‹ De la fausse ankylose du genouChapitre 9 sur 29 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

ANATOMIE pathologique-

Les malades ne meurent pas de la fausse ankylosé du genou; l’anatomie pathologique n’a donc pu en

être faite que (rès-raremenl, et quand les individus avaient été emportés par toute autre maladie. Dans ees cas, on a trouvé rarliculalion considérablement déformée, tant par les changements survenus dans les parties osseuses, que par ceux, plus noiubreux encore, qui s’étaient faits dans les parties molles environnantes. Ainsi, les ligaments qui entourent le genou sont indurés, épaissis, rigides; on peut s’expliquer déjà, à cette seule inspection, la difficulté du jeu des surfaces articulaires; mais, en pénétrant plus profondément ; en passant à l’examen des muscles et des tendons , on les voit participer à la même altération, se durcir, se rétracter; on a vu même dans certains cas, quand la maladie existait depuis un temps assez long, le tissu musculaire perdre son aspect normal, devenir dur, pâle, et passer à l’état fibreux.

«La synoviale se dessèche, la synovie n’est plus versée (ju’en petite quantité dans la cavité séreuse qui devient inutile puis(]u’il n’y a plus de frottement. Les cartilages s’amincissent et se résorbent, et, en un mot, on a tous les phénomènes qui préparent l’ankylose par soudure osseuse. » (Nélaton, t. II, p. 231.)

.Ajoutons que le tissu cellulaire sous-cutané périphérique est aussi empâté et résistant , et que la peau elle-même , rétractée sur l’articulation , peut, dans certains cas, contribuer à maintenir la difformité.

Telles sont les lésions pathologiques que Ton rencontre dans les cas l(3s plus simples. Dans certains

niitres, il faut ajouter des goiiHemenls anormaux des extrémités osseuses, des déplacements, des subluxations; l’ankylose de la rotule qui est assez fréquente; et, si la fausse ankylosé succède, comme nous le verrons plus tard, à des tumeurs blanches suppurées, il y a à ajouter, d’une part, entre les extrémités osseuses des adhérences fdjreuses, solides, résistantes, (pii font disparaître la cavité synoviale, adhérer entre elles les surfaces articulaires, et sont, comme on le conçoit, autant d’obstacles sérieux, pour ne pas dire (pielquefois insurmontables, à la guérison dessujets. D’un autre ccité, dans les tissus fongueux répandus autour de l’arliculalion , on jjcul constater des trajets fistideux , suite iVabcès circonvoisins , des cicatrices, etc., qui ajoutent encore à la gravité du pronostic dans la fausse ankylosé avec flexion.

«Les herf^ sont raccourcis; quant aux vaisseaux sanguins, veines et artères, ils décrivent des flexuosités pour s’accommoder à cette nouvelle position. Toutefois on comprend que dans une brusque extension, ils puissent être rompus-» (Nélaton, loc. cil.)

Dans son livre, déjà si souvent cité, mon père rapporte l’observation d’une fausse ankylosé angulaire du genou, qui, ayant nécessité l’amputation, permit de constater ces désordres anatomiques. Nous croyons utile de rapporter ce fait qui résume presque tout ce que nous avons dit jusqu’ici.

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