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feu; ce qui est fort éloigné de restimation actuelle; mais il y a tout lieu de croire que cette imposition était répartie différemment qu'elle ne Test de nos jours. Je trouve encore dans DucANGE un passage qu'il a tiré des re^stres de la chambre des comptes. Il s'agit de la manière dont l'afibuagement doit se faire en Normandie ; il 7 est dit : Si in eadem domo mansenni quatuor homines vei plures vel paucioret de quitus unusquisque vivat de suo proprio , dat /oagium : Vidua etiam, si habet de mobUi 11 sol. aut ampOus , dat /oagium. Et quant au nombre des exempts que M. Villaret fait monter si baut, le même manuscrit nous apprend qu'un éyéque ou un abbé ne pouvaient exempter que six person* nés de leur suite.
Il résulte de tout ceci qu'on ne peut rien conclure d'après des élémens si incertains et si contradictoires. M. Villaret aurait pu s'étonner que nous n'eussions porté la population de toutes ces provinces dont nous avons fait TénU'» mération, qu'au tiers de celle qu'il attribue à la Guyenne et aux autres pays sou|his à l'Angleterre; nous le serons à notre tour qu'il évalue cette population à la moitié de celle des provinces qui obéissaient directement au roi. D'ailleurs , il ne produit aucun registre pour la Guyenne , et nous en avons un très précis pour la Bretagne. Il résulte de son calcul que le royaume, tel qu'il est à présent, pouvait contenir alors 3a millions d'habitans; il résulterait du nôtre qu'il n'en contenait que treize ou quatorze. Car quatre millions de feux ne nous donneraient que douze millions de contribuables , et nous nous croyons fondés à supposer que le nombre des exempts était beaucoup moins considérable qu'il ne l'a cru. Au milieu de ces obscurités, c'est à la raison de juger : elle nous apprendra qu'un peuple livré à l'anarchie et à la superstition, ne peut jamais se multiplier à un certain point.