‹ De la fécondation dans les phanérogamesChapitre 12 sur 15 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Blés phénoiicnes postérieurs à la fécondât lou,

Ces phénomènes sont la formation de l'embryon et le grossissement de l'ovaire.

Nous n'insisterons pas sur la formation de l'embryon. Nous croyons que cette thèse, déjà longue, consacrée à l'étude de la fécondation et non de la génération ou de la reproduction, ne comprend pas nécessairement l'étude du développement de la graine, laquelle suffirait seule à une thèse. Nous voulons seulement rappeler les principaux phénomènes qui s'observent immédiatement après la fécondation dans le sac embryonnaire. Celui-ci fait quelquefois issue en dehors de ses enveloppes. Nous avons indiqué ce fait dans les Thesîum. On le remarque aussi dans les Labiées et le genre Symphytum. Nous l'avons figuré dans le Galeopsis versicolor (pl. n, fig. 5). On y remarque deux dilatations, l'une qui se dirige vers l'extrémité supérieure de l'ovule, l'autre vers la chalaze ; celle-ci est très-remarquable au point de vue physiologique. Dans les Bétoines la dilatation supérieure prend un aspect rubané et s'allonge considérablement, en se pliant plusieurs fois sur elle-même. Dans les Véroniques l'extrémité supérieure du sac produit des végétations multilobées et irrégulières (Tulasne) (1).

(1) Ces dilatations supérieures n'ont guère élé observées que chez des ovules à nucelle nu ou à simple tégument.

L'apparition de l'endosparme (qui, on le sait, existe généralement dans le sac embryonnaire, quand même il doit disparaître par une re'sorption ulte'rieure et avant la maturité), a lieu à des époques différentes , généralement après la fécondation, mais quelquefois avant, dans un petit nombre de cas, peut-être sujets à révision (Asaram). Quelquefois la formation endospermique se manifeste seulement par l'apparition passagère de quelques cellules libres ou de nucléus cellulaires dans le liquide du sac embryonnaire, tout au moins sur certains individus de ces espèces (Tropœolum, Trapa, Naias, Zostera, Ruppia, Canna, Orchidées). Dans d'autres cas où doit avoir lieu la genèse d'un albumen abondant, c'est la cavité tout entière du sac qui se comporte comme cellule initiale de l'albumen (Asarinées, Aristolochiées, Balanophorées, Pyrolacées, Monotropées) ; la première subdivision de ce sac est due à la formation d'une cloison qui le partage en deux moitiés à peu près égales, dont chacune renferme un nucléus cellulaire , et dont chacune aussi produit à son tour, au moins une fois, de nouvelles cellules. Ou bien c'est seulement clans la snbdivision supérieure du sac que se produit la subdivision en cellules de l'albumen ( Viscum, Thesium, Lalhrœa, Rhinanthus , Melampyrum , Globularia). La cellule initiale remplit au contraire la région moyenne du sac embryonnaire dans les Veronica, Nemophila, Peclicularis, Plantago, Campanula , Loasa et les Labiées ; elle en occupe l'extrémité inférieure dans les Loranlhus, Acan thus, Catalpa, Hebensireitia, Verbena, Vaccinium (Hofmeister).

Dans d'autres cas sur lesquels je trouve moins de renseignements dans les auteurs, la genèse de l'endosperme

a lieu par plusieurs cellules initiales. Dans les Grucifêi M. Tulasne a observé la production, à la face interne du sac embryonnaire, d'une couche simple, continue et générale de cellules vertes. Il a observé aussi que dans la Pensée l'endosperme naît sous forme d'une membrane mince à la face interne du sac embryonnaire.

La fécondation est suivie de la flétrissure du péiïanthe et du gonflement de l'ovaire, Cependant, quand elle s'accomplit dans le bouton, la fleur ne s'en épanouit pas moins après; et dans quelques cas la corolle ne se flétrit pas immédiatement après l'arrivée du pollen dans le tissu conducteur ; d'autrefois elle est flétrie longtemps avant que le tube pollinique soit parvenu au micropyle. Quant au développement de l'ovaire, il ne faudrait pas croire qu'il soit toujours le résultat de la fécondation. M. Planchon a rapporté que le chef des cultures de M. Van Houtte lui a dit avoir fait grossir les ovaires de beaucoup d'Orchidées en appliquant simplement sur le stigmate un corps étranger quelconque. M. Germain de Saint-Pierre a fait remarquer qu'il est des fruits, tels que les poires par exemple, qui peuvent mûrir en apparence sans avoir été fécondés et sans contenir de graines fertiles. M. Cosson a rapporté également que les Salix hippophaëfolia et tindulata, qui ne sont représentés aux environs de Paris que par des individus femelles, développent d'abord leurs ovaires de la même manière que s'ils étaient fécondés, mais qu'après avoir acquis le volume à peu près normal, ces ovaires ne tardent pas à se flétrir et à tomber. Enfin M. Regel (Die Parl/ienogenesis im Planzenreiche), a observé sur un pied robuste de Ceralozamia robusla Miq., de grosses graines, parfaites en apparence, mais dans lesquelles la dissection lui

a montré qu'il n'existait pas la moindre ébauche d'embryon. 11 a trouvé dansées graines, vers le micropyle, quatre vésicules embryonnaires qui ont donné naissance à des cellules-filles dans leur intérieur, mais non à un embryon. M. Duchartre a montré à la Société botanique des graines de Cycas revolula qui se trouvaient dans le même état.

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