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GENRE NICOTIANA

Le genre Nicotiana établi par Tournefort, fut adopté par Linné et par tous les botanistes qui vinrent après. Mais il avait autrefois plus d’extension qu’aujourd’hui; ainsi, il comprenait les espèces dont on a formé .les genres Pétunia et Lehmannia, le IV. minima, de Molina, qui se range parmi

(t) Tournefort, Imlitut , pl 41. — Linné, Généra, p. 248.

les Nierembergia, le iV. Urens de Linné, qui a été placé avec \e%Wiegandia (Kunth), genre de la famille desHydroléacées. Les genres Nyctagella, Tabacum et Tabacina de Reichenbach, le genre Tabacus de Mœnch, le genre Codylis (Rafin), le genre Saimnthus (Don), doivent être réunis aux Nicotianes.

Tel qu’il est constitué aujourd’hui, le genre Nicotiana renferme environ quarante espèces dont la plupart sont originaires des régions chaudes de l’Amérique, les autres croissent en Asie. En Europe, celles que l’on rencontre ont été introduites et l’on en cultive quelques-unes sur une grande échelle. Ce sont des plantes herbacées qui atteignent parfois des dimensions assez considérables. Les feuilles sont alternes et entières. Les fleurs, de couleur blanche, jaune, verdâtre, rosée ou violette, sont réunies en grappes ou en panicules terminaux. Le calice, persistant et tubuleux, est découpé en 5 lobes peu profonds. La corolle, infundibuliforme ou hypocratériforme, présente un limbe plissé et découpé en 5 dents. Les étamines, au nombre de 5, sont insérées sur le tube de la corolle et incluses; elles ne sont jamais toutes égales (1). Les anthères s’ouvrent par des fentes longitudinales. L’ovaire, à 2 loges inultiovulées, est surmonté par un style simple que couronne un stigmate en tête. Le fruit est une capsule biloculaire, s’ouvrant au sommet en 2 valves, qui se fendent elles-mêmes au sommet en 2 parties. Les graines sont petites et nombreuses.

On a établi, dans le genre Nicotiana, plusieurs divisions ou

(I) Chez le N. Undata, on voit quatre anthères presque sessites, cachées dans la gorge de la (leur, une cinquième est portée sur un long Tilel. Dans le N. plumbaginifolia, où les anihères sont presque complètement sccsiles, l’une d’elles est toujours placée plus bas que les autres.

sous-genres (t), qui ne me semblent pas suffisamment motivés : car les caractères sur lesquels on s’appuie sont tirés soit de la couleur soit de la forme des découpures de la corolle, on ne peut donc pas kur accorder une valeur réelle, et l’on ne doit s’en servir que comme d’un moyen commode pour distinguer les espèces entre elles.

Le Nicotiana tabacum (2), ou Tabac, est, sans contredit, la ^ ''' , plus importante et la mieux connue de

toutes les espèces qui composent le genre.

C’est une grande et belle plante annuelle qui, bien cultivée, atteint jusqu’à 2 mètres de hauteur ; elle est glutineuse et couverte, dans toutes ses parties, d’un duvet trèscourt et visqueux. Les tiges sont droites, rondes, épaisses, rameuses à leur partie supérieure; les feuilles sont grandes, alternes, sessiles et semi-amplexicaules, le s supérieures lancéolées, les inférieures ovales ; leur couleur est vert pâle. Les fleurs (fig. 13, b) sont grandes, pédicellées, accompagnées d’une bractée linéaire aiguë, et disposées en panicules terminales. Le calice (a) est visqueux, tubuleux, à 5 divisions droites, ovales et aiguës, souvent inégales dans le Tabac cultivé, les sépales se développent en préfloraison quinconciale. La corolle, trois fois plus longue que le calice, est infundibuliforme, pubescente antérieurement,

(1) G. Don, Gen. sysl., I. IV, p. 462.

(2) Linné, Spec., t. 1, p. 268.

à tube très-long, verdâtre, à limbe rose étalé, divisé profondément en 5 lobes larges et aigus, disposés horizontalement et marqués d’un pli. Les pétales alternent avec les sépales et se développent en préfloraison quinconciale; quelquefois cependant la préfloraison est imbriquée. Les étamines, au nombre de 5, alternent avec les pétales, leurs filets s’insèrent sur le fond du tube formé par la corolle, et portent à leur base des poils réfléchis; les anthères sont ovoïdes, biloculairos, introrses. L’ovaire est conique, tronqué inférieurement, porté sur un disque de couleur jaune ; le style est simple, allongé, terminé par 2 cellules stigmatifères, l’une antérieure, l’autre postérieure. Le fruit est une capsule, bivalve, biloculaire, l’une des loges étant antérieure, l’autre postérieure ; la déhiscence en est septicide. La cloison est chargée sur chaque face d’un placenta fongueux, remplissant toute la loge, marqué de fossettes à sa surface et portant les graines qui sont nombreuses, anatropes et à embryon recourbé.

Le Tabac, comme toutes les plantes cultivées, a donné un grand nombre de variétés, dont Schrank a fait une étude complète (1),ot qu’il a désignées sous des noms particuliers; la variété macrophijUum est remarquable par les dimensions de ses feuilles, leur pétiole est très-court et embrasse la tige ; les corolles sont d’un rouge rosé, les lobes en sont trèsarrondis et obtus. Dans la variété T. atlenuatum, ces lobes sont, au contraire, aigus, la corolle est d’un rouge clair. Le gracilipes ressemble beaucoup à cette dernière variété, mais les feuilles sont différentes. Les fleurs du T. pallescens sont presque blanches et à peine colorées en rose aux angles.

(1) Scl)rank, Bolan. lh‘obtchUmgen{Botanische Zeiiung de üoppc, d'année, 1S07, p. 260).

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