‹ De la fausse ankylose du genouChapitre 25 sur 29 · UES MÉTHODES · texte numérisé non relu

UES MÉTHODES

Il est difficile d’employer exclusivement, soit l’action des mains, soit les machines, soit la ténotomie *, pourtant certains auteurs s’en sont tenus à l’un de ces modes opératoires, ne citerions-nous que la méthode de Louvrier.

Le plus souvent toutes sont réunies : d’abord les tractions par les mains, puis, si ces tractions sont insuffisantes, on applique des machines, et enfin lorsque l’on voit les cordes résister trop sérieusement ou les coupe.

Grâce auchloroforme, on a pu revenir à la méthode de Louvrier, en la modifiant seulement et en n’insislant pas trop lors de la première séance si l’on voit qu’une brusque réduction ne puisse amener de résultats, mais en terminant toujours dans une seconde ou une troisième. C’est donc le procédé de Louvrier mitigé, qu’on nous pardonne l’expression, qui se distingue beaucoup de la méthode à extension continue. Au reste voici la manière.

l^e malade est couché, comme nous l’avons indiqué pageTC ; il est soumis aux inhalations de chloroforme, et le chirurgien commence l’opération par des mouvements de flexion et d’extension progressivement de plus en plus forts. Souvent, quand la flexion angu-

laine est peu prononcée, une seule séance suffit , et le malade est mis dans rappareil ouaté, cartonné et amidonné, lequel est solidement maintenu par des attelles en fil de fer que l’on conserve jusqu’à la dessiccation.

OBSEUVATION XII.

M. le haron V... G..., àpé de 2G ans, d’une forte constitution, plutôt san{viiine que lymphatique, ori^puaire de Pologne, s’est bien porté jusqu’à l’àge de 23 ans, époque à laquelle il fut atteint d’un rhumatisme articulaire aigu, lequel, après avoir envahi plusieurs articulations successivement, finit |)ar SC fixer sur le genou gauche, où il occasionna un fort gonflement accompagné de très-vives douleurs. Pendant six mois, il fut obligé de garder le lit. Des traitements divers furent employés : saignées, sangsues, vésicatoires, etc. etc. Enfin, quand il recommença à se lever pour marcher avec des béquilles, la jambe se trouvait fléchie sous la cuisse avec un angle de 80 degrés. Il continua à marcher avec ses hé(|uillcs près de trois ans.

Sur le conseil de plusieurs amis, il se décida à venir à Paris, où il consulta M. le professeur Nélaton, qui lui conseilla d’entrer dans notre établissement orthopédique; ce qu’il fil le 3 août 1862.

Voici dans quel état était alors l’articulation : les mouvements, même ceux de llexion, étaient très-obscurs; il y avait encore de l’empàlemeut dans le pourtour de la rotule et le jarret qui était plein. Les muscles biceps crural, demi-tendineux et demi-membraneux, formaient à peine saillie et ne paraissaient pas tendus. Le genou était fort douloureux à la moindre tentative de mouvement que l’on voulait lui imprimer.

Le traitement commença par des bains, des douches froides acconqtagnées de badigeonnages avec la teinture d’iode iodu-

rée et l’applicaiion d’uii appareil à extenslou graduée. Ce traitement fut suivi pendant plus de deux mois, et amena une amélioration de 15 à 20 degrés.

Dans le commencement du mois de novembre, M. Nélaton fut d’avis de le soumettre à l’extension immédiate pendant le sommeil chloroformique, ce que nous fîmes avec l’aide de MM. les D'® Saurel et Léon Marchand. Pendant celle séance, nous vîmes, à notre grande satisfaction, le membre se redresser considérablement, les adhérences se rompre, au point que la flexion, à la fin de la séance, n’avait pas plus de 25 à 30 degrés, redressement (pil fut maintenu par le bandage ouaté, cartonné et amidonné, bandage consolidé jusqu à sa dessicca lion par des attelles en fil de fer, bandage par moi a|)pliqué. Ce bandage, solidement construit , fut porté pendant plus de deux mois, et permettait au malade de marcher dans sa chambre sans support artificiel. Dans le courant de janvier, le bandage fut enlevé ; les bains, les douches et la machine furent recommencés, et le malade fut débarrassé de ses béquilles, une canne suffisant alors pour la marche. Dans le mois suivant, un dernier appareil amidonné fut appliqué pour consolider le redressement que notre machine graduée avait terminé. Au bout d’un mois, cet appareil fut enlevé, et alors le malade se regarda comme guéri, pouvant faire déjà d’assez longues courses à pied.

11 quitta notre établissement le 3 mal 1863 dans un état trèssatisfaisant. Depuis la levée du dernier appareil, il a continué de faire emploi de douches froides, de frictions stimulantes et de sa machine à extension graduée, machine dont il pouvait se passer, mais que, par précaution, lors de son départ pour la

Pologne, il a emportée avec lui.

L’extension n’avait pas été complète, car il y avait encore une flexion de 15 degrés de la jambe sur la cuisse, difformité que nous avons fait disparaître par une semelle en liège dans

la bottine.

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