‹ De la félicité publique, ou, Considérations sur le sort des hommes dans les différentes époques de l'histoire (volume 2)Chapitre 52 sur 59 · RÉSUMÉ DE CET OUVRAGE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE CET OUVRAGE

oi les recherches auxquelles nous nous sommes livrés ont eu pour objet de constater quel fut le sort de rhumanité dans les difîérentes époques de l'histoire , il ne faut pas oublier que ce travail long et pénible tend à un grand résultat , sans lequel il pourrait êti*e considéré comme une spéculation stérile. Tandis que plusieurs écrivains éclairés et respectables s'efforcent d'enseigner aux hommes la route qui conduit à la plus grande félicité possible , nous avons choisi pour notre tâche d'examiner si l'état social était effectivement susceptible d'amélioration; nous avons voulu prévenir surtout cette objection , commune à la vérité, mais bien importante et bien dangereuse : « A quoi tout cela aboutira-t-il? Les ce hommes ne seront-ils pas toujours les mêmes? » Or, pour y parvenir , nous avions une marche tout indiquée.

Premièrement 9 nous pouvions nous assurer que la législation, la morale et les habitudes ont un tel empire sur les passions, qu'elles peuvent apporter des différences infinies dans l'état social ; et comme ces différences ne peuvent jamais se trouver qu'entre deux points principaux, le bien et le mal, il est

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sûr que la législation et la morale peuvent rendre les hommes plus ou moins heureu». Mais c'est un article sur lequel nous n'avons pas eu besoin d'in- *sister, ayant été prévenus dans ce travail par des auteurs très célèbres , dont deux entre autres ^ ont jeté le plus grand jour sur cette matière. Secondement, il nous restait à prouver la chose par le fait, c'est-à-dire, à nous assurer que si les hommes n'avaient pas encore fait de grands progrès dans la véritable politique, on ne pouvait en tirer aucune conséquence pour Tavenir , parce qu'il est clair que non-seulement ils ont généralement négligé cet objet, mais que lorsqu'ils y ont donné quelque attention, ils ont été bien loin de choisir les meilleurs moyens pour l'atteindre. C'est à ces considérations que nous nous sommes plus particulièrement attachés. Elles nous ont conduits à recueillir ce que l'histoire nous a transmis de plus probable sur les gouvernemens anciens. Nous n'avons trouvé qu'obscurité et contradictions dans le petit nombre de documens qui nous restent sur les vieilles monarchies , telles que celles des Égyptiens , des Assyriens , des Mèdes , etc. ; mais nous avons pu reconnaître que le despotisme et la superstition avaient régné assez généralement dans ces premiers âges du monde. Or, comme toute autorité qui n'est pas exercée pour le bonheur de tous, ne peut avoir été

^ M. le président de Montesquieu dans V Esprit des Lais, et M. Helvétius, dans le Livre de V Esprit.

fondée que sur la force et Timposture , nous n'avons pas été surpris de voir le brigandage et l'usurpation se montrer avec les premiers rois, et se propager avec les premiers peuples. Passant ensuite à l'établissement des plus anciennes républiques , nous avons reconnu que l'esprit d'ambition et de jalousie n'avait que trop présidé à leur législation; et s'il s'en est présenté quelques-unes qui se soient bornées à la défense et à la conservation , il nous a paru qu'elles avaient fondé cette défense et cette conservation sur des moyens violens, et proportionnés seulement à l'état forcé dans lequel elles avaient pris naissance. En effet , lorsque ces régimes diffc" rerïs ont eu quelques succès momentanés , et lorsqu'il est arrivé que des causes morales ou physiques ont multiplié les hommes dans quelques endroits et sous quelques gouvernemens , il s'est trouvé que les législations comportaient si peu ces avantages inattendus , qu'il a fallu disperser la population naissante, et fonder de nouvelles colonies. Or, ces colonies ne pouvant s'élever que dans des contrées désertes , ou habitées par des peuples grossiers , il s'est établi de nouveaux rapports de supériorité, existans dans le fait, et exagérés encore par l'opinion , lesquels ont éloigné de plus en plus la réunion des peuples , source de toute vertu sociale ; de façon que les hommes se sont trouvés partagés en trois classes qui pesaient les unes sur les autres; des nations nombreuses et anciennes soumises à des mo-

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narques ; des républiques actives et ambitieuses qui tendaient à s'agrandir , et des peuples grossiers et sauvages qui se cachaient dans les bois pour n'en sortir que par essaims, et ne se faire connaître que par des invasions.

Dans cet état des choses , la véritable morale et la saine politique pouvaient difficilement naître ou se propager. Il ne faut pas attendre que l'intérêt personnel cherche des chemins détournés, tandis qu'il en trouve de plus courts et de plus faciles. Les hommes connaissaient déjà les richesses et tous les autres avantages de la vie civile. Du désir de posséder à la volonté d'envahir , il n'y eut aucun intervalle. Là , se trouvait l'or , ailleurs l'ivoire et les parfums. C'était à la force à acquérir des trésors pour lesquels l'industrie n'avait pas préparé d'échange. Les étrangers furent appelés Barbares («); il n'en fallut pas davantage pour s'autoriser à leur enlever leiurs possessions, et à les réduire en captivité. L'agriculture et les arts offraient des jouissances plus faciles , mais c'étaient encore des mains esclaves qui devaient les procurer. Enfin , si alors on eût ôté à l'homme le droit d'opprimer l'homme , il se serait trouvé aussi dénué qu'il le. serait de nos jours , si on le privait du secours des animaux domestiques (^}.

(a) Les Grecs appelaient Barbares les peuples les plus policés, Chaldéens, Perses, Indiens,

(6) // n'est point dit que les Égjrptiens eussent des esclaves quand ils bâtirent les pyramides.

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Les malheurs de la terre ayant toujours augmenté en proportion du progrès successif des nations qui s'étendaient ou se multipliaient sur la surface du globe , il semblait que la seule manière de terminer ces longs désasti*es était de donner à quelque peuple puissant une telle prépondérance, qu'il devint le maître ou l'arbitre des autres. C'est ce qui arriva au peuple romain; mais comme cette prépondérance ne venait que de la force , il n'en résulta aucun effet favorable à l'humanité. Cette idée ne saurait être trop développée; nous nous y arrêterons encore un moment.

Lorsqu'une nation se perfectionne par le progrès naturel des lumières, elle améliore à la fois tous les moyens qui conduisent à la prospérité générale : législation, commerce, aginculture, milice, navigation, tout marche d'un pas égal ; et alors le bonheur est fondé sur une base étendue et durable. Tel a été le sort de l'Angleterre depuis deux siècles ; mais lorsqu'une seule ou un petit nombre de prééminences particulières ont donné à quelque peuple un avantage marqué sur les autres , il ne peut établir sa supériorité que sur l'exercice continuel des facultés qui lui ont procuré cet avantage. C'est ainsi que la perfection dans la guerre n'est bonne que pour conquérir 5 et que l'activité dans le commerce ne sert qu'à s'enrichir, mais jamais à établir un empire heureux et permanent. Rome et Carthage en firent Texpérience : Tune fut assez forte pour soumettre le monde ,

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l'autre assez industrieuse pour le dépouiller; mais ni Tune ni l'autre ne furent assez sages, assez éclairées pour s'assurer la jouissance de ce qu'elles avaient acquis. C'est Rome surtout qui mérite notre attention , parce que tous ses malheurs sont venus de ce qu'elle a été puissante avant d'être éclairée. Voyez-la soumettre la Sicile et la Grèce sans prévoir encore l'usage des arts et des richesses qui vont faire partie de son domaine. Elle ne connaît pas encore la jouissance , et elle éprouve déjà la corruption. Elle porte ses armes jusqu'aux rives du Nil, et voilà que le culte d'Isis et toutes les superstitions égyptiennes, si opposées à l'esprit de son gouvernement, viennent infecter ses foyers. A peine a-t-elle conquis l'Asie-Mineure , que le judaïsme se répand dans tout l'empire. Il en est de même de la subtilité grecque, des principes plus sages , mais non moins contraires à ses mœurs, que dictèrent les Carnéades, les Épicure, et tant d'autres fondateurs de sectes, bonnes tout au plus pour amuser l'esprit prompt et facile des Grecs , mais totalement éti*angères à l'austérité romaine. Nulle erreur , nul prestige , nulle sottise qu'ils n'acquièrent en conquérant une province. Il semble voir les Impériaux gagner une bataille sur les Ottomans, et revenir dans lem* camp avec une maladie cruelle qui détruit l'armée victorieuse, et lui fait pleurer ses succès.

Toute nation dont le gouvernement n'a pas suffisamment pourvu à son propre bonheur, ne pourra

jamais , ni par ses conquêtes , ni par son influence politique , dispenser à l'étranger un bien qu'elle n'a pu se procurer à elle-même. En parcourant l'histoire, en réfléchissant sur les faits, nous avons trouvé qu'ils justifiaient constamment ce principe , et passant bientôt à de nouvelles révolutions , nous avons vu l'inondation des Barbares changer la face entière du monde , mais ramener une seconde fois , et d'une façon plus marquée encore, cette situation singulière où les sciences, les arts, la raison même sont d'un coté , et la force de l'autre. Dans cette crise le mal est plus violent, et le remède plus éloigné. Deux causes y contribuent particulièrement : i*. le vainqueur plus brut, plus féroce, n'a pas même la faculté de jouir et de s'amollir; a°. le hasard place le centre d'activité de cette force dans des climats où la nature moins féconde et le ciel moins pur n'ont pas le pouvoir de l'énerver. En France, en Angleterre, en Allemagne, les Barbares restent longtemps barbares : ils restent aussi les plus forts, tandis qu'en Espagne , en Italie , les Goths et les Lombards ne tardent pas à se civiliser , ou plutôt à s'affaiblir. Si l'invasion survient encore d'un autre côté, et si sortant des bords de la mer Caspienne , et passant par la Perse et l'Arabie, elle inonde enfin la Grèce et r Asie-Mineure, alors un excès opposé produit à peu près le même effet, et la férocité se trouve également dans les ardeurs du Midi et parmi les glaces du Nord.

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Dans la même époque une révolution plus extraordinaire, mais d'un ordre supérieur, donne naissance à un nouvel empire que la force n'a pas établi y et que la force ne peut détruire. Le christianisme,, à peine dans son berceau , triomphe des anciennes religions. Il attaque toutes les superstitions des anciens, mais il £aiit alliance avec leur philosophie^ alliance qui lui devient funeste , en altérant la simplicité de ses dogmes (0. Dans un temps, dans un pays oii toutes les opinions sont dans une espèce de fermentation, l'esprit de controverse devient l'esprit dominant, et comme la philosophie a ses écoles, la religion a ses sectes. Mais ce qu'on ne peut se lasser d'admirer, c'est que les habitans du Nord saisissent avec avidité cette subtilité éristi" que ' ; accessoire pour le moins inutile à la morale de J. C. , qu'on les voit se livrer à toutes les idées frivoles et exagérées que les Grecs avaient introduites dans la religion^ tandis que les Orientaux, à qui les Grecs avaient dû jadis leur philosophie, montrent Un mépris stupide pour toutes les sciences et pour tous les dogmes , et conservent obstinément, avec l'ignorance la plus grossière, le fanatisme le

( c) Le christianisme était, comme la société des esséniens, des thérapeutes, des stoïciens ^ faite pour le petit nombre; dès qu'il s'étendit , il fut corrompu*

(i) Le genre éristique était celui de la dispute, et de la dispute opiniâtre, qui avait pour principe de ne pas céder. Nous n'avons pas de mot pour le désigner; malheureusement le mot seul nou^ manque.

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plus cruel : contradiction frappante , dont on pourra pourtant se fendre raison, si Ton considère que le seul besoin attira les habitans du Nord vers les contrées plus fertiles du Midi , de sorte qu'ils ne furent que de simples usurpateurs plus incultes que présomptueux, et plutôt ignorans qu'ennemis de la science, au lieu que Tesprit de révolte et l'esprit de fanatisme précipitèrent les Ottomans dans la guerre, et les conduisirent dans leurs invasions. Une fois maîtres de la plus grande partie du monde connu , leur religion , aussi barbare qu'absurde , les tint séparés des peuples qu'ils avaient soumis, et la terreur qui leur avait donné l'empire, fut seule chargée dé le conserver : tant il est vrai que de tous les fléaux de l'humanité, le fanatisme et l'intolérance sont les plus à redouter!

Le gouvernement féodal, né du sein même de l'usurpation , s'établit sous de meilleurs auspices. Il porte, sinon le caractère, du moins les signes extérieurs de la justice. Les formes , les apparences de la police et de la législation s'y laissent apercevoir. Vaste et simple dans sa première institution , il se modifie ensuite suivant les lieux et les circonstances; mais partout il rappelle son origine barbare. L'ignorance l'accompagne dans tous ses progrès : content d'opprimer le peuple, il consent à en partager la dépouille avec les moines et le clergé. D'un autre côté, la théologie d'autant plus subtile, d'autant plus intolérante , que les peuples sont plus grossiers

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présente alors le spectacle le plus funeste et en même temps le plus ridicule; l'entêteâient stupide du Nord , attaché à l'extravagance et à l'exagération du Midi, et le glaive du Belge ou du Sicambre aiguisé pour protéger les rêves dé l'Asie et les sophismes de la Grèce. Enfin , pour mettre le comble au désordre général, les deux vastes systèmes politiques qui régissent le monde viennent se heurter l'un contre l'autre. Les usurpateurs de l'Orient et du Midi se trouvent aux prises avec ceux du Nord et de rOccident. En Espagne, en Grèce, en Afrique, en Asie , on les voit se livrer une guerre cruelle. Il semble alors que les malheurs de l'humanité soient parvenus à leiu* dernier période. L'épuisement de ses forces, l'abattement où elle est plongée amènent enfin quelque repos; c'est la crise favorable. La raison , depuis long-temps exilée de la surface de la terre, n'ose encore y reparaître, mais elle y envoie les arts et les lettres pour sonder le terrain , à peu près comme Noé lâcha la colombe après le déluge universel.

L'ignorance et l'erreur se partageaient l'empire du monde. L'ignorance fuit la première; l'eiTeur reste encore , parce que la raisoii seule peut en triompher. Enfin, le moment est venu où celle-ci ose se montrer ; mais quel chaos, quelle confusion de toutes choses s'oppose encore à ses progrès! L'avarice, éclairée par les arts mêmes , réveille l'ambition et raU urne le flambeau de la guerre. L'Amérique est coa-

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quise , et l'or qu'on en rapporte va conquérir l'Europe à son tour ; cependant cette nouvelle usurpation ne tarde pas à ti^ouver des limites. Le despotisme n'est plus fait pour des peuples désormais éclairés. L'ambition de Charles-Quint et la politique de Philippe ii échouent contre la constance héroïque des nations qu'elles veulent enchaîner. La liberté reprend ses droits, tant dans l'ordre civil que dans l'ordre religieux ; le despotisme même se modère , et sous le nom de monarchie , il se change en autorité légitime. Bientôt le commerce et l'industrie deviennent des sources plus pures de la richesse et de la puissance, la prospérité s'annonce de toute part. Mais qu'il est difficile de jouir sans abuser ! A peine Louis xiv a-t-il réuni les membres déchirés d'un puissant empire, qu'il le rend la terreur des autres. Avide d'une gloire mal entendue , il va toujours cherchant la grandeur , et bientôv il ne lui reste .plus d'autre gloire que celle d'être grand dans ses désastres. Eh! c'était bien assez de grandeur, et le monde était déjà trop vieux pour de telles frivolités. Le repos et la paix, les premiers besoins des hommes, commencèrent à acquérir quelque importance à leurs yeux. Il était temps d'entrer en jouissance de la terre que jusque-là on n'avait fait que se disputer. Fatigués de carnage , de superstitions et d'erreurs, les peuples cessent enfin de fermer l'oreille à la raison, qui ne .parle jamais assez haut pour se faire entendre au milieu du bruit , et

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qui a coutume de se taire, si on ne l'écoute. Les mots de tolérance ^ de liberté y H! agriculture y di industrie j sont ies premiers qu'elle prononce. Ils se font entendre dans toute l'Europe , et vont retentir jusqu'en Amérique. C'est la semence jetée au hasard , qui dans quelques endroits est emportée par les vents, mais qui fructifie dans d'autres, et prépare de riches moissons : progrès heureux dont nous avons reconnu la réalité, et que nous avons voulu présenter à nos contemporains comme un objet de consolation et d'encouragement. Cependant telle est la propension des hommes à la satire et à la moro* sité{Q,2x ce terme , peu usité , rend mieux notre idée)^ qu'ils veulent méconnaître les avantages qu'ils ont sur leurs ancêtres , qu'ils se plaisent toujours à dire , à publier que tout va mal , que tout se détériore. La critique austère et tranchante les séduit, les entraine; elle seule est dispensée de discuter. Pour nous , tandis qu'elle crie à la dépopulation , quoique la population augmente tous les jours , qu'elle annonce la décadence de l'agriculture (quoique l'agricultiu*e s'étende de plus en plus ) , qu'elle décrie les lois et le gouvernement, quoique le gouvernement et là législation se perfectionnent généralement, nous avons jugé à propos de nous retirer de la foule, et persistant à croire que la raison fait toujours des progrès , nous avons dit comme Galilée : E perh si muove '. Puissent nos réflexioris persuader à nos * Galilée, après s'être rétracté au tribunal de rinquisîtion

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semblables, non qu'ils sont arrivés au terme où ils doivent tendre, mais du moins qu'ils sont dans le bon chemin. Le voyageur qui s'est égaré dans une épaisse forêt ne marche qu'avec lenteur et incertitude ; mais s'il vient à reconnaître la route qui le conduit à ses foyers , il double le pas , et retrouve ses forces avec l'espérance. Tel doit être maintenant le progrès de la philosophie. Qu'elle ferme l'oreille à la voix imprudente ou perfide qui lui demande où elle va, et lui crie de retourner sur ses pas; mais aussi qu'elle ne s'arrête pas en chemin, qu'elle se garde surtout de se détourner : et nous autres modernes, qui jouissons déjà des bienfaits qu'elle a répandus, n'envions pas à nos neveux les biens plus précieux qui leur sont réservés. Contens de les prévoir et de les annoncer, jouissons de ce que nous avons, et rêvons le reste.

de l'opinion qu'il ayait avancée sur le mouvement de la terre autour du soleil, reçut humblement son absolution, mais en sortant il dit : Cependant c'est eiie qui tourne»

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