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la troisième paire, et non pas en stimulant les filets du grand sympathique qui se rendent aux fibres radiées de l’iris.
§6. — Genre Slandragora.
Les différentes espèces du genre Mandragora (1) possèdent des propriétés vénéneuses, narcotiques et stupéfiantes, analogues à colles de la Belladone. Les Mandragores, très-communes en Grèce et en Italie, ont été employées comme narcotique dès les premiers âges de la médecine : Hippocrate, Dioscoride et Galien en Vantaient l’usage dans les maladies nerveuses ; Avicenne s’en servait pour endormir les malades qui devaient subir de longues opérations chirurgicales. Au moyen âge la racine de cette plante jouait un grand rôle dans la thérapeutique et même dans la sorcellerie. On lui attribuait des propriétés miraculeuses, et le prix on était devenu tellement élevé, qu’on en fabriquait de fausses. Aujourd’hui celte plante n’est en Franco que très-rarement utilisée en médecine, on lui préfère la Belladone. Cependant .ses feuilles entrent encore dans la composition du baume tranquille.
La Mandragore doit ses propriétés actives à un alcaloïde analogue à l’Atropine, mais dont l’étude n’a pas encore été faite d’une manière suffisante.
§ *. — Genre Daturn.
Toutes les espèces du genre Datura sont vénéneuses et narcotiques, et par leurs propriétés elles se rapprochent de la Belladone et de la Jusquiame, aussi servent-elles toutes à peu près
(I) Voy. ci-dessus, p. 56.
aux mêmes usages dans les différents pays où elles croissent. Dans l’Inde et en Orient, les graines du Datura metel (1) sont employées comme narcotique (2). Au Pérou on fait usage du D. taïula (3) pour combattre les tumeurs, les maladies de peau, etc. Le D. arborea [b) et le Z), suaveolens (5) eux-mêmes, qui répandent une odeur suave et agréable, sont très-narcotiques ; la décoction de leurs feuilles est employée par les Indiens de l’Amérique du Sud pour procurer une ivresse comateuse, et l’on en fait aussi usage pour calmer les douleurs névralgiques.
],eD. stramonium {&), ou Pomme épineuse, est, de toutes les Solanées vireuses, la plus énergique et la plus redoutable ; elle s’en distingue par l’action irritante qu’elle produit sur la peau privée de son épiderme. A petite dose, elle est excitante, cause des étourdissements, des vertiges, un peu do délire, la perle de la mémoire, et elle dilate fortement la pupille. Ces phénomènes ne tardent pas à se dissiper sans laisser de traces ; mais si la dose a été trop forte (7), on voit survenir une céphalalgie intense accompagnée d’une soif inextinguible, d’un sentiment de constriction de la gorge et de l’épigastre; le ventre est météorisé ; en même temps les malades sont en proie à un délire bizarre et incohérent; bientôt ils sont saisis d’une paralysie plus ou moins complète, et ils finissent par
(1) Voy. ci-dessus, p. 89.
(i) Voy. Fleming, Catal. rais, des pl. méd. de l’indostan; — Delon, Singularités, p. 460; —Slevogt, Disserlatio gud demonslrat nucem Methel Avi' cennæ esse Daturam modernorum. lenæ, 1695, in-4.
(3) Voy. ci-dessus, p. 89.
(4) Voy. ci-dessus, p. 90.
(5) Voy. ci-dessus, p. 90.
(6) Voy. ci-dessus, p. 87.
(7) Voy. Orfila, Journal général de médecine, 2“ série, i. IX, p. 3S8. Toxicologie gén., t. Il, p. 244.
succomber. A l’autopsie, on trouve l’estomac enflammé, le cerveau injecte, etc.
Ce n’est qu’à partir de 1762 que la Strarnoine fut employée en médecine.
Pour l’étudier, Stork l’essaya progressivement sur luimôme. D’abord il resta ■ simplement dans une chambre où étaient des Stramoines; il mania ensuite la plante, puis en avala une très-petite quantité d’extrait. Encouragé par l’innocuité de ces expériences, il commença timidement à employer la Strarnoine dans les cas de troubles nerveux ; les résultats qu’il obtint lui parurent très-satisfaisants et l’enhardirent à en faire un plus grand usage (1), aussi bientôt de tous côtés essaya-t-on les elfets de cette" plante dans les diverses maladies. On vanta son emploi contre l’épilepsie (2), les névralgies rebelles (3) et surtout les accès d’aslhme, on l’administre alors en fumigations (à); on l’emploie .sous la môme forme contre le rhumatisme (5), l’hydrophobie (6). A l’extérieur, on se sert du Datura stramonium pour calmer les douleurs névralgiques, les plaies, les br ûlures, les abcès ; on l’applique en cataplasmes ou associé à des corps gras, sur les tumeurs syphilitiques, cancéreuses, etc., etc.
(1) Stork, Libdliis quo demonslratur Stramonium, etc. Vindobonæ, 1762, in-8.
(2) Vcilenberg, Diss. de Stramonii usuin morbis convulsivis. Upsal, 1772.
(3) Vaiily, Journ. compL, t. VIH, p. 18; t. XI, p. 176. —KirckolT, Bull, des SC. méd. de Férus, t. XI, p. 197. — Journ. univers, des sc. méd.,