de Coudert, de Pinard et de Tissier relatant des cas de dystocie par kyste hydatique du bassin. Dans le premier cas, la malade avait été opérée par M. Richelot d'un kyste hydatique du foie ; dans les deux autres, l’autopsie avait révéle un kyste du foie qui était le lieu d'origine des autres kystes trouvés dans l'abdomen et le bassin. Dans l'observation de Pinard, en particulier, la grappe des neuf kystes reliés à l'épiploon par des adhérences vasculaires semblait bien prendre naissance de la face antcrieure du foie.
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Il nous semble donc que, malgré l'opinion de quelques auteurs qui n’admettent pas la théorie de Hunter, l'explication du développement des kystes hydatiques du bassin par greffe de vésicules filles issues le plus souvent du foie est parfaitement acceptable.