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aiguillons se retrouvent sur la tige, les rameaux et jusque sur la nervure médiane des sépales;
La Morelle de Buenos-Âyres {Solarium bonariense. Lin.), qui est un véritable arbuste ;
La Morelle blanche {Solarium marginalum, Lin.), dont les aiguillons couvrent non-seulement la nervure médiane, mais aussi les nervures secondaires des feuilles.
§ s. — ticnrc lijcoperaicam.
Le genre Lycopersicum fournit les Tomates, dont les fruits servent à préparer des assaisonnements qui sont devenus d’un usage journalier ; on emploie les fruits frais, et pour les conserver pendant l’hiver on les fait sécher, ou l’on prépare avec leur pulpe un extrait concentré.
§ 3. — Genre Cupaienm.
Presque toutes les espèces de Piments sont remanjuables par la saveur âcre et brûlante de leur fruit; aussi presque toutes sont-elles employées comme condiment dans les pays où elles croissent. Ces propriétés sont moins développées dans le Piment cultivé en Europe que dans ceux des Indes ou d’Amérique, où l’on en fait néanmoins une consommation énorme. Le principe âcre est beaucoup plus développé dans la graine que dans les autres parties du fruit.
Ces plantes sont peu employées en médecine ; cependant on fait avec les baies un extrait utilisé à l’intérieur pour combattre les hémorrhoïdes, sur lesquelles il a une action spéciale et évidente.
§ 4. — Genre Pb^salis.
Ce genre fournit à la thérapeutique une espèce,, le P. alkelcengi{\), ou Coqueret alkékenge, qui, après avoir fait partie de la matière médicale des anciens, est restée longtemps dans l’oubli; aujourd’hui on emploie dans certains cas les feuilles et les tiges de cette plante, et les effets en ont été étudiés avec soin par le docteur Gendron. De même que presque toutes les plantes de la famille qui nous occupe, rAlkékenge est légèrement narcotique, et à haute dose peut causer des bourdonnements d’oreilles, de l’ivresse et un ralentissement notable du pouls; on observe en môme temps une augmentation de la sécrétion urinaire. On a beaucoup vanté l’emploi de l’Alkékenge dans le traitement des fièvres intermittentes. Mais dans la plupart des cas, on n’observe aucune amélioration, surtout quand ces fièvres sont graves et enracinées. Dans les campagnes, on utilise ses propriétés diurétiques dans le traitement de la dysurie des bestiaux.
C’est principalement sous forme de poudre que l’on emploie l’Alkékenge; on prépare aussi un vin très-amer, en faisant macérer dans ce liquide des tiges et des feuilles. L’eau s’empare également bien du principe amer, soit par infusion, soit par décoction.
MM. Dessaignes et Chantard ont extrait du Physalis alkekengi, une matière qu’ils ont nommée Physaline, et qui se présente sous la forme d’une poudre blanche, légère, faiblement amère, peu soluble dans l’eau froide et ne formant pas de combinaison avec les acides.
(1) Voy. ci-dessus, p. 80.
Le Wühania somnifera (1), autrefois rangé dans le genre Physalis, possède, ainsi que son nom l’indique, des propriétés narcotiques peu énergiques; ses fruits sont diurétiques.
Les poi.sons les plus violents et les médicaments les plus énergiques nous sont fournis par les genres Atropa, Datura, Hyoscyamus et Nicoliana, que l’on a distingués des espèces précédentes, et auxquels on applique le nom général de SoLANÉES VIREUSES.
§ 5. — Genre jltropa.
Lesempoisonnementspar la Belladone(A<ro/3a belladona) (2), ne sont malheureusement que trop fréquents ; la couleur rouge des fruits, leur grosseur les ont souvent fait prendre pour des cerises ; cette erreur a été cause d’un grand nombre d’accidenis, qui s’augmente chaque année, et les traités médicaux abondent en observations de ce genre (3).
Les effets produits par la Belladone peuvent varier suivant plusieurs circonstances, telles que la quantité du poison ingérée, la voie par laquelle il a été introduit, les moyens à l’aide dc.squels on a cherché à combattre l’intoxijcation, le tempérament du malade, etc. En général, on observe cependant des nausées qui peuvent ne pas être suivies do vomissements, de la sécheresse de la bouche, avec constriction- du
(1) Voy. ci-dessus, p. .SI.
(2) Voy. ci-dessus, p. 53.
(3) Voy., pour les empoisonnements par la Belladone : Ferrein, Mat. méd.,
t. II, p. 650; — Bouclier, Ancien journ. de méd., t. XXIV, p. 310; — Bulliard, Plant, venen., p. 201 ; — Gaultier de Claubry, Journ. gén., t. LXVIII, p. 356 ; — Meennicks, Journ. gén. de méd., t. XXIV, p. 228 ; — Orfila, Traité des poisons, 1827, t. 11, p. 201. — Coiity de la Pommerais, Archiv. gén. de méd., t. XVII, p. 107; — Joly, Afehiv. gén., t. XVIII, P' Sarlandiôro, Journ. univ. des scienc. méd., t. XXII, p. 239, etc.
gosior, de la céphalalgie, des vertiges, des éblouissements, une dilatation excessive de la pupille, coïncidant avec des troubles de la vue et souvent une cécité complète; la face est rouge et tuméfiée, l’oeil injecté, le délire quelquefois furieux, et plus ordinairement bruyant et joyeux. Quelquefois on remarque une aphonie plus ou moins complète; il est survenu, dans quelques cas, des convulsions partielles ou générales. Enfin, plusieurs observateurs ont remarqué dans les empoisonnements par la Belladone l’apparition d’une éruption scarlatiniforme.
A l’autopsie, on trouve le cerveau injecté de sang noir, le tissu des poumons noir, engorgé, dur et rénitent. D’après M. Flourens, les oiseaux auxquels on fait prendre de la Belladone, deviennent aveugles, et, grâce au peu d’épaisseur des parois du crâne, on peut suivre do l’œil les progrès de l’engorgement. On voit paraître une tache rouge qui, commençant par les tubercules quadrijumeaux, s’étend ensuite au cerveau.
Les propriétés actives de la Belladone sont connues depuis fort longtemps, mais elles ont été employées par les sorciers pendant de longues qnnées, avant de passer dans le domaine de la thérapeutique. En 1710, Friccius (1) fit paraître un mémoire dans lequel il cite de nombreuses cures obtenues par lui à l’aide de la Belladone. Depuis cette époque, on a essayé cette plante dans le traitement de la plupart des maladies, et dans certains cas, elle a donné d’excellents résultats, surtout quand il s’agit de calmer des douleurs névralgiques; mais souvent on a pris le soulagement qui était ainsi produit pour une véritable guérison.
( I ) Friccius, Parndoxa Je venenis, 1710.
A l’intérieur, on a employé souvent la Belladone contre les névralgies, à l’état d’extrait, d’infusion, de décoction, de poudre, etc. Quand le nerf est placé superflciellement, il est préférable d’appliquer la Belladone sur la peau dépourvue de son épiderme (1) ; on a réussi, à l’aide de compresses imbi bées d’une décoction de cette plante, à calmer de violentes migraines.
L’extrait de Belladone pris à l’intérieur a été préconisé contre la colique de plomb, et dans certains cas, il paraît avoir amené un véritable soulagement (2).
Les rhumatismes cèdent souvent lorsque l’on administre la Belladone à haute dose ; il en est de même de la goutte.
Bretonneau est parvenu à l’aide de l’usage ménagé et longtemps continué de ce médicament, à diminuer beaucoup ou même à guérir l’épilepsie.
Dans l’incontinence nocturne de l’urine chez les enfants, le même médecin a vu la Belladone amener en peu de temps une guérison complète.
M. Guersant vante l’eniploi de la Belladone comme prophylactique de la scarlatine.
L’action de la Belladone sur la pupille a été découverte par le docteur Rimœrus, professeur de médecine à Hambourg. Cette propriété fut bientôt mise à profit par les chirurgiens pour faciliter l’opération de la cataracte, pour empêcher les bords de la plaie de l’iris de se réunir, lorsque l’on a pratiqué une pupille artificielle, pour empêcher ou détruire les adhérences de l’iris.
L'Atropine se rencontre dans toutes les parties de la Belladone. Sa présence a été constatée dans les feuilles par
(1) Tiousseau et Pidoux, Thérapeutique, l. Il, p. 59.
{2) Malherbe, Journal üe méd. et de chirurg. de Malgaigne, i 860.
Brandes (î) ; Pauqiiy l’a retrouvée dans la racine (-2). Mais on ne la connaissait pas à l’état de pureté, et l’étude complète en a été faite à pou près à la môme époque par Geiger et Hess (3) et par Mein (4). Pour extraire cette substance, on épuise par de l’alcool concentré, la racine de Belladone; on abandonne l’extrait pendant quelques heures avec de la chaux, on filtre et l’on sursature légèrement avec de l’acide sulfurique, on chasse l’alcool par la chaleur, on ajoute peu à peu une solution concentrée de carbonate de potasse, et l’on filtre quand le liquide commence à se troubler; on abandonne ensuite la liqueur dans un endroit tranquille et l’Atropine cristallise, on la purifie en la faisant recristalliser dans l’alcool.
M. Rabourdin a proposé d’extraire l’Atropine à l’aide du chloroforme (5). Pour cela, on prend la Belladone au moment où elle commence à fleurir. On la pile dans un mortier, on la soumet à la presse, puis on porte les sucs à l’ébullition afin de es clarifier ; on filtre et l’on ajoute 4 grammes de potasse caustique et 30 grammes de chloroforme par litre, on agite vivement, puis on laisse déposer le chloroforme qui a dissous l’Atropine et qui prend l’aspect d’une hpile verdâtre ; on le lave et on le distille ; le résidu est repris par de l’eau aiguisée d’acide sulfurique qui dissout l’Atropine et laisse une matière résineuse verdâtre. On décompose le sul> fate d’Atro[)ine par le carbonate de potasse et l’on fait cristalliser dans l’alcool le précipité d’Atropine.
(1) Am.gén. des scienc. phys., t. III,- Jüurn. depharm., p. 47, 529, 548.
(2) Pauquy, De la Belladone considérée dans ses rapports botaniques , chimiques, pharmaceutiques, etc., 1825, thèse.
(3) Geiger et Hess, Ann. der Chem. andPharm., 1833, t. VII, 269.
(4) Mein, ibid., t. VI, p. 67. — Voy. Liebig, ibid., t. VI, p. 66; — Brandes, ibid., t. I, p. 68; — Richter, Jounml o/' praht. Chim., t.XI, p. 29.
(6) Rabourdin, vliiii. de chimie et de pharmacie, l. XXX, p. 381.
M. Bouchardat (1) isole cet alcaloïde en précipitant directement l’extrait de Belladone par une solution aqueuse d’iode dans l’iodure de potassium; puis il décompose le précipité par du zinc et de l’eau, et après avoir séparé le zinc par un carbonate alcalin, il extrait l’Atropine par l’alcool.
L’Atropine pure se présente sous la forme d’aiguilles blanches, soyeuses et réunies en aigrettes. Elle est peu soluble dans l’eau ; 1 litre d’eau n’en dissout guère plus de 1 gramme. L’éther la dissout mieux, l’alcool mieux encore. Elle fond à 90 degrés et se volatilise à 140 degrés, en se décomposant en partie. Elle renferme :
Carbone. 70,58
Oxygène. 7,95
Azote. U,8li
Hydrogène. 16,60
Les sels d’Atropine sont inaltérables à l’air, solubles dans l’eau et l’alcool, insolubles dans l’éther rectiflé. Ils sont amers et vénéneux.
L’Atropine à petite dose dilate la pupille d’une manière persistante, détermine des maux de tète, une sensation de constriction à la gorge, de séchere.sse dans la bouche, des vertiges et elle peut donner la mort.
Les propriétés physiologiques et thérapeutiques de l’Atropine ont été étudiées par MM. Stuart Cooper et Bouchardat, et par M. Lusanna.
Les premiers de ces observateurs ont constaté ce fait singulier, que les lapins peuvent se nourrir sans inconvénient
(1) Itouclianlat, Gazclto médicale de Paris, 18i8, p. 991.
des feuilles de la Belladone. Deux de ces animaux consommèrent, pendant un mois, 30 kilogrammes de ces feuilles, sans en éprouver d’accident fâcheux. Au premier abord, on aurait pu supposer que celle circonstance dépendait seulement de ce que le principe actif de la Belladone n’était pas absorbé par la surface muqueuse des voies digestives des Lapins. En effet, on sait par les expériences de M. Claude Bernard sur le curare qu’il peut y avoir, à l’égard de l’activité de l’absorption de certains poisons végétaux par les membranes muqueuses, des différences très-grandes d’un animal à un autre. De sorte qu’une substance qui peut être introduite impunément dans l’estomac d’un chien ou d’un lapin, devient une cause de mort quand elle est portée dans le tube digestif d’un oiseau ou d’une grenouille; bien que dans l’un comme dans l’autre cas elle produise les même effets lorsqu’elle a été absorbée. Mais, pour le fait particulier qui nous occupe ici, cette explication ne saurait nous satisfaire, l’atropine ellemême, introduite dans le torrent circulatoire par la m'éthode sous-cutanée, n’agit pas sur les lapins.
Chez l’homme, on a appliqué cet alcaloïde au traitement des névralgies, des affections nerveuses, telles que l’épilepsie, la chorée, l’hystérie; il paraît agir de la môme manière que la Belladone, bien qu’avec plus d’énergie. C’est principalement pour dilater'la pupille que l’on emploie l’Atropine à l’état do sulfate. Une seule goutte d’une solution contenant 20 centigrammes d’Atiopine pour 32 grammes d’eau, placée sur la cornée, suffit pour amener au bout d’un quart d’heure une dilatation complète, avec immobilité de la pupille, et il s’écoule trois ou quatre jours avant que l’iris ait repris ses propriétés contractiles. D’après M. Bouchardat, cette substance agit en amenant la paralysie des branches ciliaires de