‹ De la facilité d'opérer sous anesthésie générale par rachicocaïnisation lombo-sacrée les sujets très épuisés ou cachectiquesChapitre 4 sur 42 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Nous ne ferons qu’indiquer dans un résumé succinct les phrases et l’évolution de l’anesthésie et des anesthésiques. Si, pour cet historique, nous avons dû remonter très avant dans la chronologie, c’est que notre pauvre humanité à toujours essayé de se soustraire à la souffrance, vieille comme le monde. La Bible, les chants d'Homère nous apportent la preuve de cette pérennité de la douleur et des tentatives nombreuses faites pour la combattre. Mais, comme nous le verrons, les anesthésiants employés ne furent longtemps que des calmants, à vrai dire, amenant une suppression momentanée, infidèle et très incomplète de la douleur; et ce n’est qu’au milieu du x1x° siècle qu’entrent dans la pratique courante des anesthésiques d'un effet sûr, tels que le protoxyde d'azote, le chlorure et le bromure d'éthyle, l’éther et le chloroforme, produisant la narcose générale.

Les analgésiques chez les anciens. — Homère nous parle entre autre d’une substance merveilleuse, capa-

ble de calmer la douleur et de soulager tous les maux, qu'Hélène aurait utilisée pour dissiper les souffrances de Télémaque et de Pisistrate, fils de Nestor :

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On ignore encore quel était ce « népenthes » calmant souverain. Hérodote (1), de son côlé, nous explique commentles Scythes, après les enterrements, respiraient pour s’étourdir les vapeurs formées par la graine de chanvre qu'ils jetaient sur des pierres chauffées au rouge. C'était également le chanvre : « ma-yo » qui entrait dans la préparation que MmOoa- Tho faisait prendre à ses malades pour les insensibiliser. Lucrèce, chez les latins, cite le castareum comme pouvant calmer les menstruations douloureuses chez la femme et indique d’autres procédés d’insensibilisation.

«Un flambeau nocturne à peine éteint blesse-t-il les narines de ses âcres odeurs, il nous endort aussitôt jusqu’à nous faire tomber. »

« Bien d’autres essences portent la langueur dans nos membres et troublent notre âme dans ses profondeurs » (2).

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