‹ De la facilité d'opérer sous anesthésie générale par rachicocaïnisation lombo-sacrée les sujets très épuisés ou cachectiquesChapitre 37 sur 42 · AT NES · texte numérisé non relu

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diaphragme, ne forme qu’un seul et même hématome. Je fais vite dans cet hématome, je vais à la recherche du fond de l'utérus et des trompes ; je resèque entre deux ligatures la trompe rompue qui donne un jet continu de sang artériel. J'enlève très rapidement ensuite les caillots et, de mon mieux, je fais la toilette du petit bassin et de la grande cavité, je place un drain n° 50 au niveau de ma résection etje referme, mais en prenant cette fois, tout mon temps, puisque j'en ai fini avec la cavité abdominale, que ma malade n'est pas sous le chloroforme et que la position du plan incliné lui sied à merveille.

Force sérum est fait pendant et après l'intervention.

Dès le soir même, la sérosité abdominale fournie par le drain a été si ubondante que le pansement et les draps étaient inondés et si le pouls et l'état général de notre malade n'avaient pas été bien meilleurs à ce moment là, le D' Paugam aurait certainement cru à une seconde hémorragie consécutive à l'intervention. :

Je revoyais, en effet, le lendemain, mon opérée qui allait bien mieux, avec un pouls bien frappé, un respiration à 29, une langue bien humide et une paroi abdominale très souple, la malade, depuis la veille, avait uriné 900 gramunes.

Je me contentais de changer son pansement et de faire, par le drain, une aspiration qui me donna 200 grammes de sérosité rougeâtre. Les suites furent simples, je supprimais le drain le 31 mai, et, dix-neuf jours après l'intervention, ma malade se levait. Je la revoyais encore ces jours-ci, non pour elle, mais pour un des siens, etje dois dire que bien vite rétablie, depuis elle n’a jamais ressenti quoi que ce soit, et présente une très belle santé.

Cette observation m'a suggéré, depuis, plusieurs réflexions:

* À. Bertrand 6

FAQ ES

tout d’abord, quand il me sera donné de voir une grossesse extra-utérinerompue,ce ne sera plus lelendemain quej'opérerai, mais de suite; cette observation est pour moi d’un enseignement tel que la suppression, en pareil cas, du traitement médical me semble absolument obligatoire.

Si cette malade avait été opérée quelques heures seulement plus tard, et si je l'avais chloroformée, je crois que j'aurais eu beaucoup de chances de la perdre. Aussi, en pareil cas, la rapidité dans l'intervention abdominale immédiate et la rachianesthésie sont, pour Le malade et le chirurgien, les deux seules armes vraiment rationnelles, sur lesquelles, nous pouvons toujours compter en pareil cas.

Cette observation me rappelle encore un eas de rupture cataclysmique de grossesse tubaire de six semaines avec inondation péritonéale, que je voulais opérer d'urgence, vu l'état de la malade et pour laquelle, j'ai dù lutter médicalement contre l'hémorragie grave dont elle était atteinte en attendant l'arrivée du D' Bazy, que j'avais appelé en consultation pour vaincre la résistance de la famille.

Quand M. Bazy est arrivé, tout était prêt pour l'intervention, aussi inutile de vous dire, que devant l'affirmation de ce dernier, la famille acceptant enfin l'opération, nous procédions aussitôt à la laparotomie.

Là encore, nous trouvions une trompe gravide rompue, avec un jet continu de sang artériel ; Bazy procédait à l’ablation de cette trompe. Depuis cette époque (ily a plus de dix ans), cette femme a eu une grossesse à terme et normale, n'a jamais représenté aucun trouble du côté de son petit bassin. Cette observation est bien faite, je crois, pour montrer qu'en

pareil cas, on aurait tort de se laisser aller à enlever la

trompe du côté opposé, sous prétexte de récidive possible,

À ce sujet, au dernier Congrès international &e Gynécologie, tenu, en septembre dernier, à Saint-Pétersbourg et où Jj'assistais, j'ai pu constater que les Russes sont bien plus conservateurs que nous et que dans la plupart de leurs interventions pour grossesse extra-utérine, procédant par colpotomie postérieure, le plus souvent, suivant les indications et la méthode d'éclairage du professeur Dimitri de Ott, après avoir enlevé l'œuf, cureté la trompe au besoin, lié les vaisseaux qui saignent, ils se contentent de suturer, de drainer la trompe avec de la gaze iodoformée. Il m’a même été présenté une malade chez laquelle on a dû pratiquer une coipotomie postérieure pour grossesse tubaire: au cours de cette colpotomie, on constata une salpingite de l’autre trompe qui nécessita son ablation respectant l'ovaire ; on sutura ensuite la trompe gravide après l’ablation de l'œuf, mais l'ovaire de cette dernière trompe étant malade, on l’enleva. La guérison de cette femme fut complète et la preuve en est dans deux grossesses survenues à la suite et arrivées à terme.

Le D' Jacobson, de Saint-Pétersbourg, nous a, à ce même “Congrès, présenté une statistique de 205 opérations pour grossesse extra-utérine opérées dans le service du professeur de Ott, dont 108 cas opérés par la laparotomie avec une mortalité de 9 0/0 et 103 cas par colpotomie sans aucun cas de mort. Il,conclut que dans la clinique du professeur de “Ott, depuis que l'éclairage de la cavité abdominale a été appliqué (1900), l'opération de choix dans les premiers temps de la grossesse extra-utérine est la colpotomie postérieure, Quant à la colpotomie antérieure, il nela pratique que dans

les cas où la tumeur se fixe au-devant de la matrice; le seul

traitement rationnel de la grossesse extra-utérine est l'abla-

tion de l'œuf.

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