‹ De la famille des solanacéesChapitre 2 sur 22 · EDWARDS · texte numérisé non relu

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une tigo d’environ 30 centimètres, herbacée, rameuse et piihescente. Les feuilles sont pétiolées, ovales, dentées, anguleuses, d’une consistance molle et d’un vert foncé. L’axe primaire, apres avoir produit un certain nombre de feuilles, se bifurque, ou, pour parler plus exactement; se trouve supplanté par deux rameaux nés au-dessus des feuilles correspondantes, et se termine lui-môme en un corymbe qui est entraîné par le rameau usurpateur le plus vigoureux. Les fleurs sont blanches et petites, elles se composent d’un calice à 5 lobes courts et aigus, d’une corolle gamopétale, rotacée, divisée en 5 lobes pointus et rabattus en dehors. Les étamines, au nombre do cinq, alternent avec les divisions de la corolle; les anthères sont conniventes. L’ovaire se transforme en une baie sphérique, luisante et noire à maturité, marquée d’un point au sommet et ressemblant beaucoup à un fi'uit de cassis.

Le SoLANUM EscuLENTUM (1), connu vulgairement sous les mn\^ à'Aubergine^ Mélongène, Melanzane, Mayenne, Verangeane, est originaire de l’Inde et se trouve sauvage à Java, à Ceylan et à l’île Maurice. Elle a été introduite en Europe, et aujourd’hui on la cultive sur une grande échelle dans nos déparlements méridionaux. C’est une plante annuelle. La tige herbacée, mais résistante, s’élève rarement à plus de 50 centimètres, elle est parfois épineuse, plus souvent inerme et toujours glabre, verte ou rougeâtre. Les rameaux sont couverts de poils étoilés et sessiles. Les feuilles portées sur de longs pétioles sont grandes, ovales, sinuées sur le bord, à base inégale ; leur face inférieure est couverte de longs poils blanchâtres et étoilés. Les Heurs sont grandes, blanches ou vio-

'.I) Dunat, Solan., p. 208. Solanum melongena (Linné, Spec., édit. I,

lacées, marquées inlérieurement d’une tache jaune et portées sur des pédoncules réfléchis et renflés au sommet. Le calice présente de 6 à 9 divisions longues, aiguës, subulées; la corolle est grande, offrant de 6 à 9 lobes larges, aigus, tomenteux en dessous. Les étamines sont en même nombre que les divisions de corolle et alternent avec elles. Le fruit est une baie pendante, charnue, glabre, luisante, ordinairement.violette, quelquefois jaune, contenant une chaire blanche. On y compte /i, 5 ou 6 loges, renfermant des graines petites, nues, blanches, très-comprimées. Sous l’influence de la culture le fruit prend des dimensions énormes, on en voit souvent qui ont plus de 20 centimètres de longueur.

Le SoLANUM GNAPHALioiDES (1) ci’oît au Péi’ou daiis les endroits froids et ombragés; c’est un arbuste à tige droite, arrondie, rameuse, portant des feuilles lancéolées, glabres, lisses et pétiolées. Les fleurs disposées en ombelles se composent d’un calice tomenteux, d’une corolle violacée, trois fois plus grande que le calice. Le fruit est une baie d’un rouge sombre, de la grosseur d’une amande.

Le SoLANUM rsEUDo CAPsicuM (2), ou Morelle faux piment, appelé aussi Pommier d’amour^ Ceriselle^ Petit cerisier d’hiver, Amomc des jardiniers, est originaire de l’île de Madère. Cette espèce a été introduite, il y a do longues années, en France, on on la cultive dans les jardins. 11 paraîtrait même que, dans le Béarn, au village d’Ârette, elle se ressème d’elle-même cl vit sauvage le long des murs. Au Brésil, elle s’est également natii raliséc. C’est un arbrisseau haut d’environ 1 mètre, à feuilles

(1) Persoon, Enchmdhm,t. I, p. 223.

(2) Linné, .Spfc, • édit. I, p, 263.

lancéolées, oblongues, étroites, pétiolées et persistantes. Les fleurs sont portées sur des pédoncules solitaires courts et réunis à deux ou trois. Le calice présente cinq divisions de couleur verte; la corolle est découpée en cinq lobes; le fruit est une baie globuleuse rouge et ressemblant à une cerise ; il persiste toute l’année.

Le SoLANUM PSEUDO-QUINQUINA (1), Morclle faux quinquina ou Quina de Sainl-Paul, est originaire du Brésil. C’est un arbrisseau à feuilles entières, étroites et lancéolées, glabres à leur fa^e supérieure, couvertes en dessous, dans les angles formés par la ramification des nervures, de faisceaux de poils. Le calice présente 5 dents légèrement inégales et persistantes. Sur les exemplaires de cette espèce, conservés au Muséum de Paris, les fleurs et les fruits manquent. D’après Auguste Saint-Hilaire, le fruit serait une baie petite, globuleuse et glabre.

Le SoLANUM NEMORENSE (*2) SC trouvc dauslcs forêts du Pérou,' où il .se distingue, parmi toutes les espèces que nous venons do passer en revue, par les aiguillons qui arment les tiges, les rameaux et la lace dorsale des nervures des feuilles. C’est un arbuste à tige anguleuse, rameu.se, et portant dos feuilles sessiles ou presiiuo sessiles : les unes, plus grandes, sont oblongues, à lobes aigus; les autres, plus petites, sont ovales et entières. Toutes sont glabres, vertes, à nervures pourprées, inermesen dessus, épineuses en dessous. Les fleurs, disposées en cymes, se composent d’un calice en forme de coupe, glabre, divisé en 5 dents; d’une corolle trois fois plus grande que le calice,

(1) Aug. Saint-IIilairo, Plantes usuelles, pl. ;21.

(2) Dunal, Hisl. des Solanum, 1813, p. 194, et De Candolle, Prodromus,

t. Xm, p. 219. •

violacée, glabre et découpée en 5 lobes lancéolés. Les étamines, longues et égales, se composent d’un filet très-court et d’anthères ventrues à la base et acuminées au sommet. L’ovaire, ovoïde et glabre, est surmonté d’un style cylindrique, droit, rougeâtre, et égalant les étamines; il se termine par un stigmate petit, suborbiculaire et concave. Les baies globuleuses protégées par le calice accru, sont de la grosseur d’une petite poire; leur couleur est d’un jaune doré.

Le SoLANUM SAPONACEUM (1), qui se trouve aussi au Pérou, est un arbrisseau à tige droite, épineuse et légèrement anguleuse. Les épines, peu nombreuses, sont longues, droites, rigides, jaunâtres, éparses sur la tige, les rameaux, les pétioles et la face dorsale des feuilles. Les feuilles, ordinairement géminées, sont ovales-oblongues, à bords sinueux. Les fleurs, disposées en corymbes, se composent d’un calice en forme de coupe profondément 5-fide, à divisions lancéolées et aigues; la corolle, violette et trois fois plus longue que le calice, est découpée en 5 dents profondes et aiguës. Les étamines sont égales, à filets très-courts, supportant des anthères conniventes, ovales, acuminées. Le style, plus long que les étamines, se termine par un stigmate bifide; la baie est globuleuse et orangée.

Le SoLANUM PANicuLATUM (2) ci’oît au Brésil. C’est un arbrisseau dont les rameaux, d’un brun pourpre, portent des épines rares, droites, tomenteuses dans le jeune âge. Les feuilles sont larges, cordiformes, profondément anguleuses, aiguës, inermes et tomenteuses en dessous, glabres on dessus.

(1) Dunal, Histoire des Solarium, p. 206 — Prodromus, 1852, t. XllI, p. 274.

(2) Linné, Spec., édit, I, p. 267.

Les fleurs, disposées en panicules terminales, sont d’une belle couleur violette; le calice, très-ouvert, est découpé en 5 dents réunies à leur base par une membrane transparente. La corolle, très ouverte et même réfléchie, est.5-fide; les étamines, très-courtes, se composent d’un filet très-grêle, supportant des anthères étroites, oblongues, jaunes dans te jeune âge, noires après la déhiscence. L’ovaire est globuleux, poilu au .sommet.

Le SoLANUM ALBiDUM (1) cst Originaire du Pérou ; il se rapproche beaucoup de l’espèce précédente. C’est un petit arbre là tige droite, épaisse et épineuse. Les feuilles sont solitaires ou géminées, les supérieures présentent [de 7 à9 lobes, les inférieures sont sinueuses, inégales à la base, glabres et lisses en dessus, tomenteuses en dessous. Les fleurs, disposées en cymes, ont un calice petit, une corolle blanche très-ouverte, réfléchie, profondément [S-fide. Le style, arficidé tà la base, est flexueux, pourpre, et terminé par un stigmate à deux pointes filiformes. La baie est globuleuse et d’un jaune tirant sur le rouge; quelquefois elle est noire.

Le SoLANUM MAMMOSUM [[2) a été trouvé au Mexique, dans la Virginie, dans la Caroline, la Guyane, etc. C’est une plante il tige herbacée, dont les rameaux sont couverts de poils longs, blanchâtres et mous, et d’aiguillons comprimés, droits ou dirigés en bas. Les feuilles sont pétiolées, à bords lobés, à surface très-villeuse, à nervures armées de fortes épines. Les pédoncules floraux sont inermes quand ils portent des fleurs stériles, armés d’aiguillons sous les fleurs fertiles. Le

(1) Dunal, Hist. des Solanum, p. 206.

(2) Linné, Spec., édit. I, p, 267.

calice, très-velu, est à 5 dents acuminées. La corolle, violette, est 5-parti(e, à divisions tomenteuses en dehors, glabres en dedans. L’ovaire est glabre, acuminé, .surmonté par un style épais et arrondi, terminé par un stigmate bilobé. La baie est jaune à l’extérieur, blanche à l’intérieur, mamelonnée, de la grosseur et de la forme d’une poire renversée.

Le SoLANUM TORvuM (1) croît à la fois aux Indes et en Amérique; on l’a signalé à Java, dans les Philippines, à la Jamaïque, dans les îles Caraïbes, au Pérou, etc. C’est un arbrisseau armé d’aiguillons clair-semés. La tige, qui atteint environ 2 mètres, est verte et légèrement toraenteuse, les rameaux, couverts de poils courts, jaunâtreset étoilés, portent des feuilles pétiolées dont les supérieures sont souvent géminées ; la nervure médiane est épineuse inférieurement ; il en est de même pour le pétiole. Toutes les fleurs ne sont pas fertiles, les inférieures seules produisent des fruits; le calice est profondément divisé en 5 dents ovales et aiguës. La corolle, blanche, légèrement marquée de jaune au milieu, présente 5 dents longues, aiguës et ondulées sur les bords. Les étamines se composent d’un filet très-court terminé par des anthères ovales et jaunes. L’ovaire est blanc, oblong, sillonné au milieu, surmonté d’un style à stigmate bilobé. Les baies sont globuleuses, vertes avant la maturité, à 4 loges, de la grosseur d’une prune, et renfermant beaucoup de graines réniformes, aplaties, légèrement granuleuses.

Le SoLANüM ’V’espertilio (2) se distingue de toutes les espèces précédentes par sa corolle et ses étamines irrégulières.

(1) Swartz, Prodromus, 1788 p. 47.— Flore Ind. occid., t. I, p 436,

(2) Ailon, ffewensis Hortus, 1789, 1.1, p. 232, d’après Willdenow, Sp., pl. 1, p. 1045.

C’est un abrisseau originaire des îles Canaries, dont la tige, les rameaux et les nervures des feuilles sont couverts d’aiguillons courts et coniques ; les feùilles sont entières, inégales à la base, eordiformes, aiguës, ondulées sur les bords, couvertes en dessus de poils très-courts et étoilés qui rendent sa surface rugueuse ; en dessous elles sotit tomenteuses et portent des poils éloilés plus longs et plus nombreux. Les fleurs d’un bleu foncé, présentent un calice à 4 ou 5 divisions, une corolle irrégulière à 5 divisions ovales-lancéolées, recourbées à leur partie supérieure; les pétales 1 et 2 sont plus grands et plus avancés; les étamines, au nombre de 4ou de5, sont inégales, l’une est toujours beaucoup plus longue que les autres. La baie est glabre, de la forme et de la grosseur d’une cerise.

Le SoLXNUM ÆTHiopicuM (1) a été rangé successivement dans le genre Lycopersicum par Tournefort, dans le genre Capsicim par Mœnch, puis enfin classé définitivement parmi lès Solanum par Dunal. Cette plante est cultivée en Chine, au Japon, en Éthiopie, à Constantinople, où les juifs la désignent sous le nom do Pomme d’amour ; sa tige herbacée ne dépasse que rarement 50 centimètres; elle porte des feuilles solitaires ou géminées, pétiolées, très-inégales a la base, ovales, à bords sinueux, plus pâles en dessous qu’en dessus. Les fleurs se composent d’un calice vert à 5 ou 7 divisions lancéolées, d’une corolle blanche plissée, profondément découpée en 5 ou 7 dents triangulaires aiguës ; de 5 ou 7 étamines égales plus courtes que la corolle. La baie est volumineuse, globuleuse, déprimée, profondément sillonnée et sèche.

(1) Linné, Amœn. acad. t. IV, p. 307.

- ki -

GENRE TRIGEERA (1).

Le genre Triguera se place à côté des lAjcopersicum, dont il diffère par sa corolle irrégulière. Il se compose de plantes annuelles, à feuilles sessiles subdécurrentes, ovales, sinuées sur leurs bords; elles répandent une odeur de musc. Les fleurs blanches, pourpres ou violacées, se composent d’un calice à 5 divisions, lancéolées et inégales, d’une corolle gamosépale découpée en 5 lobes inégaux et groupés en 2 lèvres. La lèvre supérieure est plus courte et réfléchie, l’inférieure ventrue et élevée;les pétales se développent en préfloraison valvaire.

Les étamines, au nombre de 5, sont égales, incluses, à filets courts et glabres, à anthères grandes, comprimées, biloculaires, réunies en forme de cône tronqué, et s’ouvrant par des pores placés au sommet, puis par des fentes internes' longitudinales. L’ovaire est subglobuleux, biloculaire surmonté d’un style grêle, filiforme et persistant. La drupe entourée par le calice est sèche, membraneuse, scarieuse, et d’après Cavanilles, elle est /i-loculaire, et contient des graines dont l’embryon est roulé en spirale.

Les Triguera sont des Lycopersicum à corolles irrégulières et bilobécs.

Les trois espèces qui composent ce genre, croissent en Espagne.

(1) Cavanilles, Momdelphiceclassk, DisaeHaUorm,M9Q, 2, app.l, pl.A.

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