‹ De la fcondation dans les cryptogamesChapitre 4 sur 19 · CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

CHAMPIGNONS

Les Champignons sont peut-être de tous les vé = gétaiix cryptogames ceux sur lesquels l'attention s'est portée le plus tôt, et on a cherché à toutes les époques à trouver l'explication de leur reproduction. La façon dont un grand nombre, et qui peuvent atteindre des dimensions considérables, apparaissent en quelque sorte subitement, était faite pour frapper vivement les observateurs les moins exercés; aussi, dans les écrits des plus anciens naturalistes, Théophraste, Pline, Dioscoride, les trouvon s-nous très-clairement mentionnés. Ces auteurs n'y voyaient qu'une viscosité née de la putréfaction, et ces idées de génération spontanée ont toujours été en grande faveur relativement à l'origine de ces végétaux; Morison les regardait comme produits par un mélange de soufre avec la graisse do la (erre; Dillen les désignait sous le nom de plantes nées d'une fermentation putride; Necker jcs croyait une nouvelle réunion des éléments organiques ou du tissu cellulaire des végétaux, et vouhit en faire un régne h part sous le nom de IDgnc mésima/ : de nos jours, au reste, on a pu

voir que ces théories comptaient encore quelques rares partisans. Cependant, dès ces époques, d'autres observateurs, Tournefort, Miclieli, Haller, etc., admettaient la propagation de ces végétaux par semences. Maintenant ces idées peuvent être regardées comme hors de toute contestation, et les travaux de MM. Thuret, L.-[l. et C. Tulasne, Léveillé, Montagne, etc., ont clairement montré que la difficulté n'était pas d'expliquer comment pouvaient se propager les Champignons, mais plutôt d'interpréter les différents usages des nombreux corps reproducteurs dont sont pourvus ces végétaux.

Nous n'essayerons pas d'entrer dans le détail descriptif des nombreux appareils existant dans les différentes plantes de ce groupe , d'autant plus qu'au point de vue spécial de la reproduction sexuelle nous en tirerions peu de renseignements. Chez les Hypoxylés {Sphœria, Melnnconium, etc.), M. Tulasne décrit quatre organes de reproduction: les coniclics, dont la nature comme corps susceptibles de germination paraît très-évidente ; les sUj- /ospores contenus dans les pijcnides et comparables peut-être aux parties ainsi dénommées des Lichens; ces deux espèces d'organes sont sans doute des bourgeons mobiles, et rien n'y fait supposer une action fécondante préalable ; les spcrmnties renfermées dans les spermogonfes, corps qui, malgré leur nom , ne doivent pas être considérés comme étant certainement les organes màlcs , mais qui cependant ne paraissent pas susceptibles de

germer, au moins dans les circonstances ordinaires; enfin les véri labiés .s7;o?Y^s■ cndolhèqucs, qni peuvent, par analogie, être rapprochées de celles des Lichens et sont peut-être des corps fécondés. Ici, comme chez les plantes précédemment étudiées, la germination dans l'intérieur des thèfpies n'est pas douteuse.

Au reste , toutes les questions relatives aux usages de ces organes sont encore compliquées de difficultés très-grandes résultant de confusions sur la nature et la réalité de certaines espèces. En effet, on a décrit comme végétaux parasites de certains Champignons leurs organes de fructification ; c'est un point sur lequel M. Tuiasne a particulièrement insisté.

Enfin, une considération que l'on ne doit pas perdre de vue, c'est que la faculté germinative devant probablement exister dans toutes les parties de ces végétaux inférieurs à un degré plus ou moins développé, on pourait être tenté de prendre pour des fructifications à bourgeons mobiles des parties qui ne méritent pas ce nom à proprement pai'ler. Il faut, au reste, convenir que ces choses sont si connexes, qu'en théorie on peut regarder leur distinction comme purement arbitraire. C'est sans doute à ces causes qu'il faut attribuer les dissidences qui partagent souvent d'éminenls cryptogamistes dans la description des organes d'un même végétal ; ainsi , pour les Erijsiphc , M. ïulasne admet trois sortes d'organes repro-

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