‹ De la facilité d'opérer sous anesthésie générale par rachicocaïnisation lombo-sacrée les sujets très épuisés ou cachectiquesChapitre 18 sur 42 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(M. Le Filliâtre, Journal de Médecine de Paris

du 4 janvier 1915.)

M. R..., cinquante-quatre ans, entre au dispensaire du Kremlin-Bicêtre, au début de 1907,pour néoplasme de l'æœso-— phage. Son père est mort d'un cancer de l'estomac à quarante-cinq ans, sa mère de fièvre thyphoïde à cinquantehuit ans, un frère est mort d'un cancer de la gorge à cinquante-trois ans. Marié depuis trente ans, il a une femme.

et des enfants en excellente santé. Il s'est toujours très biem

porté; mais depuis le mois d'octobre 1906, il commence à avoir de la difficulté pour avaler les aliments, puis les liquides passent eux-mêmes avec peine et depuis trois jours, il n’est absolument passé aucun aliment. Je lui fais une gastrostomie sous rachicocaïnisation ; évacuation : 25 centimètres cubes, injection de solution cocaïnée: 2 centimètres cubes. Le lendemain même de l'opération on nourrit le malade avec une sonde molle au moyen de jaunes d'œufs et de bouillon. Le malade ne tarde pas à quitter le dispensaire et s’alimente lui-même ; sa bouche stomacale

laisse passer un peu de suc gastrique qui ulcère la peau.

OBSERVATION VIII (M. Le Filliâtre Journal de Médecine de Paris

du 4 janvier 1913.)

Compression de l'œsophage par anévrisme aortique. — Gastrostomie

M. B..., m'est envoyé par le D' Francon, pour un rétrécissement de l’œsophage siègeant au niveau de la crosse de J’aorte, comme nous l’a montré l'excellente radiographie du D' Deslongchamps, et présentant un état de maigreur extrême, la peau collée sur les os. Ce malade périclitait par

‘inanition ; je lui fis, le 27 janvier 1910, une gastrostomie en un temps, avec anesthésie par rachicocaïnisation.On évacue 18 centimètres cubes de liquide et on injecte 3 centimètres cubes de solution de cocaïne.

L’anesthésie est tres bonne. Après l'opération, on observe encore l’insensibilité de la face et de la cornée.

Dès le soir, le malade est alimenté. Les suites de l’opéra-

M An

tion sont excellentes. Le malade reprend rapidement ses

forces et meurt brusquement plus tard,en quelques secondes :

de la rupture de son anévrisme. Malgré l’état de son cœur, malgré l’état de son aorte, malgré sa grande faiblesse, ce malade a pu subi une grosse laparotomie sans la moindre gêne. À

La bouche gastrique laissait passer un peu de suc gastrique

qui ulcérait la peau.

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