‹ De la facilité d'opérer sous anesthésie générale par rachicocaïnisation lombo-sacrée les sujets très épuisés ou cachectiquesChapitre 29 sur 42 · DATA · texte numérisé non relu

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M. H... ne présente rien de particulier en ce qui concerne les voies génito-urinaires, jusqu'en 1895, où il accuse des mictions fréquentes légèrement douloureuses avec urines très claires, non odorantes ; il consulte alors un chirurgien, le D: Poirier, qui songe à un rétrécissement de l’urètre et conseille la dilatation du canal au moyen de bougies olivaires n° 17, que le malade se passe lui-même, sans même les faire bouillir ; ce traitement, en outre d'une uréthrorragie assez importante, n'amène souvent aucun soulagement, au contraire, et le 12 décembre 1896, M. H... consulte un autre chirurgien des hôpitaux, qui porte le diagnostic de cystite et inscrit en tête de son ordonnance : « Canal bibre,lobe moyen de la prostate un peu développé ; rien par le toucher rectal ; mictions en plusieurs temps, fréquentes et pénibles, plus fréquentes par longues marches,urines louches en totalité », et, comme traitement, ordonne des lavages de la vessie à l’eau boriquée et au nitrate d'argent à 1/100.

Le soir même de cet examen, le malade présente un frisson irès prolongé, avec fièvre.

A partir de cette époque, jusqu’au moment de l’opération, «’est-à-dire pendant onze ans, le malade se sonde plusieurs fois par jour. Ce traitement continué pendant trois ans environ, n’amène aucune anélisration et, en septembre 1907, M. H... consulte un médecin qui pratique sur le malade des instillations avec : Nitrate d'argent, eau oxygénée, oxycyanure de Hg; protargol, goménol, eau d’Albony, phénosalyl: Sur ces traitements, la cystite s'aggrave et le malade est “obligé de se sonder régulièrement quatre fois par jour, toutes les six heures environ.

Janvier 1907. — Dix ans après le début de ces accidents

“wésicaux, l’état général est devenu mauvais, le malade est

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déjà un vieil urinaire infecté et les sondes passant de plusen plus difficilement, le malade descend peu à peu du numéro 16 au numéro 12.L'urine est d’abord très trouble, très fétide et ce malade est obligé de se sonder toutes les trois heures. Un examen d'urines pratiqué à cette époque révèle la présence de 30 grammes de glucose qui disparaissent par la suite complètement. À ce moment, le malade se soumet à cinquante séances d'électricité sans résultat appréciable.

A ce moment-là, la marche, le séjour en voiture non caoutchoutée, la descente d'un escalier amènent des envies d'uriner très douloureuses et non suivies de résultat ; les urines, très fétides, laissent déposer au fond du vase un dépôt très abondant et très adhérent, parfois on remarque quelques caillots de sang. |

En octobre 1907, j'examine M. H... en collaboration avec un de nos urinaires de province bien connu, qui,à ce moment se trouvait chez moi ; l’état général était loin d’être brillant et après cet interrogaloire du malade, je songeais à une cystite purulente calculeuse remontant déjà à pas mal de temps, aussi nous lui passions aussitôt, mon ami et moi, l'explorateur Guyon qui nous permettait de constaler un nid de calculs. ‘

Vu l'état général du malade, vu l'état de cette vessie atteinte de cystite purulente depuis douze ans environ, vu la diminution notable de l'urée et des phosphates, la présence de 2 gr. 7 d'albumine par vingt-quatre heures, le volume des urines émises en vingt-quatre heures : 2 litres à 2 lit. 1/2, leur dépôt abondant, grisàtre, épais et visqueux, leur odeur très fétide, la quantité notable de bile dans les urines, considérant la plus grande sécurité que donne la taille hypogastrique dans ces mauvais cas, je n'hésitais pas à lui pro-

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poser cette opération, que le malade acceptait aussitôt, mais en me demandant de ne pas toucher à sa prostate dont la lobe moyen, au cathétérisme, paraissait hypertrophié, le toucher rectal montrant une prostate de dimensions normales. ;

Le 29 octobre 1907, après avoir lavé moi-même cette ves- “sie au nitrate d'argent à 1/000 pendant plusieurs jours, et avec la solution boro-biboratée du Dr Guyon,je pratiquais une taille sus-pubienne longitudinale avec anesthésie parfaite à la rachicocaïne après évacuation de 25 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien et injection de 2 centimètres cubes de notre solution de cocaïne à 1/50.

Malgré une incision longitudinale de 10 centimètres, à partir du pubis, l'intervention est plutôt difficile à cause de l’'épaisseurde la paroiabdominale, et du degré de sclérose avancée de la vessie. Cependant tout se passe bien, el nous retirons 4 calculs. Après avoir bien visité et nettoyé cette vessie, je la refermais avec deux plans de suture à points séparés, le premier au catgut n°o et le deuxième à la soie n° 1, fermeture de l'abdomen avec un drain n° 25 dans la cavité de Retzius, sonde n° 18 Guillard à bout coupé dans la vessie : le D' Risacher est chargé, à partir de ce moment, de suivre le goutte à goutte,et de laver cette vessie. La sécrétion urinaire se montre parfaite aussitôt l'opération, les urines,au bout de douze heures, ne sont plus sanguinolentes. Le volume des urines, le premier jour, atteint 900 centimètres cubes pour varier dorénavant les. jours suivants entre 900 et 1000, la polyurie disparaissant done aussitôt notre intervention.

Les suites sont simples, et notre malade sort de la maison

de santé du Sergent-Hoff le vingt et unième jour, sans fis-

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tule, la plaie abdominale complètement cicatrisée. Pendant les mois qui suivent, on maintient, régulièrement et quotidiennement, les sondages et les lavages de la vessie au nitrate d'argent à I pour 2000, en commençant partrois lavages ‘par jour pour diminuer jusqu'à un lavage par jour pendant le mois qui a précédé sa mort. À remar— quer que les urines étaient redevenues très claires, sans aucune odeur à l'émission quelques semaines après l'opération. Remarquons néanmoins que M. H... a présenté des crises très légères de pyonéphrose et de moins en moins fréquentes, il est vrai, depuis l'intervention pour disparaître complètement un bon mois et demi avant sa mort,ces crises, qui se traduisaient par une douleur lombaire sourde, localisée le plus souvent à droite avec élévation brusque detempérature et stade de frissons et de sueurs,duraient vingtquatre heures au plus et se terminaient par une crise de polyurie trouble le lendemain.

L'état général de cet opéré était devenu si satisfaisant que: M. H... avait bien vite repris ses occupations journalières, que la marche même prolongée (course de trois heures au Bois de Boulogne) que le séjour en voiture, ne lui causaient

plus aucun trouble. .

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