Q — LA
poumon. Puis section du diaphragme après couture des. plèvres et ouverture de l’abcès qui laisse s’écouler 1 lit. 1/2 de pus. Rachianesthésie parfaïte.
La malade opérée le 14 mai 1913, sort le 19 de la maison
de santé, on avait retiré le drain le 17 mai.
OBSERVATION XIX (inédite)
Interventions maltiples pour suppuration pelvi-abdominale-,
chez une femme très cachectique
Agée de trente-deux ans, la malade qui na jamais été. malade a eu un enfant à l’âge de vingt-huit ans. Depuis cette naissance, bien que toujours bien réglée, elle
s'est plainte de douleurs dans la fosse ihaque droite,
les médecins, qui avaient été consultés par la malade
à ce sujet, avaient fait le diagnostic d’appendicite avec salpingite du côté droit. La malade, quand le Dr Le Fil liâtre la vit pour la première fois, gardait le dit depuis plusieurs semaines avee une température montant le soir aux environs de 39 degrés. En présence des symptômes, on pense à uneinfection du petit bassin et le D' Le Filliâtre pratique le Lo mai 1913,avec rachianesthésie à la cocaïne,la colpotomie, afin de refroidir l'infection dont la cause serait traitée dans une intervention ultérieure, Malgré la colpotemie, la malade continue à avoir de da fièvre et au mois de juillet elle doit entrer à la clinique du D' Saison. Elle présente à cette époque un aspect très cachectique, teint terreux, une maigreur squelettique, une double eschare sacrée et trochan-
térienne droite ; elle ne s’aliménte plus, garde à peine les
a ap). Es liquides ; la température oscille chaque soir entre 383 et 39 degrés. Le 17 juillet la température atteint dans la soirée brusquement 40 degrés et d'urgence le Dr Le Filliâtre, grâce à la rachianesthésie qui ne choque pas cette malade très épuisée par cette longue suppuration, ouvre la fosse iliaque droite pour la drainer. La température baisse le lendemain de l'intervention ; la malade retourne chez elle quelques jours après,etle 20 août le D: Le Filliâtre l’opère à froid dans. de bonnes conditions (troisième rachianesthésie). Chaque fois l’anesthésie, qui a été parfaite, a été obtenue par la ponction lombo-sacrée du canal rachidien ; on a retiré 15 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien et injecté 2 cen-
timèêtres cubes de la solution de cocaïne.
OBSERVATION XX (inédite)
Gros rein polykystique suppuré
avec hémorragie grase intrak)y<tique
Il s’agit d’une femme, âgée de quarante ans, réglée à seize ans et ne présentant rien de particulier dans ses antécédents.
Elle a commencé à souffrir du rein à l’âge de dix-huit ans : ayant porté un jour un fardeau assez lourd, elle ressent dans le côté droit une violente douleur qui la force à s’aliter. et urine aussitôt une certaine quantité de sang rouge. Admise à l'hôpital de Versailles, elle voit l’'hématurie se calmer immédiatement et en sort un mois après avec des urines claires.
L'année suivante,nouvelle crise avec douleur brusque du
\| même côté et hématurie qui dure vingt-quatre heures, Puis,
de temps à autre,les crises font leurapparition mais sans pis-
sement de sang.
À trente-trois ans, elle rentre à Beaujon où on aurait porté le diagnostic de gros rein droit mobile. À l'intervention,M. le D: Tuflier reconnaît un rein polykystique et referme sans
rien faire ; la cicatrice est encore visible.
Six mois plus tard, la malade va consulter à Necker, ne pouvant plus travailler. Après examen, on lui conseille de
garder son rein malade.
Depuis six ans, la malade présente de temps à autre de petites crises douloureuses avechémorragies de courte durée,
mais elle ne consulte plus personne.
12 juin 1913. — Elle est reprise de violentes douleurs dans le côté droit en même temps que son rein double, dit-elle, de
volume. |
15 juin. — À ces douleurs vient s'ajouter un pissement de
sang qui va en s'accentuant jusqu'au moment où nous
voyons la malade le 24 juin.
A l'examen nous trouvons une femme très affaiblie, très pâle ; les urines, dont la quantité s'éléve à 3 litres en vingtquatre heures, sont sanglantes et le dépôt du pus atteint le cinquième de la hauteur du bocal. La température est à
4o degrés, le pouls à 110, petit et dépressible.
Le ventre, très douloureux, est augmenté de volume à droite et l'on sent de ce côté nne tumeur remplissant la fosse iliaque, le flanc droit, s'avançant sur la ligne médiane jusqu'au niveau du musele grand droit, et remontant jusque
sous la face inférieure du foie.
La région lombaire était moins tendue par cette tumeur
que la paroi antérieure et le palper bimanuel était nécessaire pour la sentir.
La malade entre à la maison de santé où on la remonte et, après examen du rein gauche, on se décide à intervenir, le 26 juin. Mais ce jour-là nous trouvons, au niveau de la région parotidienne droite, un gonflement volumineux avec douleur accentuée et trismus intense. On sursoit à l’opération. Huit jours après, les phénomènes s'étant calmés, en même temps que les urines devenaient un peu moins troubles et hémorragiques,on intervient malgré l'extrême faiblesse de la malade et de sa température à 40 degrés.
Anesthésie par rachicocaïnisation lombo-sacrée suivant notre technique. Anesthésie parfaite : néphrectomie laborieuse par voie lombo-sacrée. Après vingt minutes d'efforts pénibles, on arrive à pratiquer la décortication sous-capsulaire ; ligature du pédicule.
Durée de l’opération : quarante-cinq minutes. Les suites opératoires ont été très simples. Dès le premier jour, la malade urine 900 grammes d’urines claires, le lendemain, 1.500 grammes,volume qui s'est maintenu les jours suivants.
Cicatrication rapide : la température et le pouls sont redescendus à la normale, au quatrième jour.
La malade sort guérie au dix-neuvième jour.