AVANTAGES DE LA MÉTHODE
À côté des inconvénients, ou plutôt des quelques incidents que l’on peut rencontrer au cours de notre technique de rachicocaïnisation, rous avons tenu à bien mettre en lumière combien d'avantages présente cette méthode.
Chez un certain nombre de malades pris au hasard, tant dans le service de M. le D° Bernard, chirurgien de l’Infirmerie centrale des prisons de Fresnes, que dans celui du D: Le Filiâtre, nous avons, systématiquement examiné l’état du pouls, de la respiration, de la pression artérielle et, sauf une légère diminution de cette pression, nous avons constalé que le pouls ne varie pas.
Du reste cet examen nous a montré également que, dans la plupart des cas, les réflexes restent normaux et la sensibilité thermique est conservée, le malade ayant la sensation de la chaleur sans avoir la douleur de la brûlure.
La suppression d’un spécialiste pour le maintien de l’anesthésie n’est pas non plus chose à dédaigner,
surtout dans la chirurgie d’urgence alors que l’on serait amené à mettre la vie du ralade entre les mains d’un chloroformisateur de fortune, ce qui est le cas le plus fréquent.
La persistance de la conscience est souvent utile ; il nous est souvent arrivé de dire au malade de suspendre sa respiration au moment propice et de faire tel outel mouvement, de tousser, de se soulever, soit pour aider le chirurgien, soit pour aider au pan-
sement.
Et malgré cela la résolution musculaire est complète et la rachianesthésie coupe en quelque sorte la voie sensitive des réflexes.
C’est dans ces conditions qu'il est possible de pratiquer des opérations comme la « dilatation anale », opération bénigne, mais qui réclame une anesthésie « poussée à fond », si l’on ne veut pas exposer le patient à des accidents mortels causés par l’arrêt brusque de la respiration et de la circulation.
Combien est précieux pour le chirurgien ce silence abdominal absolu que l’on obtient par cette méthode, d’une façon constante, au cours de toutes les laparotomies,et qui permet à l’opérateur de mettre son malade dans la position horizontale, ou en Trendelenbourg, d'intervenir sur des viscères. Sans être gêné ou distrait par les vomissements, les poussées abdominales, les incidents de narcose et sans voir encore son champ opératoire rendu difficile et
souvent rétréci par des (ragnes toujours en mouvement. | Enfin, n'est-ce pas une méthode ‘des plus utiles que celle qui nous permet, sans intoxiquer lesang, le foie, les reins, les poumons, d'obtenir des anesthésies de longue durée et d’anesthésier à quelques jours d'intervalle, le même malade sans exposer ce dernier aux dangers que présentent la chloroformisation et l’éthérisation.