L. MIl.NE ëDWÂHDS
B. — Embryon droit à cotylédons foliacés.
CESTREÆ.
GENRE CESTRGM (1).
Le genre Cestrum établi par Linné, qui le sépara des Jasminoïdes de Tonrnefort, fut adopté par tous les botanistes. Dunal, dans le Prodrome, lui réunit le genre Ilabro- Ihamnus d’Endlielier, et le genre Meyenia de Schlechtendal. Ainsi circonscrit, ce groupe se compose de plus de
1 50 espèces de l’Amérique tropicale. Ce sont des arbrisseaux à feuilles solitaires, rarement géminées, entières, portées sur un pétiole court; les fleurs répandent souvent une odeur agréable; leurs couleurs varient; ou en rencontre de blanches, de jaunes, de rouges ou de verdâtres. Le calice campanulé, ou en forme de coupe, est divisé en 5 dents. La corolle, à tube très-allongé, présente un limbe dont les cinq divisions sont unies à la base par une petite membrane plissée; les étamines, au nombre de 5, sont souvent soudées au tube de la corolle sur toute sa longueur. Lès filets supportent des anthères bilobées, fixées par le dos, finement tuberculées, à déhiscence longitudinale; l’ovaire, ovale ou globuleux, entouré par un disque charnu, est divisé en
2 loges ne renfermant qu’un petit nombre d’ovules. 11 devient une baie entourée par le calice, biloculaire, ou parfois uniloculaire, par l’obstruction de la cloison. L’embryon, droit dans l’axe d’un albumen charnu, porte des cotylédons petits, foliacés, comprimés, à radicule infère.
(1) l.inné, Gen. non,, p. 261.
Le Cestuum pabqui (1) croît au Chili dans les endroits humides; les liges qui s’élèvent à environ l‘”,50, sont rameuses à partir de la base ; les feuilles, d’un vert glauque, répandent une odeur vireuse et désagréable, elles sont oblongues, lancéolées, aiguës, entières, portées sur un court pétiole; les jeunes feuilles des rameaux axillaires forment de chaque côté du pétiole, de fausses stipules; les rameaux portent des inflorescences axillaires sur lesquelles chaque fleur est à l'aisselle d’une bractée, le rameau principal se termine ainsi par des fleurs naissant également à l’aisselle des bractées. Ces dernières s’épanouissent avant celles des rameaux secondaires.
Les fleurs (fig. 12, a, b) se composent d’un calice lubu-
leux^c), à cinq divisions petites; il est fendu légèrement en avant entre les deux divisions antérieures. La corolle, d’un jaune verdâtre, est tubuleuse, le tube est long infundibuliforme, cà gorge rétrécie, le limbe étalé à 5 divisions alternes avec celles du calice (quelquefois on en compte 6). Elles se développent en préfloraison contournée, et de plus chaque pétale a une préfoliation involulée; les étamines, au nombre de 5 (ou 6), alternent avec les divisions de la
(I) L’Héritier, Sler-p., t. I, p. 73.
corolle, elles s’insèrent sur son tube, auquel elles tiennent jusqu’à la moitié de sa hauteur. Les filets, libres, s’élèvent jusqu’à la gorge de la corolle; les anthères sont globuleuses, biloculaires, introrses, à déhiscence longitudinale. L’ovaire, entouré à la base d’un disque glanduleux, présente 2 loges pluriovulées, l’une antérieure, l’autre postérieure; le style, simple, s’élève jusqu’à la gorge de la corolle et se termine par un stigmate en tête, verdâtre. Les ovules, peu nombreux dans chaque loge, s’insèrent sur un placenta axile; ils sont ascendants, semi-anatropes, à raphé interne à inicropyle inférieur et externe; le fruit est une baie biloculaire, entourée par le calice, d’une couleur brune, violacée.