OBSERVATION IX
Alexandre W...., de.s environs de Senlis, â{ré de 6 ans, d’une bonne constitution, me fut adressé dans les premiers jours
(t) Cette observation a été publiée dans le livre de mon père, dans celui de Bonnet, dans les leçons de M. Malgaigne, etc. etc.
d’août 1837, par Guersant père et Blaclie. Cet enfant, à l’àge de 2 ans et depni , avait eu une gastro-entérocépBalile, pendant le cours de laquelle il avaitéprouvé de violentes convulsions, suivies de la paralysie de tout le côté gauche. Celte paralysie ne dura que de deux à trois mois dans tout le membre supérieur; mais elle persista dans l’inférieur et fut accompagnée de contractions dans les muscles de la partie postérieure de ce dernier. Ces contractions musculaires déterminèrent en même temps deux difformités : une forte flexion de la jambe sur la cuisse, et un pied bot équin très-<lifforrTie.
be père du jeune malade était venu à Paris avec rinteution de faire faire l’amputation de la jambe de sou enfaut, lorsqu’il rencontra chez un de ses parents les deux savants médecins qui me l’adressèrent. Toutes les personnes consultées précédemment avaient pensé qu’une jambe de bois était le seul moyeu capable de permettre à l’enfant de marcher sans béquilles ; car un membre atteint à la fois de deux difformités
aussi prononcées que celle du jeune W pouvait, à bon droit,
êtrp regardé comme incurable par les hommes, instruits d’ailleurs, mais qui ignoraient les avantages déjà retirés par moi de la section des tendons des muscles qui développent et entretiennent le pied bol. Voici, au reste, la description des difformités du jeune malade :
La jambe était fléchie sur la cuisse, de manière à former avec celle-ci un angle droit.
Fig. 4,
Ellf* était retenue dans cette vicieuse position par les muscles biceps crural, demi-tendineux et demi-membraneux', fortement raccourcis et très-saillants aux deux bords du jarret. Le pied était dans une extension telle, que si le malade avait pu toucher le sol avec le pied , ce n’aurait été que par la Face dorsale des orteils, éj];alement Hécliis vers la j)lante.
•l’ai commencé par traiter le pied bot avant la fosse ankylosé. Le 20 août, donc, j’ai coupé le tendon d’Achille, ainsi que le court fléchisseur des orteils, et quinze jours après le pied avait rej)ris sa forme normale. Le 8 septembre , en présence de INIM. Charles Londe, Lachaise, Majjistel , Rofjnetta et D. Lafond fils , j’en suis venu à la section des tendons des muscles biceps crural, demi-tendineux et demi-membraneux, en commençant, comme à mon ordinaire, par le tendou le plus sail-
Dans l’espace de vingt jours la jambe fut complètement étendue sur la cuisse, et l’enfant put marcher sur ce membre inférieur dont naguère on voulait le débarrasser.
Il a fallu quelque temps pour faire librement exécuter au membre opéré les mouvements nécessaires pour la marche, car la paralysie et les difformités dont ce membre avait été atteint avaient singulièrement modifié son état et ses fonctions. [| était résulté de tout cela un grand amaigrissement, et une grande altération de l’innervation.
laui.
Fig. 5.
Ce malade est le premier que mon père a traité par la section des tendons des muscles (léchisseurs de la jambe, section que personne n avait encore pratiquée avant lui.