‹ De la fcondation dans les cryptogamesChapitre 3 sur 19 · LICHENS · texte numérisé non relu

LICHENS

Sous le point de vue descriptif, les végétaux dont nous avons maintenant à parler ont été l'objet de travaux nombreux et importants , mais, malgré l'étude attentive qu'on a faite de leurs organes reproducteurs, les phénomènes de la fécondation, quelque probable qu'elle soit, doivent être regardés comme étant encore complètement inconnus; aussi serons-nous bref en ce qui les concerne.

On voit à la surface des plaques foliacées coriaces qui composent les Lichens et qu'on connaît sous le nom de thalles, trois sortes d'organes repardés comme servant à la reproduction :

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1° Les Apothécies.

2° Les Spermogonies.

3° Les Py en ides.

Les premiers et les troisièmes fournissent sans aucun doute des corpuscules qui peuvent reproduire la plante; les seconds sont considérés comme formateurs des éléments mâles.

Les apolliécies sont généralement regardées comme étant les véritables organes femelles. Ce sont des cavités comparables au conceptacle des Fucus, ayant une paroi distincte du tissu ambiant et à laquelle on donne le nom (.Vln.ipotlicciuyii. Le

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contenu comprend les paraphyses cl les tlièqucs. Les premières consistent en des fdaments cloisonnés qu'on a pris à tort pour des organes mâles, mais qui ne sont que des produits celluleux destinés sans doute à favoriser la dissémination des spores; leur ensemble a été nommé thalamium. Les tlièqnes se trouvent placées entre les paraphyses; ce sont les organes essentiels de la reproduction; leur forme est généralement celle d'une cellule allongée ovoïde, renfermant un nombre plus ou moins considérable de spores. Celles-ci paraissent se former simultanément dans tout le blastèmc épanché dans la cellule, au moins quand elles sont peu nombreuses. A l'état de maturité, c'est-à-dire possédant la propriété de germer, elles se composent d'un contenu homogène et de deux tuniques, Vépispore et Ycndospore. ]^es paraphyscs et les thèques, à la réunion desquelles les cryptogamistes donnent le nom de tliccium, en appelant la couche la plus superficielle epitlieciiim , sont unies par une sorte de mucilage destiné sans doute à faciliter le glissement des parties lorsque les spores doivent sortir du conceptacle; on l'appelle gclaiine Injméniate. On trouve encore dans les apothécies des corps qu'on rencontre aussi dans la couche moyenne du thalle et qu'on appelle gonidies: mais ils ne paraissent pas servir spécialement à la reproduction.

Les spermofjonics ont la structure générale des apothécies; dans un conceptacle on trouve des

filaments cloisonnés dits siérygmales, comparables aux paraphyses, et des cor|)usciiles appelés spermaties, qu'on regarde comme représentant les corpuscules fécondants et comparables aux spores. L'agencement de ces parties n'est cependant pas le même absolument, attendu qu'ici les spcrmaties ne sont contenues dans rien que l'on puisse comparer aux thèques et naissent directement à la surface des stérigmatcs. Nous avons vu, au reste, quelque chose d'analogue dans la disposition des anthéridies et des sporanges, par rapport aux paraphyses, chez le Fucus vesiculosus.

Les pycnides ont été considérées par certains auteurs comme des parasites, mais M. Tulasne, en 1852, a parfaitement démontré que cette 0])inion n'était pas vraisemblable et qu'il fallait y voir des organes sporigènes supplémentaires. Ce sont encore des conccptacles dans lesquels se trouvent des organes susceptibles de germination et supportés sur une seule cellule basilaire, d'où le nom de stijlospores qui leur a été donné.

Quelle est maintenant la valeur réelle de ces différents organes? Jusqu'ici on n'a pu mettre en avant que des hypothèses plus ou moins probables, mais aucune observation probante n'ayant été citée, nous croyons devoir passer légèrement sur ce sujet.

La ressemblance des thèques avec les sporanges de diverses cryptogames est évidente, mais les spores qu'elles contiennent doivent-elles être rappor-

lées à des bourgeons mobiles, comme les zoospores, ou à des spores fécondées? En tout cas, cette fécondation doit s'opérer de très-bonne beure, car la germination possible des spores à l'intérieur des thèques encore retenues dans l'apotliécic et intactes n'est pas douteuse.

Quant aux fonctions probables des spcrmatics, on invoque leur non -faculté germinative, fait qui parait bien constaté, puis leur forme, leur couleur, leur transparence, leur petitesse, leur nombre, etc. Ce ne sont que des jjrobabilités. Le seul fait que l'on puisse l'éellement invoquer est celui de certaines espèces, telles que le Sticta limbaia, le Sticia Muratct, et quelques autres qui, dioïques et n'ayant pas en Eurppc d'individus h spermogonies, ne donnent pas de fruits, tandis qu'en Amérique ils en produisent. Ce fait, s'il se généralisait, serait sans doute d'un très-grand poids.

Dans ces dernières années, M. Karsten (1860) crut, dans le Cœnogonuim andinum, avoir trouvé le véritable mode de fécondation des Licbens. Pour lui, autour de l'apotbécie naissaient des filaments comparables à ceux du Saprolegnia mono'ica, lesquels fournissaient les éléments fécondants. M. Nylander, dont la compétence en un pareil sujet ne saurait être contestée, a montré que M. karsten avait pris pour une apothécie naissante un jeune rameau; ces observations ne méritent donc pas d'être prises en considération, ce seul fait les infirmant complètement.

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