‹ De la facilité d'opérer sous anesthésie générale par rachicocaïnisation lombo-sacrée les sujets très épuisés ou cachectiquesChapitre 30 sur 42 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Deuxième cas : double lithotritie à quinze jours d'intervalle

chezun vieillard cnchectique.

M. M... âgé le soixante-quinze ans,malade du D" Lepaîtrede Bessancourt, ne présenteaucune maladie jusqu'à soixante

ans. À cet âge, en 1893, blennhorragie d'une durée totale de

dix à quinze jours, très douloureuse. Le malade ne se souvient pas avoir observé de goutte après sa blenvorragie, mais d'avoir, dès cette époque, éprouvé quelques difficultés dans la miction.

En 1901, le jour de la Pentecôte, après un repas copieux, première crise de rétention. Sondé d’abord par lé D' Katz,de Pontoise, puis par lui-même une fois par jour pendant environ six semaines ; en 1905, 15 février, deuxième crise pour

laquelle, ilestsondé pendant dix jours. À partir de ce moment,

les urines restent troubles ; troisième crise en 1905 à partir

de laquelle, le malade doit se sonder continuellement. Depuis trois ans, les douleurs qui, jusque-là, avaient été modérées, augmentent au point de devenir intolérables.

Quand le Dr Lepaître vit ce malade en mars 1908, il souffrait atrocement, le jouret la nuit, se sondait jusqu’à vingt fois par vingt-quatre heures et même davantage; il avait des urines très fétides. purulentes, ne dormait plus, mangeait mal, maigrissait, avait le teint terreux, le pouls rapide, la langue sale.

il présentait en somme, le tableau d’une cachexie assez avancée et, par son extrême maigreur, aurait pu faire croire à un carcinomateux.

En avril 1908, j'examine ce malade et porte le diagnostic de gros caleul de la vessie et après une préparation de quelques jours (lavage de la vessie au nitrate d'argent), je pratique, sur la demande de son médecin, une lithotritie avec anesthésie, par rachicocaïne.

L'intervention, grâce à la rachicocaïnisation, se fait assez facilement malgré le gros volume du calcul dont les dimensions appréciées me donnaient des craintes au sujet de la

prise de ce calcul ; en effet, la seule prise possiblene pouvait

ns Le

se faire que suivant un certain axe, ce calcul, à sa prise, mesurait 6 centimètres passés.

Les suites sont simples, bien que ce malade ait eu des urines sanguinolentcs pendant cinq jours, ensuite les urines deviennent claires, il n’y a jamais eu de température, la langue a toujours été humide,la sécrétion urinaire parfaite et au dixième jour, je m’apprêtais à renvoyer ce malade, quand je m'aperçus que ma sonde rencontrait un nouveau

calcul de la grosseur d’une noisette, siégeant dans la

région du col, bien que cependant après ma lithotritie,

j'eusse vérifié méticuleusement cette vessie. Je fis une nouvelle lithotritie avec seconde anesthésie par rachicocaïnisation ; cette deuxième intervention se passe parfaitement et, huit jours après, je renvoyais ce malade de ma maison de santé.

J'ai demandé dernièrement des nouvelles de cet opéré à son médecin et voici ce que me répondle D' Lepaître.

«Depuis l'opération, jamais de douleurs, les forces et la santé sont revenues, le malade, malgré son âge, mange et dort bien, il a l'œil vif, le tient frais, il jardine ou s'occupe chez lui, mais ne se repose jamais dans la journée (remarquez que ce malade à soixante-quinze ans, cachectique,a été rachicocaïnisé deux fois dans l’espace de quinze jours) il est encore obligé de se sonder cinq fois par vingt-quatre heures; mais, dans la position accroupie, en allant à la garde-robe par exemple, il urine sans le secours de la sonde. Les urines sont à peine troubles, bien que le malade ne se lave pour ainsi dire plus jamais la vessie, En tout cas, il considère que l’opération a été, pour lui, une véritable résurrection et ne

regrelle qu'une chose, c’est de ne pas l'avoir subie plus tôt, »

OBBERVATION XVIII (Inédite)

Abcès sous-phrénique sus-hépatique drainé par voie trans-

pleurale après laparotomie exploratrice sus-ombilicale

L'état très précaire du sujet très cachectique, d’une maigreur squelettique avec eschare sacrée, constitue le grand intérêt de cette observation.Depuis deux mois,chez ce malade âgé de trente-huit ans qui avait toujours été traité pour ulcère d'estomac, la température voisinait fréquemment de 4o degrés le soir. Quand le D: Le Filliâtre fut appelé à examiner le malade, le pouls filiforme était rapide, entre 110 et 120 pulsations, le teint terreux, le facies d’un infecté. Le malade vomissait et ne pouvait plus s’alimenter, rejetant même presque intégralement les liquides ingérés. La langue sèche, rôtie sur les bords, était couverte à sa surface de fuliginosités également abondantes sur les lèvres. L'opération a consisté dans une laparotomie sus-ombilicale à la rachicocaïnisation, cette dernière pratiquée suivant la technique du D’ Le Filliâtre qui a retiré 15 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien et a injecté 2 centimètres cubes de la solution de cocaïne préparée extemporanément. Rien à la laparotomie, sauf une induration du côté du pylore (par suite d’ulcus) avec adhérences ; le foie très abaissé gêne dans la manœuvre d’exploration. En présence des D" Thiroloix et Aubourg qui assistaient la malade, on met celle-ci sur lé côté gauche, ettoujours sous l'influence de l’anesthésie rachidienne, le D: Le Filliâtre résèque cn partie la neuvième côte, sectionne les plèvres et refoule le

À. Bertrand b

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