CHAPITRE PREMIER
jL'objet de cet ouvrage n'étant pas d'enseigner dogmatiquement les moyens d'augmenter la félicité publique-, mais seulement d'examiner si les hommes sont plus heureux de nos jours qu'ils ne l'ont été dans les siècles passés; je m'étais <n:u dispensé d'établir des principes sur une matière qui n'oflirait point assez de difficultés pour être traitée théoriquement^ En effet , quiconque aimera mieux exercer les facultés de sa raison que la subtilité de son esprit, reconnaît tra aisément et les causes et les signes du bonheur général. Serait -il nécessaire d'énoncé que l'ordre, Ja paix , l'abondance , la liberté , font la prospérité des nations ? Faudrait-il ajouter que la multiplication des hommes , les progrès du commerce et de l'industrie en sont les signes ordinaires? D'ailleurs , ces principes, quelque simples qu'ils soient, je n'ai pas craint de les répandre dans la totalité de mon ouvrage : car, telle vérité qui ne paraît que triviale ou stérile lorsqu'elle est isolée , acquiert un prix tout nouveau lorsqu'elle se trouve près de cei'tains fsûts,