OBSERVATION XI
15 ans, né à Bergliem (Norwége), grand
et Fort pour son âge , a eu des glandes au cou et des oplithalmies scroFuIeuses pendant les dix ])remières années de sa vie. A 10 ans, il Ht une chute sur le genou droit qui nécessita le séjour au lit pendant ciii(| à six semaines. Son genou alors était gros, rouge, et des abcès se formèrent d’abord à la partie externe du genou où une ouverture se fit au-dessus de la tète du péroné et qui suppura abondamment pendant plusieurs mois. Un an plus tard, à l’àge de 1 1 ans, un autre abcès se développa à la partie interne du genou et se comporta comme le précédent en donnant issue à beaucoup de pus d’une odeur infecte. Le jarret fut aussi enflammé, et plusieurs abcès s’ouvrirent dans cette région dans l’espace de trois ou quatre ans. Pendant cet iulervalle de temps, la jambe se fléchit en éprouvant une rotation eu dehors et une subluxation sur la partie postérieure des condyles du fémur.
A 14 ans il cessa de souffrir, mais il ne» pouvait marcher qu’à l’aide de béquilles, la jambe fléchie et dans la rotation en dehors sous un angle de 80 degrés.
Vers le milieu d’avril 1859, il vint à Paris où il consulta M. le professeur Nélaton, qui l’envoya dans notre établissement orthopédique, où il entra le 26 avril 1859.
Voici dans quel état nous le trouvâmes: la jambe était fléchie sftus la cuisse au point de présenter un angle de 80 degrés , il existait encore de l’empâtement dans le pourtour de la rotule et des douleurs, surtout quand on voulait fléchir ou étendre là jambe sur la cuisse. Les mouvements étaient très-obscurs, même ceux de flexion, et le membre était très-alrophié.
Pendant les quatre premiers mois de son séjour dans notre établissement, nous nous bornâmes à lui faire prendre des
douches froides sur tout le incml)re malade, afin d’enlever l’em|)àtemenl eL les douleurs, eu même temps que notre machine à extension était appliquée jour et nuit. Au bout de ce temps, toute espèce de douleurs avait disparu , aiusi que l’empâtement du pourtour de la rotule, mais le redressement avait fait peu de projjrès; c’est à peine si l’extension avait gaf^né 10 degrés. Alors nous em|)loyàmes l’extension forcée pendant le sommeil anesthésique, avec le concours de M. le professeur Nélatou et de .M. Saurel, sou secrétaire. La première séance eut lieu le 4 septembre, et l’extension gagna au moins 20 degrés ; de forts cra(|uements se firent entendre, nous annonçant la rupture de|)lusieurs brides. Tn a|)pareil ouaté, cartonné et amidonné fut appli(]ué et maintenu par des attelles eu fil de fer jusqu’à sa dessiccation. Le malade souffrit un peu pendant vingt-quatre heures, mais, au bout de ce temps, les douleurs avaient complètement disparu.
Le 15 octobre une seconde séance d’extension forcée eut lieu; mais, trouvant un obstacle à cette extension, M. le professeur Mélatou conseilla à mon père de faire la section souscutanée du tendon du biceps crural. Aussitôt cette .section faite, une grande extension eut lieu; un bandage amidonné fut encore appliqué, et , quand ce bandage, fut sec, le jeune malade put mareber sur sou pied, en se servant toutefois d’uce canne.
• Le 10 novembre le malade fnt soumis pour la troisième fuis au chloroforme, et l’extension, cette dernière fois , fut complète.
Il a quitté notre établissement le 27 février 1800, pouvant faire de longues courses avec un brodequin à tuteurs latéraux se prolongeant jusqu’au haut de la euisse , ayant peu de mouvements dans le genou. Le membre avait repris de la nourriture par le redressement, les douebes froides et les frictions stimulantes. La longueur du membre étant de 2 centimètres et demi moindre que celle de celui du côté opposé à cause de l'atrophie qui existait dans la longueur de ce même membre.
une semelle eu liège clans riulérieur, de sou brodecjuiu nous avait permis de dissimuler ce défaut de longueur, sans ejue le brodecjuiu parût difforme.