‹ De la fausse ankylose du genouChapitre 12 sur 29 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

M'"° Bark...,, de Melz, â{»ée de 50 ans, d’une conslitnlion lymplialiquc, ayant bcaucou|) d’embonpoint, avait été sujette depuis plusieurs années à des attaques de rlmmatisme, tantôt dans les membres inférieurs, tantôt dans les membres supérieurs. Dans l’oriqine, l’affection rbumatismale se dissipait pendant quelques mois pour re|)araître plus tard à l’état ai{Tu ou 8ubai[ju ; mais depuis 7 ou 8 ans, passé à l’état chronique, elle n’a plus quitté les deux {ijenoux. De temps en tem|)S il se manifestait des accidents aipus qui semblaient ajouter toujours quelque chose au fond principal de la maladie. Le séjour prolongé au lit, dans la flexion obligée des jambes, à angle droit sous les cuisses, a fini par déterminer deux fausses ankylosés angulaires h angle droit. La malade n’avait plus d’état possible que de rester couchée ou assise : les articulations des deux genoux étant frappées d’immobilité presque absolue et toujours douloureuses.

On conçoit (jue pendant un intervalle de sept ans, écoulé -•depuis l’apparition de ces fausses ankylosés, beaucoup de traitements avaient été essayés, beaucoiq) d’eau minérales employées et visitées, et cela toujours sans résultat. Il en avait été de même de l’bydrotbérapie qui n’avait fait que dimihuer les douleurs sans modifier la flexion des jambes sur les cuisses. Eu dernier lieu la malade s’élait, en déses|)oir de cause, |)lacée chez un guérisseur d’articulations qui, pendant un an, lui avait cruellement et inutilement frictionné ses pauvres genoux à grand renfort d’appareils d’extension tout aussi infructueux.

C’est après tous ses essais que la |)auvrc estropiée écrivit à M. le D'' Raciborski , pour le consulter sur le meilleur parti à prendre. Notre savant confrère, qui avait vu plusieurs malades guérir dans l’établissement orthopédique de mou père, par le

redressement immédiat^ l’engapea fortement à se soumettre à ce traitement. Le conseil de M. Raciborski fut suivi, et la malade entra chez mon père, le 4 janvier 1862.

Voici dans quel état nous la trouvâmes ; les jambes, comme uous l’avons déjà dit, étaient Hécbies à angle droit sous les cuisses; les articulations fémoro-tibiales ne laissaient percevoir que de très-légers mouvements daus le sens de la flexion seulement; les moindres tentatives que l’on faisait pour s’assurer que l’ankylose n’était pas complète déterminaient de la douleur. Les genoux, surtout le droit, étaient de plus déformés par l’hypertrophie du tissu cellulaire sous-cutané. La malade était littéralement réduite à se traîner dessus.

Deux ou trois jours après sou entrée, avec l’aide de M. le D'“ Raciborski et de deux médecins polonais, nous la soumîmes à l’anesthésie par le chloroforme. Quand elle fut bien endormie, mon père procéda à la mobilisation des genoux, d’abord en portant les jambes dans la flexion, puis et graduellement dans l’extension. Des craquements très-forts se firent entendre; ces craquements provenaient bien évidemment de la rupture des adhérences dont les articulations étaient encombrées.

Dans cette première séance, uous obtînmes aux deux tiers l’extension des jambes sur les cuisses, c’est-à-dire (jue l’angle de leur flexion était réduit à 30 degrés. J’appliquai immédiatement un appareil ouaté, cartonné et amidonné. Cette séance dura bien une demi-heure. A sou réveil la malade accusait de fortes douleurs daus les genoux; elles furent bientôt calmées par une potion opiacée.

Lu mois après, les appareils amidonnées furent enlevés et l’on procéda à une nouvelle séance d’extension avec l’aide de .M.M. Raciborski et Verueuil. Cette fois nous eûmes l’extension complète, très-promptement obtenue pour le côté gauche, et plus difficilement pour le côté droit. Cn appareil ouaté , cartonné et amidonné fut encore appliqué. Les douleurs qui suivirent cette seconde et dernière séance furent bien moins vives que la première fois. La malade se considéra dès lors

comme {guérie, et il serait diliicile de dépeindre le bonlieur t|ii’elle en éprouvait.

Ouelques jours plus tard, les appareils étant bien secs, elle put commencer à marcher avec des bécpiilles. l’rois semaines après ou enleva les appareils, et on les remplaça par des brodet|uins, à doubles montants, se prolongeant jusqu’au haut des ctiisses.

M'"“ Baril... quitta rétablissement démon père à la lin d’avril, rnarcliant à l’aide d’une sinqile canne et très-contente du résultat olitenu.

Depuis son départ, nous avons eu plusieurs Fois de ses nouvelles; elles étaient toujours excellentes.

CIIAPITUE IV.

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