‹ De la félicité publique, ou, Considérations sur le sort des hommes dans les différentes époques de l'histoire (volume 2)Chapitre 37 sur 59 · TOME xu · texte numérisé non relu

TOME xu

^ I>E LA I>ÉLIC1T£

isj^xime géaéi'ale, <{ue tout procès était de leui* cpuip4tence , parce que des deux partis, Y an attaquait, l'autre dépendait; l'un affirmait, l'autre niait : or, d'jun CQt-é ou de l'autre , il y avait péché; >doiic , etc. CettQ logique f^ meilleure qu'on ne pen^e ; et peut- ^tre ceux-là soiit-ild plus subtils , mais aussi absurdes qùenos pères % qui veulent chercher l'erreur ailleurs que dans le prwii^vr prîticipe. (p) ,:(rt Quoi qu'il m spi^, il aiTiva que tandis que l'figlise usurpait l'autorité sur les puiss<inces sécu« Kèteft, le pape usUrpiût l'aulorité absolue sur l'Église ; elJiH^mme le pr^i9i)(er usage du .deq>olism€ est Tagression , les papes n'eurent pas plus tôt discipliné leur pilice j qu'ils attaquèrenjt les couronnes les plus respjfctables^ De. là cettç suite d'entreprises insensées, et souvent heureuses, ces excommunications prodiguées, ces royaumes distribués^ ces royaumes eirie- V^s, ces couronnemens , ces dépositions , et tant de faits ridicules et atroces qtii font rougir l'historien , et gémir le lecteur.

Je m'arrête ici ^ parç^ que mon dessein n^est pas de faire l'histQife de , ces teiB|,ps malheureux. Ces funestes objets ont été crayonnés de main de aiaître : et que peut-on écrire après V Essai sur l* histoire générale ? Je me contenterai donc d'observer que dans nos rapides réflexions nous avons déjà parcouru

w (o) Ce pnemïer primcq^e e^ éfms ies QmsUuuions aposto- (p}BfïMfaI . . . . b. , ,

les six premiers siècles de notre monarchie, et je remarquerai qup c'est précisément ce temps-là qu'on peut regarder comme la première végéiatiofi, la marche progressive des mœurs et des usages* C'est alors que toute habitude a commencé , que tout principe a pris oaissance. SAppelez^-vous les idées principales qui doivent s'être gravées dans votre mémoire : invasion d^ Barbares , gouvernement barbare; usurpation de quelquesMins , usurpation d'un plus grand nofnbre y tyrannie générale ; les guerres civiles légitimées ) tous les hommes armés , toute la terre arroi^ séede sang ; des guerrierâ féroces ^ las de se déchirer entre eux , et combattus à la fois par une crédulité absurde et par une honteuse débauche^ cherchant en Asie luie expiation pour leurs crimes ; l'élite des peupiiCS occidentaux , et presque toutes leuna riches*ses abimées dans les sablés de la Palestine ; la culture abandonnée ; le clergé . profitant seul de l'aveuglenient général , eoramcces hardis scélérats qui volent au milieu des incendies ; enfin ^ute police divine et civile violée et exagérée tour à tour; les malheurs, la folie des hommes'vous paraîtront parvenus à leur comble : et voilà précisément ce que je voulais vous faire observer (? ). Passé le douzième siècle , vous ne ver<* rez plus qu'une marche rétrograde : le genre humatA commence à donner cpielque signe d'espérance : c'est lin malade qui , après le derliier effort de la lièvre, laisse voir quek{ues symptômes d'utie crise favora*"

{q) Bravo/

ble ; mais il riEè sort d'une longue agonie que pouf respirer un moment, et retombef encore : le mal qui ne s'afTaiblit que par degrés , paraît terrible daris ses retours y et tout , jusqu'à la convalescence , portée un caractère effrayant.

Tandis que les guerres civiles désolent la France^ la piété vient la preipière au secours de l'humanité; La paix du Seigneur fait un partage bizarre dés jours de la semaine , dont les uns sont destinés au commerce, les autres au carnage. Soint-Louîs, ptfr des lois civiles, maî& non moins pieuses dans leur objet , modère le droit de la guerre , et l'enchaîne eli quelque façon. Philippe*le-Bel va phis loin r il défend qu'on fasse usage de ce droit barbare, quand il l'exerce lui-même, et il prétend que toutes les fois qu'il fait la guerre, il. doit en avoir le privilège exclusif. L'établissement des bailliages et le progrès de leurs juridictions sous Saint-Louis et ses successeurs, la création des différens tribunaux où les causes qui se décidaient ordinairement dans les combats, sont portées par appel; les affranchissemens, les privilèges accordés aux' communes, premières restitutions faites à la nature outragée ; enfin les assemblées de la natioa, où toutes les classes des citoyens sont représentées , où ils peuvent se plaindre de leurs maux, et en demander le remède : tels sont les premiers pas par lesquels la>fiu*eur rétrograde vers la raison. Et qui pourrait ne pas s'attendrir (0

(r) Bravo!

«jur le sort des peuples*, lorsqu'on voit que leurs premières lois ont été des lois de pacification?. Voyez en France la paix du Seigneur ^ en Angleterre la paix royale ( The King's peace) , en Allemagne la paix publique y etc. Le^remières conventions qu'ont à faire ces êtres tous semblables y tous sortant de la même origine, c'est de convenir de ne plus s'entre-tuer.

Sans doute que ce serait une chose bien curieuse que d'examiner les diverses routes par lesquelles se sont faits ces retours vers la raison. L'abbé Terras^ son a remarqué avec beaucoup de finesse que dans les sciences exactes les hommes n'ont eu besoin que d'application pour trouver la vérité; de façon que leur marche a été directe de l'ignorance à la science ; au. lieu que dans les choses de raisonnement ils ont toujours été obligés de passer par le faux , avant que d'arriver au vrai \ Cette réflexion n'est pas moins applicable à la politique qu'à la philosophie. Que de sottises pour remédier à des sottises («) ! Que d'étais pourris et vermoulus pour soutenir des fabriques chancelantes!

Le gouvernement féodal régnait en France, en

* On dirait que la vérité a toujours été le pis-aller de l'esprit humain. Il ressemble assez a une hirondelle qui , étant enfermée dans une Mimbre , va cent fois se heurter contre lés lambris avant de trouver la fenêtre y qu'une main bienfaisante vient de lui ouvrir.

{s) Bravo !

Angleterre , en Allemagne et en Italie , à peu près au même degré , à peu près sous les mêmes formes. Comment ces états j en partant des mêmes principes, sont-ils parvenus à des résultats si différens ? Chose étonnante! dan» les secousses qu'éprouvé l'Angleterre , la féodalité se maintient ; les grands vassaux se rallient pour soutenir leurs droits ; ils les éten-» dent, les rendent plus sacrés, plus définis; et il en résulte le gouvernement de propriété et de représentation, le gouvernement libre et demi^lémocratique que nous voyons de nos jours.

En France , loin de soutenir rancienne constitution , on introduit de nouvelles fprtnes : au système féodal on substitue , ou si l'on veut , on mêle des états - généraux , oii la nation parait tout entière dans ses députés , et n'est plus représentée par une aristocratie militaire : à la place de ces clercs , de ces assesseurs qui aidaient le suzerain dans Texercice de la justice, on établit des cours souveraines, constante$ et permanentes, qui forment des corps de magistrature , et deviennent bientôt dépositaires des lois; la nation a de fréquentes assemblées, des juges et des lois , et il en résulte une monarchie absolue.

En Allemagne, l'ignorance, la férocité, la dissension, la rivalité, entretenues pa]:^[|équilibre des pouvoirs , durent plus long-temps qu'ailleurs ; la force décide de tout, et la force est toujours alternative entre les membres de l'état. Nul accord , nul point

de réunion ne reste aux esprits divisés ,'et il sort de là le gouvernement germanique tel qu'il est de nos jours , c^est-à-dire le système politique le mieux suivi et le plus régulier.

En Italie , deux tyrans ^ sous prétexte d*étre suc^ cesseurs, Tun des Césars (t) , Tauti^e de saint Pierre (^ , se disputent sans cesse le pouvoir absolu : c'est pour la monarchie universelle qu'on combat ; et après de longues guerres, de grands scandales, et de nomr breuses atrocités , il résulte de là une multitude de républiques et de petits tyrans ; un gouvernement tout semblable à celui de la Grèce, du tempd d'Alekandre et de ses successeurs.

Au-delà des Pyrénées , les Goths et les Vandales ont à peine établi leur domination dans cette belle presqu'île , si bien défendue par la nature, qu'ils sont attaqués tout à coup par une puissance formidable. C'est près des colonnes d'Hercule que le génie du Nord et celui du Midi se rencontrent pour se faire une guerre cruelle , dont huit siècles ne peuvent éteindre la foreur. Au milieu des alarmes , des périls continuels , nul système de guerre suivi. L'autorité royale reste sans effet , parce que le pouvoir se divise comme la force, qui est obligée d'agir en tout temps, en tout lieu. Les seigneurs se fortifient dans leurs châteaux; les villes pourvoient h leur législation comme à leur sûreté. La crainte qui a coutume dé

(î) {t) Très bien.

4o DE LÀ FÉLICITÉ

fonder rautorité , en réunissant tous les hommes par un même intérêt, dans ce cas singulier, les disperse et les sépare, comme il arrive à peu près dans le fort de la mêlée que chaque troupe , chaque soldat né songe plus qua sa propre défense, et qu'une seule bataille se diange en mille combats singuliers. Ce n'est pas tout : trois religions les plus opposées , les plus ennemies, se disputent l'empire de Fopinion. La persécution , le fanatisme, sont armés de tous côtés; et cependant , jetez les yeux maintenant sm* ce même pays , qu'y verrez-vous? unité de croyance , unité de pouvoir , une tranquillité excessive qui se change en paresse , et un repos voisin de l'engour; dissement.

Voilà des événemens bien étranges, bien contradictoires à leurs principes. Peu . de mots su£Sront pourtant pour en rendre raison. En Angleterre , les premières réclamations ont été des grands contre la couronne; en France, de la couronne et du peuple contre les grands ; en Allemagne , l'élection des emr pereurs s'étant maintenue , a maintenu à son tour et le rang auquel tous les grands pouvaient prétendre, et les droits que tous les grands voulaient conserver; en Italie, la concurrence des souverains, les vicissitudes de leur pouvoir , et surtout le peu de proportion de leurs forces avec leurs prétentions , laissèrent aux faibles le temps de s'élever et de s'affermir. Les secours mendiés de part et d'autre multiplièrent les privilèges; les villes s'affi*anchirent dans

PUBLIQUE. CH. I. 4t

les troubles civils, et le népotisme multiplia les principautés. (»}

En Angleterre, les grands armés contre leurs rois crurent devoir se concilier la bourgeoisie («}, et particulièrement les villes conunerçantes. Ils stipulèrent de nouveaux privilèges pour cet ordre de citoyens déjà favorisé par les souverains qui voulaient , comme en France j l'opposer au pouvoir exorbitant des barons, et qui ne manquaient pas aussi de lui faire payer l^urs bienfaits. La grande charte ayant été reconnue c^mme loi générale , €;t soutenue par un certain nombre de gardiens, toujours assemblés , toujours en activité , sous le nom de conservateurs (sage précaution à laquelle elle fut redevable de sa durée), il arriva que les barons formèrent deux classes, les puissans et les moindres '. Mais la tranquillité s'était établie , et Tassiduité au parlement était devenue une charge , une dépense qui ne pouvait être supportée qi^e par les plus riches des barons ; les moindres^ ou négligés, ou peu curieux des affaires , se confondirent bientôt avec les simples chevaliers * , et parurent plus soigneux d'évi-

(if) Les Este 9 les S/arce, les Ezio, les Carrare, les Cas^ iracam, les BentivogUo , n'étaient point neveux iles papes.

{x) Le contraire, à ce que je crois»

' The Usser Barons, Voyez Hume, tome ii, pages 85 et suiv.

* Knights oftheshire. C'est Torigine de ce que les Anglais appellent gentrj, les gentilahommes. Mais l'idée que pré-

ter les séances au parlement, que d'y occuper lé premier rang. Mais les rois toujours attentifs à ces deux grands objets, Thumiliation des grands et Tintérêt du fisc, imaginèrent d'opposer à la noblesse le concours des forces subalternes. Edouard i*' ordonna aux shérifs, ou premiers magistrats des provinces , d'envoyer au parlement deux chevaliers ou gentilshommes de chaque district. Ces derniers ne dédaignèrent pas de siéger avec les bourgeois (r) ; ils firent même cause commune avec eux, présentèrent des requêtes, des projeta de réformation, etc. Les rois les ayant écoutés , leurs succès leur donnèrent de la consistance; et ainsi se forma peu à peu la chambre des communes, qui de toutes les parties

sente ce mot en anglais ne correspond point du tout à celle que nous y attachons. Après que Guillaume eut confisqué toutes les terres des Anglais , et les eut données aux Normands à titre de baronnies ou de grands-fiefs, ceux-ci sousinféodèrent plusieurs parties de leurs fiefs ; 6e qui établit des vassaux d'un second ordre. Les premiers, appelés Chief'4enanu p se trouTèreat an nombre'da sept œnls, et le^ autres , appelés Knight's fées j au nombre de cinquante mille deux cent quinze. On voit que les origines se rapportent assez dans les deux royaiunes ; mais en France , la sousinféodation ne dégradait point les personnes , puisque les rois eux-mêmes rendaient hommage à leurs sujets pour les arrière-fiefs. U n'en lîit pas de même en Angleterre. C'est ce qui a établi la différence entre la noblesse et les gentils7 hommes : nobili^ and gentry.

(y) Non comme membres ilu parlement.

du gouvernement britannique est la plus fondée en raison , et la plus favorable à la propriété. Des flots de sang ont coulé depuis pour cimenter l'édifice que nous voyons de nos jours : édifice superbe et solide y mais qui porte sur ime base gpthique , et dont les proportions accusent encore sa grossiène origine. Gependont , quelque contraste qu'il présenté entre le plan informe de ses fondations et les beautés dont il a été décoré depuis, il ofifre ii nos yeux une espèce d'unité ou plutôt de continuité. C'est la façade du vieux Louvre , ornée de la colonnade de Perrault : mais ce n'est point cet amas confus de bicoques , de boutiques et de maisonnettes cousues ( < ) ou mêlées à un ancien palais ; ce n'est point oe désordre incroyable qu'on trouve encore dans notre capitale et dans notre politique. Je m'explique.

Nous avons vu le gouvernement d'Angleterre se modifier itisensiblenetit , en conservant toujours les premiers principes de sa constitution , le roi et le parlement. A la vérité, œ parlement se divise en deux chambres; mais si les communes acquièrent un pouvoir égal à celui de la. chambre-haute , c'est toujours la suite d'un même système, ce sont de nouvelles branches sorties d'un même tronc. En France, il en va tout autrement 2 les peuples, las de la tyrannie des grands et de l'anarchie générale , ont recours à l'autorité royale ; Philippe Auguste , par des actions héroïques , et Saint^Louis , par ses

(s) jih ! avec quel fil coud-^n des maisons ?

vertus morales, justifient cette confiance; mais Philippe-le-Bel , politique inconsidéré , monarque ambitieux , et souverain avide , ne tarde pas à dissiper le prestige. . . .

Avant d'aller plusavant, remarquons que le gouvernement féodal français différait du gouvernement féodal anglais en ce que celui - ci avait conservé les assemblées, ou parlemens. Or, les assemblées sont la source de toute liberté. N'importe quels soient les lois et les usages, toute nation représentée, tout corps assemblé, finiront par acquérir un grand pouvoir politique. En France , le nouveau gouvernement féodal, ou, pour ne pas perdre nos idées, celui de la seconde époque y avait bien mieux réussi à détruire toute trace de l'ancien. Lors donc que Philippele-Bel , par ses concussions , ses changemens dans les monnaies , ses querelles avec la cour de Rome, se crut obligé de convoquer la nation , il se trouva conduit à trois nouveautés , qui ont fait de son règne une époque très intéressante dans l'histoire : i^. il assembla la nation dans une forme civile, qui ne ressemblait pas à ces. parlemens , à ces champs de Mai, d'où émanaient les lois des Mérovingiens et des Carlovingiens ' ; a", il y fit entrer la bourgeoisie sous le nom de tiers ^ état; 3^. dans le même temps, à peu près , il établit en quatre endroits de son royaume

' Pasqoier ne témoigne pas une grande estime pour les nouTeaux états-généraux : « Chaque assemblée , dit-41 , fut « marquée par des sacrifices de la nation ^ et si Ton a pré-

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des cours de justice sédentaires , que nous appelons à présent parlement. (««)

Il paraît qu'en France , comme en Angleterre ^ la noblesse dut perdre quelque crédit par rihtervéntion du tiers«état dans les «iffaires publiques; mais en revanche il s*en fidlut de beaucoup que les communes diitinsseat la même considération qu'en Angleterre. Là , elles avaient pour modèle , pour objet d'émulation, la chambre des pairs , dont le pouvoir était constant et reconnu; ici, elles parurent étonnées du rôle qu'elles allaient jouer; et, semblables à un subalterne qu'un grand admet à sa table, elles se crurent obligées de payer par de basses flattericis le nouvel honneur qu'on leur faisait D'ailleurs , les états-généraux ne forent convoqués que rarement et à la voldnté du souverain , qui n'avait garde de les assembler, à moins qu'il ne se crût bien assuré de leur complaisance, ou que les besoins de l'état ne fussent devenus tpop urgens pour leur laisser matière à délibération. Ainsi donc ces assemblées servi* rent plutôt à ébranler le gouvernement féodal qu'à établir celui de représentation; et la puissance royale gagna seule à ces changemens.

Cependant un contre-poids, une nouvelle résis-

a tendu que les conciles ont tous enleyë quelque chose à « Fatitorité papale , on peut dire que les ëtats-gënëraux ont « tous cëdë quelque chose à l'aviditë dés rois. »

{ad) Il le voulut^ et ne lefitptts. Le parlement de Toulouse n'eut pas lieu.

46 DELAFtLIGITÉ

tance commençait à sortir du sein même de l'auto* rite. Les conseillers du roi^ ceux qui l'aidaient à rendre la justice ^ et qu'il avût tirés des trois ordres de l'état pour le seconder daips cette fonction ^ je ne dis pas seulement dé saiweraineté y mais de suze^raineté i ceux enfin qlii formaient la cour royale , furent bientôt cliângés en un ttnbunal sédentaire, et les commissions de ces oonaeillers, qui avaient d'abord été ainovibles, étant devenues perpétuelles (U) ^ le parlemetit se trouva on corps respectable p9r ses fonctions 9 et considérable par sa stabilité. Ce fut eiicore ul^ nouvel échec pour la noblesse ; car les préjugés et l'ignorance Joignaient les grands de la magistrature ; tandis que les juges du tiers -«état qu'ils offusquaient , s'emparaient de toutes les affaires y et que me pouvant ks égaler , ils ehercbaient du moins à le$ humilier.

Il restait encore le clergé à abaisser. Des clercs , des évequesy avaient des places au parlement; et CQnjime iU éuient plus instruite que les barons^ ik incommodaient davantage les giens de loi. Ceux-ci cbeix>hant à faire monopole de la sçiafide^ voulurent éloigner des concurrens importuns ; et ainsi se forma dès l'origine du parlenient ^ cet esprit antipathique au clergé qui , long-temps après j devint le salut de l'état ; mais ceci n'est pas de notre sujet, et il nous suffit de l'iqdiquer.

Revenons 4onc , et observons que le gouverne-

(bb)^ Non pas alors.

m^nt de France 4an8 ses v^iations a beaucoup moins cwservé de sa première origine que celui d'Angleterce. En effet, quiconque voudrai se former une vdée juste de ce gouvernement , doit se mettre bien avai]it dans la tête que le^ parlemens , 9m assepublées au champ de Mai , Jks étafts-^éaéraiix de PhilippeiHSel et de ses sucaesseUrs, ejC les cours de justice connues de nos jours sous Utiotn de parlement , sont trois choses qui n'<Mit aucun rapport entre elles. . Pour rAUemagne , le gouYert^ement féodal s'y étant conservé dans son entier, et n^me dan$ utteesf^èce d'exagération ^ 1} nous est aisé de nw^s en fiormer une idée« C'est ce que serak devenue la France , si la coup*oiine)«ût été élective^ $i Philàf^ Augustâ et Sabit«^atiÎ9 ainaiay; néglif^ dû pr«»tégar le peuple contre Jai tjrranMe; des baron&y enfin , si des actes pdblios et Solennels ^ uh (fui h Bulle d'or, la Pai^ pnffaney \a Paidt de reiigtoft^ ti i^ CapUulations tinpéréfiiej^, aKrdient.déAéi tl Q(^nstftté les droits réci-» finM{H08 «h pmioe et d^ id nation^ Veipipire peut ^Stuê regm*dél comme uh 'grand- Clfid^ de souverains, tptt>&K''séht sounliâiàidesiQàs auatères; et qui ont

* Club, coterie anglaise qui se rassemble ordinairement cl^ns un café on dans mie tayerne. Les lois dé ces soâiété$ *îi»ont tôuj^burs ëtritesiet déposées dans là salle où Ton s'as^ <ieniWft- IA4 eqwm»4m^ presque toutes les assemblées an- ^ai#e$, 9aL'iH>pi|]9Bye Ua présiident qui siège dans un Cauteuil éleiré , et dont les fonction^ s.9nt à peu près les m.émes (cv)

(ce) f^rai.

nommé un d'entre eux pour prendre le fauteuil, et leur servir de président. Les droits des princes y sont assez bien spécifiés ; ceux du peuple y août le plus souvent négligés. On réprime les petites usurpations, mais si quelque puissant vass^at ehtre en lice, lé» armées décident seules du droit, avec cette différence seulement , qu'elles s'y fokit précéder par une plus forte àvant-gardé de mânifestçs, d'avocatoîrea, de déhortatoires , etc. Là , comme ailleurs, on trouva un mélange d'habitude et de. raison , quelques lois maintenues , parce qu'elles sont bonnes ; d'autres , parce qu'elles sont anciennes. (dU) La paix de Munster et la capitulation de François i*' sont deà ouvrages de la réflexion qui brillent au milieu de ceux du préjugé, comme uire belle statue dans un vieux galetas. C'est une question de savoir si le gouvemiemeRt ger« manique rend les peuples plus heureux. le' conviens qu'il peut empêcher le comte de La Lippe de tuer les cerfs du comte de' WaMieck, et le marquis de Neuwied de faire de k feusse monnaie^; mais il emr pêche aussi qu'il y ai t'en Allemagne des chemios^ des canaux, des arts et de la richesse : il soutient plus de cent petites cours, et laisse les peuples dans l'oppression. Aussi les corps-de-gai:des y tiennent-ils 'la place des manufactures; et quand on a vu des

{fae celles de l'orateiir dans la chahil>te'âe« eoaunimés. Oft peut se rappeler lei lettres charmantes* éérit^ft sur ce svgel par Steelé et AddUon dans le Spectateur.

(dd) Non.

Jreûley des chanoinesses , des sentinelles et des gardeschasse , on peut se former une idée de la plus grande partie de TAlIeniagne. («»)

Quant à lltalie , tour à tour déchirée et divisée par les empereurs, les papes, les Normands, les rois d'Aragon et les rois de France , elle ne pourrait entrer dans nos réflexions cpi'en nous offrant deux républiques célèbres, dont l'une est encore aussi puissante que constante dans ses princip'es. On devine aisément que c'est de Venise dont je veux parler : mais cette république respectable , placée entre le Turc , le pape et l'empereur, dut se former une constitution relative à sa position politique. Née dans les lagunes, presque au sein de la mer, elle dut son origine à la crainte , et sa conservation à la défiance. Tenir le peuple dans l'ignorance et l'esclavage ; semer les divisions , les soupçons, les délations parmi les sénateurs ; se conduh^e sans cesse comme la veille ou le lendemain d'une conjuration ; transformer l'administration en une police formidable : tels sont les principes que Venise a puisés dans ses périls , et dont le repos et les succès n'ont pu encore la désabuser. Peut-être faudrait-il attendre vingt ans pour fixer son opinion sur l'Espagne. Jusqu'à présent ce qu'on peut observer de plus frappant, c'est un caractère national, qui paraît avoir la même propriété que celui des Chinois ; je veux parler de cette force de rhabitude qui résiste au changement de domination,

[eé) Bravo l

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