‹ De la fausse ankylose du genouChapitre 11 sur 29 · CHAPITRE 111. CAUSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111. CAUSES

On doit, d’une manière générale, regarder comme cause de la fausse ankylosé toute raison qui amènera l’immobilité dans l’articulation du genou; que celte immobilité soit déterminée par la nature même de la maladie, qu’elle soit le fait d’une crainte instinctive du malade pour tout mouvement qui lui est douloureux, ou qu’elle soit enfin une conséquence du traitement que le chirurgien est obligé d’employer en certains cas. C’est ainsi que nous voyons la fausse ankylosé survenir dans les luxations non réduites et incomplètes, dans la paralysie, dans le rhumatisme, dans les fractures de jambe ou de cuisse pour lesquelles on est obligé d’appliquer des bandages plus ou moins inamovibles.

Nous avons vu la fausse ankylosé résulter de coups, de chutes sur le genou , et de plaies d’armes à feu (obs. Don Carlos); mais à coup sûr les plus fréquentes sont celles qui surviennent à la suite 'de tumeurs blanches , Ici , en effet , nous trouvons

réunis et la cause générale qui agit sur le tempéra-

ment du sujet et l’état d’inflammation des surfaces articulaires.

Mon père place les tumeurs blanches au premier rang comme cause de cette affection, d’accord en cela avec M. Jules Cloquet qui nous dit : « Les tumeurs blanches donnent fréquemment lieu à l’ankylose. D’abord incomplète, elle dépend de la rétraction des muscles fléchisseurs, qui tiennent le membre dans l’immobilité; de la tension et de la roideurdes ligaments, lesquels, étant fortement tendus et allongés par le gonflement dont les extrémités articulaires des os deviennent souvent le siège, serrent tellement les extrémités les unes contre les autres, qu’ils les empêchent de se mouvoir, f.a membrane synoviale peut rester longtemps distinçle, bien (jue tout mouvement soit impossible dans l’articulation. Ce n’est guère que dans le cas où les surfaces articulaires sont attaquées par la carie et les cartilages d’incrustation détruits par la suppuration que les os se soudent intimement par un cal osseux, et que l’ankylose devient complète. » (J. Cloquet, Dict.de méd., 2” édit., 1. 111, page 184.)

En seconde ligne, comme cause de l’affection qui nous occupe, M. V. Duval place le rhumatisme. Viennent ensuite, par degré de fréquence, les paralysies partielles des membres abdominaux, les chutes, les coups, les abcès du pourtour de rarliculalion ou du jarret, ou même de la cuisse. Les hydropisies articulaires, par l’immobilité et la douleur qu’elles occasionnent dans l’articulation ; enfin les tumeurs

blanches et les brides, suites de brûlures. ISous ajouterons à ces causes l’arthrite des femmes récemment accouchées, et l’arthrite blennorrhagique.

Placé depuis longtemps à la tête du traitement orthopédique de la ville de Paris, mon père a pu, mieux que personne, dresser ce tableau des causes de la fausse ankylosé du genou.

Mais deux points ont surtout attiré son attention, c’est d’abord l’influence du tempérament lymphatique et scrofuleux, sur laquelle il a insisté [loc. cit., ^I^age 351) , et en second lieu l’état de subinflammation qui accompagne constamment la production des difformités dont il s’agit.

On a cité, en outre, une prédisposition singulière à l’ankylose, dans laquelle toutes les jointures semblent être prédestinées à une soudure plus ou moins complète. Samuel Cooper, I.arrey (de Toulouse), Percy, M. Velpeau, en rapportent des exemples. Nousmême nous nous rappelons avoir observé un cas semblable dans le service de xM. le professeur Jobert de Lamballe, à l’hôpital Saint-Louis, c’était sur une femme à la suite de rhumatisme. Nous aurons aussi l’occasion d’en donner un exemple dans l’observation n° 1, à l’article du pronostic.

Nous ne savons si c’est à celte prédisposition ou à une autre cause qu’est due l’existence simultanée de fausses ankylosés sur les deux genoux, mais ce fait avait déjà été remarqué, car dans l’ouvrage de M. le .lalade Lafond, mon grand-père, nous le voyons signalé, et nous en avons vu nous-même plusieurs cas, entre autres celui que nous rapportons ici.

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