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Elle vaut bien, dans tous les cas, celle d'Esope et de la Chienne (1), à laquelle on a fait les honneurs du recueil : « Comme Ésope revenait de souper, une chienne hardie et prise de vin aboya après lui. Alors il lui dit : 0 chienne, chienne, si au lieu de cette méchante langue tu achetais du blé, tu me paraîtrais agir avec sagesse. « Excluton la première, parce qu'Aristophane distingue les fables ésopiques des fables sybaritiques ?
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Mais à ce compte, il faudrait exclure aussi la fable de Y Oiseau percé d'une flèche , puisque Eschyle la donne pour une fable lybienne. Ces exclusions prouvent qu'on ne se rend pas bien compte de la manière dont les recueils qui nous sont parvenus se sont formés , ni du peu d'importance qu'il faut attacher à ces distinctions d'ésopiques, de sybaritiques, de lybiennes, etc.
Dès le milieu du VIe siècle, il s'était répandu en Grèce une quantité assez considérable de fables portant des noms différents et peut-être de provenance diverse. Mais si elles étaient différentes
(1) Guêpes, 1405-1401. — Cor., n° 1213. Il est à supposer, si c'est là vraiment une fable courant sous le nom d'Ésope au temps d'Aristophane, qu'au lieu d'une chienne hargneuse et ivre c'était une femme.
(2) Ji/., 1258. o Ou bien tu dis quelque bon mot, un trait plaisant d'Ésope ou d'un Sybarite.
quant au nom et au lieu d'origine, il n'y avait pas entre elles de différence spécifique bien marquée , de sorte qu'un jour ou l'autre elles pouvaient se confondre sous une dénomination commune et être rapportées artificiellement à un seul et même auteur. De même qu'Aristophane nous donne déjà pour ésopique une fable qui était certainement et qu'il savait être d'Archiloque , les faiseurs de recueils mirent sous ce nom d'Ésope , devenu populaire , toutes les œuvres de ce genre qu'ils purent réunir. C'est ce que nous disent formellement les rhéteurs , les seuls dans l'antiquité qui se soient occupés théoriquement et historiquement de la fable. « Les fables, écrit le rhéteur Théon, sont appelées ou ésopiques, ou libyennes, ou sybaritiques , ou phrygiennes , ou ciliciennes , ou kariennes , ou égyptiennes ou cypriennes. L'unique différence qui existe entre elles, c'est le genre propre qui est marqué en tête, comme Esope a dit , ou bien un homme de Libye , un Sybarite ou une femme cypriennr a dit, et ainsi pour les autres. S'il n'y a pas d'en-tête ajouté qui indique le genre de telle fable, nous lui donnons plus généralement le nom d'ésopique. Quant à ceux qui disent que telles fables sont composées d'hommes, telles autres de bêtes, telles de faits possibles, telles autres de faits impossibles, ils me paraissent faire des distinctions puériles. Car dans toutes les espèces nommées ci-dessus se trouvent tous ces caractères (sv ~2s-. yàp ?oïq îcpoetpvjuivotç etalv y-y.-zv. v. tôéai). Ou qualifie généralement les